(Botanique) le mahaleb, ou bois de Sainte-Lucie, se doit rapporter au genre de cerisiers. Il est nommé cerasus sylvestris amara, mahaleb putata, par Tourn. I. R. H. J. B. 1. 227. Ray, hist. 2. 1549. Ceraso affinis, C. B. P. 451.

Le mahaleb est une espèce de cerisier sauvage, ou un petit arbre assez semblable au cerisier commun ; son bois est gris, rougeâtre, agréable à la vue, compact, assez pesant, odorant, couvert d'une écorce brune, ou d'un noir tirant sur le bleu ; ses feuilles ressemblent à celles du bouleau, ou à celles du peuplier noir ; mais elles sont petites, un peu moins larges que longues, crenelées aux bords, veineuses, d'une couleur verte ; ses fleurs sont semblables à celles du cerisier ordinaire, mais plus petites, blanches, composées chacune de cinq pétales disposés en rose, de bonne odeur, attachées par des pédicules courts, qui sortent plusieurs d'un autre pédicule plus grand et rameux. Quand ces fleurs sont tombées, il leur succede de petits fruits ronds, noirs, ayant la figure de nos cerises, amers, teignant les mains quand on les écrase, peu charnus, contenant un noyau, dans lequel on trouve une amande amère. Quelques-uns appellent ce petit fruit vaccinium, et ils prétendent que c'est de lui dont Virgile parle dans ce vers :

Alba ligustra cadunt, vaccinia nigra leguntur.

La racine de l'arbre est longue, grosse, branchue et étendue, il croit aux lieux aquatiques, aux bords des rivières. Son fruit contient beaucoup d'huile et de sel volatil.

On nous apporte d'Angleterre et de plusieurs autres endroits, l'amande du noyau de ce fruit seche, parce que les parfumeurs en emplaient dans leurs savonettes. On appelle cette amande du nom de l'arbre, mahaleb, ou magaleb. Elle doit être grosse comme l'amande du noyau de cerise, récente, nette ; elle a ordinairement une odeur fort desagréable, et approchante de celle de la punaise.

Le bois de Sainte-Lucie qui nous est apporté de Lorraine, et dont les Ebénistes se servent pour leurs beaux ouvrages, est tiré du tronc de l'arbre mahaleb. Il doit être dur, compact, médiocrement pesant, sans nœuds ni aubier, de couleur grise, tirant sur le rougeâtre, couvert d'une écorce mince et brune, semblable à celle du cerisier, d'une odeur agréable, qui augmente à mesure que le bois vieillit.