Imprimer
Catégorie parente: Histoire naturelle
Catégorie : Botanique
S. m. (Botanique) plante anti-scorbutique très-utile. Voici les caractères du cochléaria.

Sa fleur est cruciforme, à quatre pétales ; du calice sort le pistil qui devient un fruit presque sphérique, partagé en deux cellules par une cloison mitoyenne ; ces cellules contiennent plusieurs petites semences arrondies.

On connait six espèces de cochléaria ; mais nous ne parlerons que de la principale qui est celle des boutiques, autrement dite cochlearia folio subrotundo, C. B. P. Tournef. Boerh. Rupp. Buxb. etc.

Ses racines sont blanchâtres, un peu épaisses, droites, fibrées, et chevelues : elles poussent à leur collet des feuilles nombreuses, d'un verd foncé, arrondies, à oreilles, longues d'un pouce, creuses presqu'en manière de cuillière, d'où vient le nom de la plante. Elles sont succulentes, épaisses, acres, piquantes, amères, d'une odeur nidoreuse, desagréable, et portées sur des queues longues d'une palme. Ses tiges sont branchues, couchées sur terre, longues d'une coudée, lisses, chargées de feuilles découpées, longues, et sans queue. Ses fleurs sont à quatre pétales, blancs, disposés en croix. Leur calice est à quatre feuilles. Le pistil se change en un fruit arrondi, long de deux lignes, composé, de même que les siliques, de deux panneaux appliqués sur une cloison mitoyenne qui le sépare en deux loges demi-sphériques, qui renferment de petites graines menues, arrondies, rousses, et piquantes au gout.

Cette plante qui est toute d'usage, croit sans culture dans les Pyrenées, sur les côtes de la Flandre, en Hollande, au nord de l'Angleterre, etc. mais on la cultive dans les jardins pour son utilité. Elle fleurit en Avril, et a ses graines perfectionnées en Juillet, qui est le meilleur temps pour la semer ; et c'est ce qu'il faut renouveller chaque année. Article de M(D.J.)

COCHLEARIA, (Mat. med. Pharmac.) Le cochléaria est une de ces plantes que nous appelons alkalines, depuis que les chimistes modernes ont découvert que la partie volatile, vive, et piquante, qui distingue cet ordre de plante, était un vrai alkali volatil.

Comme il est très-aisé d'avoir cette plante fraiche toute l'année, qu'elle est très-succulente, et que d'ailleurs on ne saurait l'exposer à l'action du feu sans dissiper ses parties mobiles qui constituent sa principale vertu, le suc de cette plante est presque la seule préparation extemporanée qui soit en usage. On le donne ordinairement à la dose de deux ou trois onces. Voyez SUC. On garde d'ailleurs dans les boutiques l'extrait, l'esprit, l'eau distillée, et la conserve de cochléaria.

L'extrait et la conserve n'ont rien de particulier (voyez EXTRAIT et CONSERVE) ; nous allons donner la manière de préparer l'esprit et l'eau.

Esprit de cochléaria. Prenez du cochléaria lorsqu'il est dans son temps balsamique, c'est-à-dire lorsqu'il est prêt à donner ses fleurs, environ seize livres ; hachez-le menu et le mettez dans un alembic de verre, versant dessus une livre d'esprit-de-vin rectifié ; fermez exactement la cucurbite, et laissez digérer pendant deux jours, après lesquels distillez au bain-marie selon l'art.

Eau de cochléaria. du cochléaria lorsqu'il est prêt à donner ses fleurs ; hachez-le et le mettez dans une cucurbite d'étain, à laquelle vous adapterez son chapiteau, qui sera aussi d'étain, et vous distillerez au bain-marie jusqu'à ce qu'il ne passe plus rien ; par ce moyen vous aurez une eau chargée de l'esprit alkali volatil de la plante, qu'on peut aussi appeler l'esprit volatil de cochléaria.

Toutes ces préparations sont des anti-scorbutiques éprouvés ; il faut seulement observer que le suc de cochléaria et sa conserve renferment toute la vertu de la plante ; que l'extrait au contraire n'en contient que les parties fixes et l'esprit, et l'eau distillée des parties volatiles ; et qu'ainsi une bonne façon d'animer l'extrait, c'est de le donner avec l'esprit ou l'eau distillée ; car sans cette addition l'extrait de cochléaria ne parait posséder que les vertus communes à tous les extraits nitreux. Au reste il parait fort inutile, quand on veut employer toutes les parties salutaires du cochléaria, d'avoir recours à ces préparations officinales ; son suc que l'on peut toujours préparer très-commodément, comme nous l'avons observé, remplit toujours mieux les vues du médecin.

Il s'est trouvé quelques scorbutiques dont le palais a pu résister à l'acreté du cochléaria, et qui se sont fort bien trouvés de le manger sans aucune préparation ; et peut-être serait-ce là la meilleure façon de le donner, surtout dans le scorbut confirmé.

C'est presque uniquement au scorbut de terre et aux différentes maladies scorbutiques de cette classe, que l'usage de tous les remèdes tirés du cochléaria est consacré : cette plante tient le premier rang parmi les remèdes anti-scorbutiques. Voyez SCORBUT.

On faisait autrefois assez communément des bouillons anti-scorbutiques, dans la préparation desquels on exposait à l'ébullition le cochléaria et les autres plantes alkalines ; mais on s'est enfin accoutumé à regarder les parties mobiles de ces plantes qui se dissipaient pendant la décoction, comme les plus efficaces, et à chercher à les retenir : c'est dans cette vue que l'on prépare aujourd'hui ces sortes de bouillons au bain-marie dans des vaisseaux bien fermés, et même qu'on préfère d'ajouter à la décoction de la viande et des plantes purement extractives, lorsqu'elle est presque refroidie, le suc du cochléaria ou des autres plantes alkalines.

Le suc et l'esprit de cochléaria, mais surtout le dernier, sont fort usités extérieurement dans le traitement des ulcères scorbutiques, dans les gonflements sanguinolents des gencives, dans leur inflammation, leur exulcération, lorsque les dents tremblent, etc. On lave aussi les taches de scorbut avec le suc ou avec l'esprit de cette plante : on peut appliquer dessus la plante pilée avec un égal succès.

C'est une pratique fort utîle contre le relâchement et la pâleur des gencives, que celle de les frotter fréquemment avec des feuilles fraiches de cochléaria.

Stahl recommande, dans sa matière médicale, le cochléaria dans les fièvres quartes et dans la cachexie ; et il observe qu'il faut bien se garder de l'employer dans les affections hémorrhoïdales, c'est-à-dire dans toutes les maladies qui dépendent de la veine-porte, qui, selon ce savant médecin, joue un si grand rôle dans l'économie animale.

Les feuilles de cochléaria entrent dans le decoctum anti-scorbutique, dans le vin anti-scorbutique, dans l'eau générale, dans l'eau anti-scorbutique, dans le sirop anti-scorbutique.

L'eau distillée de la même plante entre dans l'eau pour les gencives ; ses semences entrent dans l'eau anti-scorbutique ; son esprit entre dans la teinture de gomme lacque, dans le sirop anti-scorbutique ; son extrait est un des ingrédiens des pilules de Stahl et de celle de Becker. (b)




Affichages : 1500