S. m. (Histoire naturelle, Botanique) limon, genre de plante dont les feuilles et les fleurs ressemblent à celles du citronnier, mais dont le fruit a la forme d'un œuf et la chair moins épaisse ; il est divisé en plusieurs loges qui sont remplies de suc et de vésicules, et qui renferme des semences. Ajoutez à ces caractères le port du limonier qui suffit aux jardiniers pour le distinguer de l'oranger et du citronnier. Tournefort, inst. rei herb. Voyez PLANTE.

LIMONIER, limon, arbre toujours verd, de moyenne grandeur, qui vient de lui-même dans les grandes Indes, et dans l'Amérique méridionale. Dans ces pays, cet arbre s'élève à environ trente pieds, sur trois ou quatre de circonférence. Il est toujours tortu, noueux, branchu et très-mal-fait, à moins qu'il ne soit dirigé dans sa jeunesse. Son écorce est brune, seche, ferme et unie. Ses feuilles sont grandes, longues et pointues, sans aucun talon ou appendice au bas. Elles sont fermes, lisses et unies, d'un verd tendre et jaunâtre très brillant. L'arbre donne pendant l'été des fleurs blanches en dedans, purpurines en dehors ; elles sont rassemblées en bouquets, et plus grandes que celles des orangers et des citronniers. Le fruit que produit la fleur est oblong, terminé en pointe, et assez semblable pour la forme et la grosseur à celui du citronnier ; si ce n'est qu'il a des verrucités ou proéminences qui le rendent plus ou moins informe. Sous une écorce jaune, moèlleuse et épaisse, ce fruit est divisé en plusieurs cellules, rempli d'un suc aigre ou doux, selon la qualité des espèces ; et ces cavités contiennent aussi la semence qui doit multiplier l'arbre. C'est principalement par la forme irrégulière de son fruit qu'on distingue le limonier du citronnier ; et on fait la distinction de l'un et de l'autre d'avec l'oranger, par leurs feuilles qui n'ont point de talon ou d'appendice. Cet arbre est à-peu-près de la nature des orangers, mais son accroissement est plus promt, ses fruits viennent plus tôt à maturité ; il est un peu plus robuste, et il lui faut des arrosements plus abondants. La feuille, la fleur, le fruit, et toutes les parties de cet arbre ont une odeur aromatique très-agréable.

Les bonnes espèces de limons se multiplient par la greffe en écusson, ou en approche sur les limons venus de graine, ou sur le citronnier ; mais ces greffes viennent difficilement sur des sujets d'oranger. A cet égard le citronnier est encore ce qu'il y a de mieux, parce qu'il croit plus vite que le limonier, et cette force de seve facilite la reprise des écussons, et les fait pousser vigoureusement. Il faut à cet arbre même culture et mêmes soins qu'aux orangers : ainsi, pour éviter les répétitions, voyez ORANGER.

Les espèces de limons les plus remarquables sont ;

Le limon aigre et le limon doux : ce sont les espèces les plus communes.

Le limonier à feuilles dorées, et celui à feuilles argentées. Ces deux variétés sont délicates ; il leur faut quelques soins de plus qu'aux autres pour empêcher leurs feuilles de tomber.

Le limon en forme de poire ; c'est l'espèce la plus rare.

Le limon impérial ; ce fruit est très-gros, très-beau, et d'une agréable odeur.

La pomme d'Adam. Cette espèce étant plus délicate que les autres, demande aussi plus de soin pendant l'hiver, autrement son fruit serait sujet à tomber dans cette saison.

Le limonier sauvage. Cet arbre est épineux ; ses feuilles sont d'un verd foncé, et joliment découpées sur ses bords.

Le limon sillonné. Ce fruit n'est pas si bon, et n'a pas tant de suc que le limon commun.

Le limon double. Cette espèce est plus curieuse que bonne : ce sont deux fruits réunis, dont l'un sort de l'autre.

La lime aigre et la lime douce, sont deux espèces rares et délicates, auxquelles il faut de grands soins pendant l'hiver, si on veut leur faire porter du fruit.

Le limonier à fleur double. Cette production n'est pas bien constante dans cet arbre ; il porte souvent autant de fleurs simples que de fleurs doubles.

Si l'on veut avoir de plus amples connaissances de ces espèces de limons, ainsi que de beaucoup d'autres variétés que l'on cultive en Italie, on peut consulter les hespérides de Ferrarius, qui a traité complete ment de ces sortes d'arbres. Article d e M. D'AUBENTON.

LIMONIER, (Maréchallerie) on appelle ainsi un cheval de voiture attelé entre deux limons. Voyez LIMON.