S. m. (Botanique exotique), fruit très-commun et très-estimé à la Chine ; je trouve son nom écrit lici, letchi, litchi, lithi, ou bien en deux syllabes séparées, li-chi, li-ci, let-chi, lit-chi, li-thi ; ce ne serait rien, si j'en trouvais des descriptions uniformes et instructives dans les relations de nos missionnaires, mais il s'en faut de beaucoup ; la plupart seulement s'accordent à dire, que c'est le fruit d'un arbre grand et élevé, dont les feuilles ressemblent à celles du laurier ; et que c'est aux extrémités des branches, qu'il produit ce fruit comme en grappes, beaucoup plus claires que celles du raisin, et pendant à des queues plus longues.

Le lichi est de la grosseur d'un petit abricot, oblong, mollet, couvert d'une écorce mince, chagrinée, de couleur ponceau éclatant, contenant un noyau blanc, succulent, de très-bon goût et d'une odeur de rose ; le P. Boym a fait graver la figure de ce fruit dans sa flora sinensis, mais elle ne s'accorde point avec d'autres descriptions plus modernes.

Le lichi vient dans les provinces de Canton, de Fokien, et autres provinces méridionales. Les Chinois l'estiment singulièrement pour le goût et pour les qualités bienfaisantes ; car ils assurent qu'il donne de la force et de la vigueur sans échauffer, hormis qu'on n'en mange avec excès. Le P. Dentrecolles ajoute dans les lettres édifiantes, tome XXIV. qu'il en est de ce fruit comme de nos melons de l'Europe, que pour l'avoir excellent, il faut le manger sur le lieu même, et le cueillir dans son point de maturité, très-difficile à attraper, parce qu'il n'a qu'un moment favorable. Cependant comme dans tout l'empire on fait grand cas de ce fruit sec, on le laisse sécher dans sa pellicule, où il se noircit et se ride comme nos pruneaux. On en mange toute l'année par cette méthode ; on le vend à la livre, et l'on en met dans le thé pour procurer à cette liqueur un petit goût aigrelet.

Les lichi qu'on apporte à Péking pour l'empereur, et qu'on renferme dans des vases pleins d'eau-de-vie, où l'on mêle du miel et d'autres ingrédiens, conservent bien un air de fraicheur, mais ils perdent beaucoup de la finesse, et de l'excellence de leur gout.

Le noyau du lichi un peu roti et réduit en poudre fine, passe chez les Chinois pour un spécifique contre les douleurs de gravelle et de colique néphrétique. On voit par-là, que l'on met sa confiance à la Chine, ainsi qu'en Europe, dans tous les remèdes de bonnes femmes ; les maux finissent, et les remèdes inutiles ou ridicules se maintiennent en crédit. (D.J.)