S. m. celtis, (Histoire naturelle, Botanique) genre de plante à fleur en rose, qui a plusieurs étamines très-courtes. Le pistil s'élève au milieu de ces étamines, et devient dans la suite un fruit ou une baie qui renferme un noyau arrondi. Tournefort, Inst. rei herb. Voyez PLANTE.

MICOCOUILLER, celtis, arbre de moyenne grandeur, que l'on cultive dans les pays méridionaux de l'Europe pour l'utilité de son bois. Il prend une tige droite et d'une grosseur proportionnée ; il fait une tête régulière et se garnit de beaucoup de branches qui s'étendent et s'inclinent : son écorce d'une couleur olivâtre rembrunie, est assez unie. Sa feuille est rude au toucher en-dessus, veinée en-dessous, longue, dentelée, et pointue ; elle a beaucoup de ressemblance avec celle de l'orme, et sa verdure, quoique terne, est assez belle ; du moins elle est constante et de longue durée. Ses fleurs paraissent au commencement d'Avril : elles sont petites, de couleur herbacée, et de nul agrément : les fruits qui succedent sont ronds, noirâtres, de la grosseur d'un pais. Ce sont des noyaux qui renferment une amande, et qui sont couverts d'une pulpe fort agréable au gout, mais trop mince pour servir d'aliment. L'arbre en rapporte beaucoup tous les ans, et quoiqu'ils soient en maturité au mois de Janvier, ils restent sur l'arbre jusqu'au retour de la séve.

Cet arbre, quoiqu'originaire des pays méridionaux, est dur, robuste, tenace ; il résiste aux hivers les plus rigoureux dans la partie septentrionale de ce royaume, sans en être aucunement endommagé ; il réussit à toutes les expositions, et il vient dans tous les terrains ; il m'a paru seulement qu'il ne profitait pas si bien dans une terre franche, trop dure, et trop forte. Il se multiplie fort aisément ; son accroissement est assez prompt, il reprend volontiers à la transplantation, et il n'exige aucune culture particulière.

On peut le multiplier en couchant ses branches au mois de Mars : mais comme elles n'auront qu'au bout de deux ans des racines suffisantes pour la transplantation, qui ensuite retarde beaucoup l'accroissement ; la voie la plus courte, la plus sure, la plus facile, sera d'élever cet arbre de graines. Il faudra les semer aussi-tôt que la saison le permettra dans le mois de Février, ou au commencement de Mars, afin qu'elles puissent lever la même année ; car si on les semait tard, la plus grande partie ne leverait qu'au printemps suivant. Dès la première année les plantes s'éleveront à deux ou trois pieds : si on néglige de les garantir du froid par quelqu'abri, les tiges des jeunes plans périront jusqu'à trois ou quatre pouces de terre : petit désastre qui n'aura nul inconvénient ; les jeunes plans n'en formeront qu'une tige plus droite et plus vigoureuse ; il aurait toujours fallu les y amener en les coupant à deux ou trois pouces de terre. Car en les laissant aller, leur tige qui est trop faible, se charge de menues branches, et se chiffonne sans prendre d'accroissement. A deux ans les jeunes plans seront en etat d'être mis en pépinière pendant quatre ou cinq ans ; après quoi on pourra les transplanter à demeure. Le mois de Mars est le temps le plus propre pour cette opération, qu'il faut faire immédiatement avant que ces arbres commencent à pousser ; ils porteront du fruit à six ou sept ans. Nul autre soin après cela que de les aider à former de belles tiges, en les dressant avec un appui, et en retranchant les branches latérales, à mesure que les arbres prennent de la force.

On pourrait employer le micocouiller dans les jardins pour l'agrément ; son feuillage n'éprouve aucun changement dans sa verdure pendant toute la belle saison. Il donne beaucoup d'ombre, et il est tout des derniers à se fanner et à tomber. Dans les terrains de peu d'étendue où l'on ne peut mettre de grands arbres, on pourrait employer celui-ci, parce qu'il ne s'élève qu'autant qu'on l'y oblige ; son branchage est menu, souple, pliant ; il s'étend de côté, et s'incline naturellement. Cet arbre serait par conséquent très-propre à faire du couvert dans les endroits où l'on veut ménager les vues d'un bâtiment. Il est disposé de lui-même à se garnir de rameaux depuis le pied : il souffre le ciseau et le croissant en toute saison ; ce qui le rend très-propre à être employé à tous les usages que l'on fait de la charmille. On aurait de plus l'avantage d'avoir une verdure de bien plus longue durée. Jamais cet arbre d'ailleurs n'est attaqué d'aucun insecte, et il ne cause pas la moindre malpropreté jusqu'à la chute des feuilles. Il sera encore très-convenable à faire de la garniture, et à donner de la variété dans les bosquets, les massifs, les petits bois que l'on fait dans les grands jardins : et quand même on ne voudrait faire nul usage de cet arbre pour l'agrément, parce qu'on n'est pas dans l'habitude de s'en servir pour cela, on devrait toujours le multiplier pour l'utilité de son bois.

Le bois de micocouiller est noirâtre, dur, compacte, pesant, et sans aubier. Il est si liant, si souple et si tenace, qu'il plie beaucoup sans se rompre : en sorte que c'est un excellent bois pour faire des brancarts de chaise et d'autres pièces de charronnage. On en fait des cercles de cuve qui sont de très-longue durée ; on prétend qu'après l'ébene et le buis, ce bois prévaut à tous les autres par sa dureté, sa force et sa beauté. Il n'est point sujet à la vermoulure, et sa durée est inaltérable, à ce que disent les anciens auteurs. On s'en sert aussi pour les instruments à vent, et il est très-propre aux ouvrages de sculpture, parce qu'il ne contracte jamais de gersures. La racine de l'arbre n'est pas si compacte que le tronc, mais elle est plus noire : on en fait des manches pour des couteaux et pour des menus outils. On se sert aussi de cette racine pour teindre les étoffes de laine, et de l'écorce pour mettre les peaux en couleur.

Voici les différentes espèces de cet arbre que l'on connait jusqu'à présent.

1°. Le micocouiller à fruit noirâtre : on le nomme en Provence fabrecouiller, ou falabriquier. C'est à cette espèce qu'il faut principalement appliquer tout le détail ci-dessous.

2°. Le micocouiller à fruit noir : cet arbre est très-commun en Italie, en Espagne, et dans nos provinces méridionales. Il est de même grandeur que le précédent ; mais ses branches ont plus de soutien ; sa tige se forme plus aisément, et son accroissement est plus prompt. Ses feuilles sont plus épaisses, plus rudes, plus dentelées, et la plupart panachées de jaune ; ce qui donne à cet arbre un agrément singulier : d'autant plus que cette bigarrure lui est naturelle, et ne provient nullement de faiblesse ou de maladie. Ses fruits sont plus gros, plus noirs, et plus charnus : en général cet arbre a plus de beauté ; on peut le multiplier et le cultiver de même ; il ne demande qu'un soin de plus ; c'est de le garantir des gelées pendant les deux ou trois premiers hivers ; après quoi il résistera au froid, aussi-bien que le précédent.

3°. Le petit micocouiller du Levant : ce petit arbre s'élève à environ vingt pieds. Il a les feuilles beaucoup plus petites, plus épaisses, et d'un verd plus brun, que celles des espèces précédentes ; son fruit est jaune.

4°. Le micocouiller à gros fruits jaune : on le croit originaire d'Amérique ; il est rare en Angleterre, et peu connu en France.

Le micocouiller du Levant à gros fruits et à larges feuilles : il est aussi rare que le précédent.

Ces trois dernières espèces sont aussi robustes que les deux premières : on peut les multiplier et les cultiver de même, et de plus les greffer les unes sur les autres. Article de M. DAUBENTON, subdélégué.