ce terme signifiait chez les Egyptiens la même chose qu' chez les Grecs ; un lieu souterrain où toutes les âmes vont au sortir des corps ; un lieu qui reçoit et qui rend : on supposait qu'à la mort d'un animal, l'âme descendait dans ce lieu souterrain, et qu'elle en remontait ensuite pour habiter un nouveau corps. Presque tous les législateurs ont préparé aux mécants et aux bons, après cette vie, un séjour dans une autre, où les uns seront punis et les autres récompensés. Ils n'ont imaginé que ce moyen ou la métempsycose, pour accorder la providence avec la distribution inégale des biens et des maux dans ce monde. La Philosophie les avait suggérés l'un et l'autre aux sages, et la révélation nous a appris quel est celui des deux que nous devions regarder comme le vrai. Nous ne pouvons donc plus avoir d'incertitude sur notre existence future, ni sur la nature des biens ou des maux qui nous attendent après la mort. La parole de Dieu qui s'est expliqué positivement sur ces objets importants, ne nous laisse aucun lieu aux hypothèses. Mais je suis bien étonné que parmi les anciens philosophes que cette lumière n'éclairait pas, il ne s'en soit trouvé aucun, du moins que je connaisse, qui ait songé à ajouter aux tourments du Tartare et aux plaisirs de l'élisée, la seule broderie qui leur manquât ; c'est que les mécants entendraient dans le Tartare, et les bons dans l'élisée ; ceux-ci tout le bien, et ceux-là tout le mal qu'on dirait ou qu'on penserait d'eux, quand ils ne seraient plus. Cette idée m'est venue plusieurs fois à la vue de la statue équestre de Henri IV. J'étais fâché que ce grand monarque n'entendit pas où il était, l'éloge que je faisais de lui dans mon cœur. Cet éloge eut été si doux pour lui ! car je n'étais plus son sujet.