ou POIREAU, s. m. (Botanique) Ses bulbes ou racines sont oblongues, étroites, presque cylindriques, et revêtues de plusieurs membranes, qui deviennent en se développant des pellicules unies et quelquefois carinées. Sa fleur est à six pétales, faite enforme de cloche, ornée d'étamines larges, aplaties, et terminées par trois filets, dont celui du milieu porte un sommet. Cette fleur est presque disposée en bossette. L'ovaire se change en un fruit arrondi, divisé en trois loges, remplies de semences presque rondes.

Tournefort compte six espèces de porreau ; je décrirai le porreau commun, porrum commune capitatum, C. B. P. 72. I. R. H. 382. en anglais, the common headed-leek.

Il a une racine longue de quatre à cinq doigts, grosse d'un ou de deux pouces, presque cylindrique, composée de plusieurs tuniques blanches, lisses, luisantes, jointes les unes aux autres, garnies en-dessous de plusieurs fibres : elle est d'un goût plus doux que celle de l'oignon, croissant, s'élevant, se développant, et devenant des feuilles longues d'un pied, assez larges, situées alternativement, plates, ou pliées en gouttière, d'un verd pâle, d'un goût d'oignon.

Il sort d'entre ces feuilles une tige qui se porte à la hauteur de quatre ou cinq pieds, grosse d'un doigt et plus, ferme, solide, remplie de suc ; cette tige soutient en son sommet un gros bouquet de petites fleurs blanches tirant sur le purpurin, composées chacune de six pétales, disposées en lis, et attachées à un pédicule avec autant d'étamines larges et cylindriques. Après que ces fleurs sont tombées, il leur succede des fruits presque ronds, triangulaires, noirs, divisés intérieurement en trois loges, remplies de plusieurs semences oblongues.

Toute cette plante a une odeur d'oignon potager et culinaire, mais moins pénétrante ; elle fleurit en Juillet, et sa graine est mûre au mois d'Aout. Elle demande une terre grasse et fumée ; et elle peut se conserver trois ans. (D.J.)

PORREAU ou POIREAU, (Diète et Matière médicale) c'est la racine ou bulbe de cette plante qui est d'usage en Pharmacie, mais beaucoup plus dans les cuisines. Le porreau a beaucoup d'analogie avec l'oignon. On le mange dans les potages comme cette dernière racine ; mais on ne l'emploie d'aucune autre manière dans les aliments. Il se trouve assez de personnes qui craignent le goût et l'odeur du porreau ; mais il n'est constaté par aucune bonne observation, qu'il produise aucun effet remarquable bon et mauvais chez ceux qui le mangent avec plaisir, ou au-moins sans répugnance. La plupart des auteurs de diete l'ont fait passer pourtant pour un aliment fort pernicieux, fort indigeste, fort venteux, etc.

Quant aux vertus du porreau employé à titre de remède, son suc est évidemment diurétique comme celui d'oignon, quoique vraisemblablement en un degré un peu inférieur ; aussi est-il presque entièrement inusité à ce titre. Le porreau passe pour emmenagogue, remédiant à la stérilité des femmes, et augmentant la secrétion de l'humeur séminale. Hippocrate s'en servait dans les maladies des femmes tant intérieurement qu'extérieurement. Le porreau passe aussi pour fort utile contre l'asthme humide, les toux invétérées et pituiteuses, l'extinction de voix, etc. Les semences du porreau sont diurétiques. La manière ordinaire de les donner est de les concasser et de les faire infuser dans du vin blanc. On recommande aussi le porreau pour plusieurs usages extérieurs, dont le seul qui soit encore pratiqué quelquefois, c'est l'injection de leur suc dans les oreilles pour en apaiser le tintement ou bruissement. (b)

PORREAU, Maladie de la peau, voyez VERRUE.

PORREAU, s. m. (terme de Maréchal) espèce de verrue qui vient aux boulets, aux pâturons, aux pieds de derrière des chevaux, et qui suppure ; il faut l'enlever et corriger l'humeur âcre qui le produit. (D.J.)