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Catégorie parente: Histoire naturelle
Catégorie : Botanique
melo, s. m. (Histoire naturelle, Botanique) genre de plante à fleur monopétale, en forme de cloche, ouverte, profondément découpée, et entièrement semblable à celle du concombre. Il y a deux sortes de fleurs sur cette plante, les unes n'ont point d'embryon, et sont stériles, les autres sont fécondes, et placées sur un embryon, qui devient dans la suite un fruit, le plus souvent ovoïde, lisse ou couvert de rugosités. Ce fruit se divise en trois loges, qui semblent se sousdiviser chacune en deux autres. Ces loges contiennent des semences oblongues. Tournefort, Inst. rei herb. Voyez PLANTE.

Tournefort compte sept espèces de melon, entre lesquelles nous nous contenterons de décrire l'espèce commune, que les Botanistes nomment melo vulgaris.

Cette plante pousse sur la terre des tiges longues, sarmenteuses, rudes au toucher. Ses feuilles ressemblent entièrement à celles du concombre ; elles sont seulement un peu plus petites, plus arrondies, et moins anguleuses. Des aisselles des fleurs naissent des fleurs jaunes, semblables à celles du concombre, nombreuses, dont les unes sont stériles, et les autres fertiles. A ces dernières fleurs succedent des fruits, qui sont au commencement un peu velus, mais qui perdent leur coton en grandissant.

Il y a beaucoup de variété dans ce fruit, tant par rapport à la couleur de l'écorce et de la pulpe, au goût et à l'odeur, que par rapport à la figure, à la grosseur, et à d'autres particularités semblables. Les uns sont plus gros que la tête d'un homme, les autres sont de médiocre grosseur, et les autres petits. Les uns sont de forme allongée, les autres ovale, arrondie, renflée ; les uns lisses, les autres différemment brodés, ou cannelés. Tous sont couverts d'une écorce assez dure et épaisse, de couleur verte, cendrée, jaune, etc.

Leur chair est tendre, moèlleuse, humide, glutineuse, blanche, jaunâtre, verdâtre, ou rougeâtre, d'une odeur suave, d'un goût doux comme du sucre, et fort agréable. L'intérieur du fruit est divisé en trois principales loges, chacune desquelles semble être subdivisée en deux autres. Ces loges sont remplies d'un grand nombre de semences, presque ovales, et aplaties, blanches, revêtues chacune d'une écorce dure comme du parchemin, et contenant une amande très-blanche, douce, huileuse, savoureuse. Les loges où sont enchâssées les semences, et qui font le cœur du melon, sont composées d'une moèlle liquide, rougeâtre et de bon gout.

On cultive cette plante sur des couches dans les jardins pour l'excellence de son fruit ; et cette culture, si perfectionnée de nos jours, demande cependant quelques remarques particulières ; sur quoi voyez MELON, Agricult. (D.J.)

MELON, (Agriculture) Quoique la culture des melons soit très-perfectionnée, MM. Bradley et Miller y reprennent encore des pratiques, qui, pour être d'un usage presque universel, n'en sont pas moins contraires aux lois de la nature.

1°. Lorsqu'un melon ou un concombre est en fleur, plusieurs jardiniers ont coutume d'en ôter toutes les fausses fleurs, qui, disent-ils, ne manqueraient pas d'affoiblir la plante ; mais si ce sont des fleurs mâles qu'ils ôtent, comme il est vraisemblable, ce sont elles que la nature a destinées pour la propagation du fruit.

2°. Ils ont l'habitude de coucher les différentes branches courantes à égale distance les unes des autres, et de les soulever très-souvent pour apercevoir le jeune fruit ; mais cet usage lui fait beaucoup de tort, parce que les vaisseaux qui portent le suc dans le fruit sont tendres, et sujets à se froisser, pour peu qu'on le dérange de l'endroit où il croit naturellement, de sorte qu'il arrive que par cette seule raison, il ne croit, ni ne prospere.

3°. C'est encore une erreur d'exposer le jeune fruit au soleil, en écartant les feuilles qui en sont voisines, dans le dessein de mieux faire croitre le fruit ; mais la chaleur immédiate du soleil n'est nécessaire que pour faire murir le fruit, et non pour son accroissement ; car les rayons du soleil tombant directement sur une plante, en dessechent et resserrent les vaisseaux ; de sorte que la seve ne trouvant pas un passage libre, il est impossible qu'elle remplisse la plante si promptement et si abondamment qu'elle le ferait, si les vaisseaux étaient larges et ouverts, comme ils le sont toujours à l'ombre.

Pour ce qui regarde les graines, il faut s'en procurer de bons melons nés dans quelques jardins éloignés ; car si l'on seme la graine de ceux de son propre jardin, elle ne manque guère de dégénerer. Il faut garder cette graine deux ou trois ans avant que de la semer. Si l'on ne peut avoir des graines de deux ou trois ans, et qu'on soit obligé d'en semer de plus fraiches, il faut les tenir dans un endroit chaud à une distance du feu pendant deux mois, afin de leur ôter leurs parties aqueuses, et pour lors cette graine est aussi bonne, que si on l'avait gardée deux ou trois ans. Il est parlé dans les Trants. phil. n°. 475. sect. 6. de graines de melon qui avaient 33 ans, et qui ont produit de très-bons melons ; et dans les mêmes Trants. n °. 464. de graines de melon de 43 ans, qui ont donné du fruit.

Une chose très-importante dans la culture du melon, est d'enlever exactement les mauvaises herbes, et retourner la surface de la terre sur laquelle les branches rampent ; car leurs racines sont tendres, et poussent toujours en longueur aussi loin que les branches.

Si l'on veut avoir des melons de bonne odeur, il ne faut point laisser de concombre auprès, de crainte que leur duvet mâle ne soit emporté par le vent sur les fleurs des melons, et ne les fasse tourner en fruit, ce qui donnerait à coup sur au melon ainsi produit, le goût de concombre, selon que la farine y serait tombée en plus ou moins grande quantité.

Quand le melon est mûr, il faut le couper de bon matin, avant que le soleil l'ait échauffé, en observant de conserver à ce melon deux pouces de tige, pour ne lui rien ôter de son parfum ; mais si l'on ne doit manger un melon qu'au bout de deux ou trois jours, il faut le cueillir avant qu'il soit parfaitement mûr, autrement il se trouverait passé.

Si l'on désire de transplanter le melon d'une couche dans une autre, il faut faire cette transplantation dans des corbeilles d'osier, ouvertes de tous côtés, qui aient dix pouces d'ouverture par en-haut, et quatre de profondeur, parce que les racines en liberté, s'ouvrent un passage à travers la corbeille dans la terre voisine de la couche, qu'on couvre de paille et de paillassons pendant la nuit.

M. de la Quintinie a le premier publié, il y a déjà presque 80 ans dans les Trants. philos. la vraie culture des melons ; et personne en France n'a depuis lors rencheri sur sa méthode, quoiqu'on n'ait cultivé cette plante beaucoup plus communément que du temps de cet habile jardinier. Nos melons sont en général assez médiocres, plus gros que savoureux : j'en excepte bien ceux des parties méridionales de ce royaume, qui viennent, pour ainsi dire, d'eux-mêmes, et sans soin ; ceux-ci sont admirables et pour le gout, et pour la graine. (D.J.)

Melons. M. Triewald indique, dans les mémoires de l'académie de Stockholm, une méthode dont il s'est servi avec succès pour entretenir les couches où l'on fait venir des melons dans une chaleur égale, et plus durable que celles que ces couches ont ordinairement. Pour cet effet, il fit faire dans son jardin des tas d'écorce de bois semblables à celles dont se servent les Tanneurs ; il fit couvrir ces tas avec de la paille, afin qu'ils ne fussent point exposés à se geler pendant l'hiver ; lorsqu'il fut question de remplir les couches à melons, on étendit également ces écorces au fond, de l'épaisseur d'environ un pied ; on mit par-dessus de la paille légérement, lorsque cette paille eut commencé à se pourrir, ou à se consommer, et à s'affaisser, on remit encore une couche d'écorces d'environ deux pieds d'épaisseur, jusqu'à ce que les couches eussent la hauteur requise ; on mit encore de la paille par-dessus, et lorsqu'elle eut commencé à se pourrir, on couvrit le tout avec du terreau ordinaire dont on se sert communément pour les couches. M. Triewald assure que par cette méthode il est parvenu à entretenir dans les couches une chaleur égale jusque bien avant dans l'automne, et elles lui ont produit de très-bons melons, même dans une saison avancée, et à la suite de printemps qui avaient été très-froids.

MELON, (Diete et mat. Méd.) on ne mange guère à Paris, et dans les provinces septentrionales de la France que le melon commun, à chair rougeâtre ou orangée ; mais dans les provinces méridionales de ce royaume, on mange encore le melon blanc, ou à chair blanche, c'est-à-dire, presque semblable à celle d'une poire, mais tirant sur le verdâtre, et qu'on appelle communément melon d'Espagne, et le melon d'eau, qui a la chair d'un rouge vineux très-foncé.

Le melon commun et le melon blanc ont la chair également fondante ; celle du melon d'eau l'est infiniment davantage ; c'est peut-être la plus aqueuse de toutes les substances végétales organisées. Ce n'est presque que de l'eau. Les qualités diététiques de ces trois espèces de fruit sont exactement les mêmes ; la dernière diffère seulement des deux premières quant au degré de ces qualités, c'est-à-dire, en ce qu'un certain volume de melon d'eau doit être regardé comme répondant à peine à un volume trois fois moindre de melon commun, ou de melon blanc.

Le melon fournit un aliment agréable, aisé à digerer, rafraichissant, humectant, désaltérant. Les habitants des pays chauds, où ils sont excellents, trouvent une grande ressource dans leur usage journalier contre l'influence du climat. Dans ces pays, on en mange presque à tous les repas ; et on les fait rafraichir en les faisant tremper tout entiers dans de l'eau de puits, ou en les couvrant de glace. Il est rare qu'ils causent des accidents. Ils ne lâchent pas même aussi souvent le ventre qu'on pourrait le penser, en considérant leur analogie avec d'autres fruits de la même famille, tels que la coloquinte et le concombre sauvage, et en partant d'après l'observation de la vertu très-purgative du melon lui-même, dans le pays où il croit naturellement et sans culture. J'ai vu un malade qui en mangeait un par jour, tandis qu'il prenait des eaux minérales purgatives, sans en être incommodé. On a cependant vu quelquefois que ce fruit mangé avec excès, surtout par les personnes qui n'y sont point accoutumées, et dans les climats moins chauds, a causé des coliques, suivies quelquefois de dissenteries ou de cours de ventre opiniâtres. Mais il n'est pas possible de déterminer quels sont les sujets qui doivent s'abstenir de l'usage du melon. Il faut s'en rapporter à cet égard aux tentatives de chacun ; et heureusement ces tentatives ne sont pas dangereuses. On croit communément que le melon est moins dangereux lorsqu'on le mange avec du sel, et qu'on bait par-dessus du bon vin un peu copieusement. Il n'est pas clair que ce sait-là un assaisonnement salutaire ; mais il est certain qu'il est au-moins fort agréable.

La semence du melon commun est une des quatre semences froides majeures. Voyez SEMENCES FROIDES.

Cette confiture si commune, qu'on nous vend sous le nom d'écorce verte de citron, est l'écorce préparée d'une espèce de gros melon, qui croit en Italie. Cette confiture est en général pesante à l'estomac, et de difficile digestion. (b)

MELONS PETRIFIES, (Histoire naturelle) nom donné très-improprement par quelques voyageurs et naturalistes, à des pierres d'une forme ovale ou sphéroïde, en un mot de la forme des melons ; il y en a depuis la grosseur d'un œuf de poule jusqu'à celle des plus gros melons ; ces melons sont unis à leur surface et d'une couleur qui est ou grisâtre ou brune et ferrugineuse ; on les trouve sur le mont Carmel, dans une couche de grès d'un gris couleur de cendre, dont ils se détachent assez aisément. Quand on vient à les casser, on y trouve une cavité plus ou moins régulière, qui est entièrement couverte de petits crystaux brillans et transparents, dont les sommets sont vers le centre de la cavité. On dit que la pierre même parait être de la nature du marbre ; elle est d'une couleur jaunâtre, prend très-bien le poli, et ressemble assez au marbre de Florence ; à proportion de la grosseur de la pierre, elle a tantôt un pouce tantôt un demi-pouce d'épaisseur ; et quelquefois la pierre totale est enveloppée dans une autre croute plus mince qui ressemble en quelque façon à l'écorce du fruit.

Les Moines qui habitent le mont Carmel, disent aux voyageurs, que c'est par miracle que ces pierres ont été formées ; et ils racontent, que lorsque le prophète Elie vivait sur cette montagne, voyant un jour passer un laboureur chargé de melons auprès de sa grotte, il lui demanda un de ces fruits ; mais ayant répondu que ce n'était point des melons, mais des pierres qu'il portait, le prophète, pour le punir, changea ses melons en pierres.

Au reste, ces prétendus melons pétrifiés ne ressemblent point parfaitement à de vrais melons ; on n'y remarque point les côtes, ni la queue ou tige ; et le merveilleux cessera, lorsqu'on fera attention que l'on rencontre en une infinité d'endroits des cailloux et d'autres pierres, arrondis à l'extérieur, dans lesquelles on trouve des cavités remplies de crystaux, et quelquefois même de l'eau. Ainsi les melons pétrifiés du mont Carmel ne doivent être regardés que comme des corps produits suivant l'ordre ordinaire de la nature. (-)

MELON, terme de Perruquier, est une sorte d'étui, à-peu-près de la forme d'un melon, qui s'ouvre par le milieu, et dont les personnes qui voyagent se servent pour enfermer leurs perruques, sans qu'elles soient gâtées. Les melons sont ordinairement faits de carton battu, et recouvert d'une peau : ce sont les Gainiers qui les fabriquent.



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