ACACIA, s. m. en latin pseudo-acacia, arbre à fleurs légumineuses et à feuilles rangées ordinairement par paires sur une côte. Le pistil sort du calice et est enveloppé par une membrane frangée : il devient dans la suite une gousse aplatie qui s'ouvre en deux parties, et qui renferme des semences en forme de rein. Les feuilles de l'acacia sont rangées par paires sur une côte qui est terminée par une seule feuille. Tournefort, Inst. rei herb. Voyez PLANTE. (I)

ACACIA, Acacia nostras, s. m. est celui que l'on appelle l'acacia commun de l'Amérique ; il ne s'élève pas bien haut ; son bois est dur et raboteux, son feuillage long et petit donnant peu d'ombrage ; ses branches sont pleines de piquans. Il est propre à planter des berceaux, croit fort vite, et produit dans le printemps d'agréables fleurs à bouquets. Cet arbre est sujet à verser ; et l'usage où l'on est de l'étêter, le difforme beaucoup : il donne de la graine. (K)

* ACACIA, suc épaissi, gommeux, de couleur brune à l'extérieur, et noirâtre ou roussâtre, ou jaunâtre en-dedans ; d'une consistance ferme, dure, s'amollissant dans la bouche ; d'un goût austère astringent, non desagréable, formé en petites masses arrondies du poids de quatre, six, huit onces, et enveloppé de vessies minces. On nous l'apporte d'Egypte par Marseille ; on estime le meilleur celui qui est récent, pur, net, et qui se dissout facilement dans l'eau. On tire ce suc des gousses non-mûres d'un arbre appelé acacia folio scorpioidis leguminosae, C. B. P. C'est un grand arbre et fort branchu, dont les racines se partagent en plusieurs rameaux, et se répandent de tous côtés, et dont le tronc a souvent un pied d'épaisseur, et égale ou même surpasse en hauteur les autres espèces d'acacia. Il est ferme, garni de branches et armé d'épines ; ses feuilles sont menues, conjuguées, et rangées par paires sur une côte de deux pouces de longueur : elles sont d'un verd obscur, longues de trois lignes, et larges à peine d'une ligne. Les fleurs viennent aux aisselles des côtes qui portent les feuilles, et sont ramassées en un bouton sphérique porté sur un pédicule d'un pouce de longueur ; elles sont d'une couleur d'or et sans odeur, d'une seule pièce en manière de tuyau grêle, renflé à son extrémité supérieure, et découpé en 5 quartiers. Elles sont garnies d'une grande quantité d'étamines et d'un pistil qui devient une gousse semblable en quelque façon à celle du lupin, longue de cinq pouces plus ou moins, brune ou roussâtre, aplatie, épaisse d'une ligne dans son milieu, plus mince sur les bords, large inégalement, et si fort retrécie par intervalle, qu'elle représente 4. 5. 6. 8. 10. et même un plus grand nombre de pastilles aplaties liées ensemble par un fil. Elles ont un demi-pouce dans leur plus grande largeur, et la partie intermédiaire a à peine une ligne : l'intérieur de chacune est rempli par une semence ovalaire, aplatie, dure, mais moins que celle du cormier ; de couleur de chataigne, marquée d'une ligne tout-autour comme les graines de tamarins, et enveloppée d'un mucilage gommeux, et un peu astringent ou acide, et roussâtre. Cet arbre est commun au grand Caire ; on arrose d'eau les gousses qui ne sont pas encore mûres ; on les broie : on en exprime le suc qu'on fait bouillir pour l'épaissir, puis on le met en petites masses. Ce suc analysé donne une portion médiocre de sel acide, très-peu de sel alkali, beaucoup de terre astringente, et beaucoup d'huile ou subtile ou grossière. On le place entre les astringens incrassants et repercussifs : il affermit l'estomac, fait cesser le vomissement, arrête les hémorrhagies et les flux de ventre : on le donne depuis . jusqu'à j. sous la forme de poudre ou de bol, ou dans une liqueur convenable. Les Egyptiens en ordonnent tous les matins à ceux qui crachent le sang la quantité d'un gros dissoute dans une liqueur, etc.

Le suc d'acacia entre dans la thériaque, le mithridat, les trochisques de Karabé, et l'onguent styptique de Charas.

Il sert aux Corroyeurs du grand Caire pour noircir leurs peaux. A cet acacia vrai on substitue souvent l'acacia nostras. Voyez ACACIA NOSTRAS. Le suc de l'acacia nostras est plus acide que l'autre ; on le tire des cerises de cette plante récentes et non mûres : il a à peu près les mêmes propriétés que l'acacia vrai.