S. f. (Botanique) althaea ou bismalva des Botanistes ; ses caractères sont les mêmes que ceux de la mauve, voyez MAUVE. Ses racines qui sortent d'une tête, sont blanches en-dedans, nombreuses, de la grosseur d'un doigt, fibreuses, et remplies d'un mucilage gluant ; ses tiges sont hautes d'environ trois pieds et demi, tendres, greles, cylindriques, velues, garnies de feuilles alternes, d'un verd-pâle, arrondies, pointues, blanchâtres, cotonneuses, longues d'environ trois pouces, ondées, dentelées, et portées sur une grande queue. Ses fleurs naissent des aisselles des feuilles ; elles sont d'un blanc tirant sur le rouge, d'une seule pièce, partagées en cinq parties jusque vers la base, et garnies dans cet endroit d'un tuyau pyramidal chargé d'étamines et de sommets ; le pistil s'emboite dans ce tuyau, et devient un fruit aplati et arrondi, composé de plusieurs capsules, disposées en manière d'anneau, arrangées autour d'un placenta qui occupe le centre. Ces capsules sont membraneuses, minces, en forme de rein, et elles contiennent une graine de même figure.

Il n'est pas aisé de décider si notre guimauve est l'althaea de Dioscoride ; on peut soutenir également le pour et le contre : mais nos botanistes modernes l'ont trop bien caractérisée, pour qu'on la confonde dans la suite ; elle vient par-tout dans les lieux maritimes, dans les marais, le long des ruisseaux, et fleurit au mois de Juillet. On fait un grand usage en Médecine des feuilles, des fleurs, des graines, et surtout des racines de cette plante. (D.J.)

GUIMAUVE, (Pharmacie et Mat. med.) on n'emploie ordinairement en Médecine que la racine de cette plante ; elle contient un mucilage abondant : on en retire par une légère ébullition dans l'eau jusqu'à trois gros et quelques grains par once, selon Cartheuser. Mais il est difficile d'estimer au juste la quantité de cette matière, parce que son poids varie considérablement selon le plus ou le moins d'eau auquel elle est unie. Voyez l'article MUCILAGE.

Ce mucilage est la vraie partie médicamenteuse de la guimauve.

Les usages médicinaux de la guimauve lui sont communs avec les autres substances végétales mucilagineuses ; et les propriétés particulières que plusieurs auteurs lui ont accordées contre la pleurésie, l'asthme, les graviers, et les petits calculs des reins et de la vessie, ne sont rien moins que vérifiées. On l'ordonne pour l'usage intérieur sous forme de tisane, ordinairement avec d'autres remèdes analogues, tels que les fruits doux, le chiendent, la réglisse, l'orge, etc.

On doit avoir soin de ne la faire entrer qu'en petite quantité dans ces tisanes, à la dose d'une once tout-au-plus par pinte d'eau, et de ne l'introduire dans la décoction que sur la fin de l'ébullition, parce que trop de mucilage rendrait cette boisson gluante, épaisse, dégoutante, et nuisible à l'estomac.

On emploie encore cette racine en cataplasme, dans la vue de ramollir les tumeurs inflammatoires, de calmer les douleurs qu'elles causent, et de les mener à suppuration ; on en fait des lotions et des fomentations dans la même vue : quelques praticiens recommandent ces remèdes extérieurs dans quelques affections des parties internes, dans la pleurésie, par exemple, l'inflammation du foie, des reins, et de la vessie. Voyez quel succès on doit attendre de ces remèdes aux articles INFLAMMATOIRES, (MALADIES) et TOPIQUE.

On emploie aussi aux mêmes usages, mais beaucoup plus rarement, tant pour l'intérieur que pour l'extérieur, les feuilles, les semences, et les fleurs de guimauve ; ces parties sont moins mucilagineuses que les racines.

On prépare avec la guimauve un sirop simple, et des tablettes ; elle donne son nom au sirop de guimauve composé ou sirop de ibisco, au sirop de guimauve de Fernel, à la pâte de guimauve, et à l'onguent appelé communément d'althaea.

Sirop de guimauve simple. Prenez des racines fraiches de guimauve mondées et coupées par tranches, six onces : faites-les cuire dans huit livres d'eau commune : passez, ajoutez six livres de sucre, clarifiez et cuisez en consistance de sirop.

Cette composition a les mêmes usages intérieurs que la décoction de la racine. Elle n'est pas de garde, c'est pourquoi les bons apothicaires la renouvellent très-souvent, surtout en été.

Sirop de guimauve de Fernel. Prenez de racines de guimauve deux onces ; de pois chiches une once ; de racines de chiendent, d'asperges et de réglisse, de chacune demi-once ; de raisins secs mondés, demi-once ; de sommités de guimauve, de mauve, de pariétaire, de pimprenelle, de plantain, de capillaire commun, de chacun une once ; des quatre grandes semences froides majeures, et des mineures, de chacune trois gros : cuisez dans demi-livre d'eau jusqu'à la moitié : passez : ajoutez à la colature quatre livres de sucre : clarifiez et unissez en consistance de sirop.

On ordonne ce sirop depuis demi-once jusqu'à une et deux onces dans les juleps béchiques et diurétiques ; on l'ajoute en plus grande dose aux tisanes et aux émulsions pour boisson ordinaire ; on le fait prendre aussi par petites cuillerées pour calmer la toux. C'est un remède fort innocent, c'est-à-dire peu dangereux et peu utile.

Le sirop de ibisco est proprement le même que celui-ci ; les seuls de ses ingrédiens qui pourraient l'en faire différer essentiellement, sont les racines de raifort sauvage et de raifort de jardin, qui contiennent, comme on sait, un alkali volatil libre ; mais la décoction que ces racines essuient, remet la partie qu'elles fournissent au sirop dans le rang de simple extrait.

Onguent d'althaea. Prenez d'huile de mucilage, deux livres ; de cire jaune, demi-livre ; de poix résine et de térébenthine claire, de chacune quatre onces : faites fondre le tout à petit feu : retirez du feu, et remuez avec une spatule de bois jusqu'à ce que le mélange soit refroidi, et vous aurez votre onguent.

Il n'y a pas un atome de mucilage de guimauve dans cet onguent (voyez MUCILAGE) ; il est résolutif, maturatif, et anodyn ; on l'emploie quelquefois avec succès dans les rhumatismes legers et dans les douleurs de côté ou fausses pleurésies. Quelques médecins en font faire aussi des frictions legeres sur le côté dans les vraies pleurésies (voyez PLEURESIE, RHUMATISME, et TOPIQUE).

Tablettes de guimauve de la pharm. de Paris. Prenez de la pulpe de racine de guimauve passée par le tamis, douze onces ; sucre blanc, deux livres ; eau de fleurs d'orange, deux onces : cuisez au bain-marie jusqu'à la consistance d'électuaire solide : faites des tablettes selon l'art. Voyez TABLETTES.

L'usage de ces tablettes est très-fréquent dans le rhume. On les laisse fondre dans la bouche ; la salive qui s'en charge peut calmer la toux gutturale et stomacale. La toux pectorale, le vrai rhume, ne parait point pouvoir être soulagé par ce remède.

Pâte de guimauve. Prenez de la gomme arabique, la plus blanche, deux livres et demie ; du sucre blanc, deux livres et quatre onces ; d'eau commune, huit livres : faites fondre le sucre et la gomme : passez, faites cuire jusqu'à consistance d'extrait en remuant continuellement avec une spatule ; alors remuez et battez fort et sans relâche, en jetant dans votre masse peu-à-peu six blancs d'œufs battus, avec demi-once d'eau de sleurs d'orange : continuez à brasser jusqu'à ce que votre masse devienne d'un beau blanc : enfin cuisez encore sur un feu doux en remuant toujours, jusqu'à ce qu'en frappant sur la masse avec la main, elle ne s'y colle point. Tirez-la de la bassine encor chaude, jetez-la sur une feuille de papier couverte d'une petite couche de farine, elle s'y étendra d'elle-même, et prendra une épaisseur à-peu-près uniforme, d'un demi-pouce ou environ. Cette préparation est connue sous le nom de pâte de guimauve, parce que dans les dispensaires, la décoction de guimauve est demandée au lieu de l'eau.

On fait de cette pâte le même usage que des tablettes de guimauve.

La racine de guimauve entre dans plusieurs compositions officinales. (b)