Quoiqu'on raconte de ces peuples des circonstances capables de faire passer tout ce qu'on en dit pour fabuleux, il peut bien y avoir eu des Acridophages : et même encore à présent il y a quelques endroits du Levant où l'on dit qu'on mange des sauterelles. Et l'Evangile nous apprend que S. Jean mangeait dans le désert des sauterelles, , y ajoutant du miel sauvage. Matth. cap. iij. v. 4.

Il est vrai que tous les savants ne sont pas d'accord sur la traduction de , et ne conviennent pas qu'il faille le rendre par sauterelles. Isidore de Peluse entre autres, dans sa 132e Epitre, parlant de cette nourriture de S. Jean, dit que ce n'était point des animaux, mais des pointes d'herbes, et taxe d'ignorance ceux qui ont entendu ce mot autrement. Mais S. Augustin, Bede, Ludolphe et autres, ne sont pas de son avis. Aussi les Jésuites d'Anvers rejettent-ils l'opinion des Ebionites, qui à , substituent , qui était un mets délicieux, préparé avec du miel et de l'huile ; celle de quelques autres qui lisent ou , des écrevisses de mer ; et celle de Beze qui lit , poires sauvages.