Histoire naturelle des Terres

S. m. (Histoire naturelle des Terres) terre noire, mêlée de fumier pourri dont tous les Jardiniers font des couches dans les jardins potagers pour fertiliser leurs terres et avancer la végétation de leurs plantes et de leurs légumes ; ils appellent autrement terrot ce vieux fumier bien consumé, bien pourri, et mêlé avec de la terre ; ce n'est pas cependant ce dont il s'agit dans cet article.

Nous entendons avec les Physiciens par terreau, une terre naturelle, qui n'est pas en tous lieux d'une profondeur égale, n'ayant qu'un pied dans quelques endroits, dans d'autres deux, quelquefois trois selon les différents terrains. Ce terreau est la matrice propre des végétaux, et c'est pourquoi les Physiciens ont cherché d'en connaitre la nature par le moyen de l'eau et du feu. Pour y parvenir par le moyen de l'eau.

De tous les phénomènes de la nature il n'en est point dont les effets soient plus terribles et plus étendus que ceux des tremblements de terre ; c'est de leur part que la face de notre globe éprouve les changements les plus marqués et les révolutions les plus funestes ; c'est par eux qu'en une infinité d'endroits il ne présente aux yeux du physicien qu'un effrayant amas de ruines et de débris : la mer soulevée du fond de son lit immense ; des villes renversées, des montagnes fendues, transportées, écroulées ; des provinces entières englouties ; des contrées immenses arrachées du continent ; de vastes pays abimés sous les eaux, d'autres découverts et mis à sec ; des îles sorties tout-à-coup du fond des mers, des rivières qui changent de cours, etc. tels sont les spectacles affreux que nous présentent les tremblements de terre.
Des événements si funestes auxquels la terre a été de tout temps exposée, et dont elle se ressent dans toutes ses parties, après avoir effrayé les hommes, ont aussi excité leur curiosité, et leur ont fait chercher quelles pouvaient en être les causes.
On ne tarda point à reconnaitre le feu pour l'auteur de ces terribles phénomènes ; et comme la terre parut ébranlée jusque dans son centre même, on supposa que notre globe renfermait dans son sein un amas immense de feu toujours en action : c'est-là ce que quelques physiciens ont désigné sous le nom de feu central.
Ce sentiment fut regardé comme le plus propre à rendre raison des effets incroyables des tremblements de terre. Il n'est point douteux que le feu n'ait la plus grande part à ces phénomènes ; mais il n'est point nécessaire, pour en trouver la cause, de recourir à des hypothèses chimériques, ni de supposer un amas de feu dans le centre de la terre, où jamais l'oeil humain ne pourra pénétrer.
Pour peu qu'on ait observé la nature et la structure de notre globe, on s'apercevra que sans descendre à des profondeurs impénétrables aux hommes, on rencontre en plusieurs endroits des amas de matières assez agissantes pour produire tous les effets que nous avons indiqués. Ces matières sont le feu, l'air et l'eau, c'est-à-dire les agents les plus puissants de la nature, et dont personne ne peut nier l'existence.