Non classifié

S. f. herbe à fleur d'une seule feuille irrégulière, terminée en bas par un anneau. La partie antérieure de la fleur de l'acanthe est partagée en trois pièces ; la partie postérieure est en forme d'anneau. La place de la lèvre supérieure est occupée par quelques étamines qui soutiennent des sommets assez semblables à une vergette. Il sort du calice un pistil qui est fiché comme un clou dans la partie postérieure de la fleur ; il devient dans la suite un fruit qui a la forme d'un gland, et qui est enveloppé par le calice. Ce fruit est partagé par une cloison mitoyenne en deux cellules, dans chacune desquelles il se trouve des semences qui sont ordinairement de figure irrégulière. Tournefort, Inst. rei herb. Voyez PLANTE. (I)

S. plante du Bresil dont les racines aromatiques peuvent être comptées entre les meilleurs apéritifs. On s'en sert dans les obstructions de la rate et des reins. Les Médecins regardent le suc de ses feuilles comme un antidote et comme un vomitif. Cet article de l'acaricaba pourrait bien avoir deux défauts ; celui d'en dire trop des propriétés de la plante, et de n'en pas dire assez de ses caractères.
S. , poisson de mer dont il est parlé dans Athenée, Rondelet, et Aldrovande. On prétend qu'il est diurétique, de facile digestion, et très-nourrissant. Mais il y a mille poissons dont on en peut dire autant, et qui peut-être ne sont pas mentionnés dans Athenée, et ne s'appellent pas acarnan. C'est peut-être le même qu'acarne. Voyez ce mot.
S. f. province de l'Epire qui avait à l'orient l'Aetolie, à l'occident le golfe d'Ambracie, et au midi la mer Ionienne. C'est aujourd'hui Despotat, ou la petite Grèce, ou la Carnie.

S. m. , poisson de mer semblable au pagre et au pagel, avec lesquels on le vend à Rome sous le nom de phragolino, que l'on donne à ces trois espèces de poisson. L'acarne est blanc, ses écailles sont argentées, le dessus de sa tête est arqué en descendant jusqu'à la bouche, qui est petite. Ses dents sont menues, ses yeux grands et de couleur d'or ; l'espace qui se trouve entre les deux yeux est aplati, les nageoires sont blanches ; il y a à la racine des premières une marque mêlée de rouge et de noir. La queue est rouge ; on voit sur le corps un trait qui va en ligne droite depuis les ouies jusqu'à la queue. On pêche ce poisson en été et en hiver ; sa chair a un goût doux, quoiqu'un peu astringent à la langue ; elle est nourrissante, et se digère facilement. Les parties intérieures de l'acarne sont à-peu-près semblables à celles du pagre et du pagel. Rondelet, Aldrovande. Voyez PAGRE et PAGEL. Voyez aussi POISSON. (I)
adj. pris subst. dans la Poétique des Anciens, signifie des vers complets, qui ont tous leurs pis, leurs syllabes, et auxquels il ne manque rien à la fin. Voyez PIE et VERS.

Ce mot est composé du Grec κατὰ et de λήγω, finir, cesser, d’où se forme καταληκτικὸς qui signifie, manquant de quelque chose à la fin ou incomplet, et d’ privatif qui, précédant καταληκτικὸς, lui donne une signification toute opposée ; conséquemment on appelait catalectique tout vers qui manquait d'une syllabe à la fin, et dont la mesure n'était pas complete .

S. f. terme qui signifie l'impossibilité qu'il y a qu'une chose soit conçue ou comprise. Voyez CONCEPTION.

Ce mot est formé d' privatif, et , découvrir, saisir, lequel est composé lui-même de et , prendre. Voyez CATALEPSIE.

Acatalepsie est synonyme à incompréhensibilité. Voyez COMPREHENSION.

v. act. donner en fief ou à rente : de là vient acazement. Voyez FIEF, RENTE.
S. m. c'est un achat de marchandises défendues par les ordonnances.

ACCAPARER par conséquent signifie acheter des marchandises défendues, ou faire des levées des marchandises permises, qui les rendent rares. (H)

On dit accaparer des blés, des laines, des cires, des suifs, etc. En bonne police cette manœuvre est défendue sous peine de confiscation des marchandises accaparées, d'amende pécuniaire, et même de punition corporelle en cas de récidive.

c'est le château sur l'avant et sur l'arrière d'un vaisseau. Pour s'en former une idée exacte, on n'aura qu'à consulter la Planche première de la Marine, et les explications qui y seront jointes.

Le Roi par une ordonnance de l'année 1675, défend aux officiers de ses vaisseaux de faire aucun changement aux accastellages et aux soutes par des séparations nouvelles, à peine de cassation.

On fait un accastellage à l'avant et à l'arrière des vaisseaux, en les élevant et bordant au-dessus de la lisse de vibord, et cet exhaussement commence aux herpes de l'embelle. On met pour cet effet deux, trois ou quatre herpes derrière le mât, à proportion de la hauteur qu'on veut donner à l'accastellage : on le borde ensuite de planches qu'on nomme qlin, ou esquain, ou quein, auxquelles on donne l'épaisseur convenable.

adj. Un vaisseau accastellé est celui qui a un château sur son avant et sur son arrière. Voyez ACCASTELLAGE et CHATEAU. (Z)
ce mot vient du Latin accessus, qui signifie approcher, l'action par laquelle un corps s'approche de l'autre : mais il n'est pas usité en François dans ce sens littéral. Il signifie dans l'usage ordinaire, abord, entrée, facilité d'aborder quelqu'un, d'en approcher. Voyez ENTREE, ADMISSION. Ainsi l'on dit : cet homme a accès auprès du prince ; cette côte est de difficile accès, à cause des rochers qui la bordent. (F)

ACCÉDER à un contrat ou à un traité, c’est joindre son consentement à un contrat ou traité déjà conclu et arrêté entre deux autres personnes ou un plus grand nombre.En ce sens on dit : les Etats Généraux ont accédé au traité d’Hanovre ; la Czarine a accédé au traité de Vienne. Voyez TRAITÉ. (H)

S. f. c'est l'accroissement de vitesse dans le mouvement d'un corps. Voyez VITESSE et MOUVEMENT.

Accélération est opposée à retardation ; terme par lequel on entend la diminution de vitesse. Voyez RETARDATION.

Le terme d'accélération s'emploie particulièrement en Physique, lorsqu'il est question de la chute des corps pesans qui tendent au centre de la terre par la force de leur gravité. Voyez GRAVITE et CENTRE.

adject. pris subst. du Latin accensi forenses. C'étaient des officiers attachés aux magistrats Romains, et dont la fonction était de convoquer le peuple aux assemblées, ainsi que le porte leur nom, accensi ab acciendo. Ils étaient encore chargés d'assister le préteur lorsqu'il tenait le siège, et de l'avertir tout haut de trois heures en trois heures quelle heure il était dans les armées Romaines.

S. m. cCe mot vient d’accentum, supin du verbe accinere qui vient de ad et canere : les Grecs l’appellent προσωδία, modulatio quæ syllabis adhibetur, venant de πρὸς, préposition grecque qui entre dans la composition des mots, et qui a divers usages, et ωδὴ, cantus, chant. On l’appelle aussi τόνος, ton.

Il faut ici distinguer la chose, et le signe de la chose.

La chose, c'est la voix ; la parole, c'est le mot, en tant que prononcé avec toutes les modifications établies par l'usage de la langue que l'on parle.

adj. se dit, au Palais, des offres, des propositions, des voies d'accommodement qui sont raisonnables, et concilient autant qu'il est possible les droits et prétentions respectives des parties litigeantes. (H)
S. f. dans un sens général, l'action de recevoir et d'agréer quelque chose qu'on nous offre, consentement sans lequel l'offre qu'on nous fait ne saurait être effectuée.

Ce mot vient du Latin acceptatio, qui signifie la même chose.

L'acceptation d'une donation est nécessaire pour sa validité : c'est une solennité qui y est essentielle. Or l'acceptation, disent les Jurisconsultes, est le concours de la volonté ou l'agrément du donataire qui donne la perfection à l'acte, et sans lequel le donateur peut révoquer sa donation quand il lui plaira. Voyez DONATION, etc.

ACCEPTER une lettre de change, c’est la souscrire, s’engager au payement de la somme qui y est portée dans le temps marqué ; ce qui s’appelle accepter pour éviter à protêt. Voyez LETTRE DE CHANGE& PROTÊT.

Il faut prendre garde à ne point accepter des lettres que l'on n'ait provision en main, ou qu'on ne soit certain qu'elle sera remise dans le temps ; car quand une fois on a accepté une lettre, on en devient le principal débiteur : il la faut absolument acquitter à son échéance, autrement on serait poursuivi à la requête de celui qui en est le porteur, après le protêt qu'il en aurait fait faire faute de payement.

adj. ce dont on peut aborder, qui peut être approché.

On dit : cette place ou cette forteresse est accessible du côté de la mer, c'est-à-dire, qu'on peut y entrer par ce côté-là.

Une hauteur ou distance accessible, en Géométrie, est celle qu'on peut mesurer mécaniquement en y appliquant la mesure ; ou bien c'est une hauteur du pied de laquelle on peut approcher, et d'où l'on peut mesurer quelque distance sur le terrain. Voyez DISTANCE, etc.

terme Latin usité dans les colléges, se dit dans les distributions des prix, des écoliers qui ont le mieux réussi après ceux qui ont obtenu les prix, et qui par conséquent en ont le plus approché. Il y a presque toujours plusieurs accessit. Les Académies qui distribuent des prix donnent souvent aussi des accessit.
herbe qui croit au Pérou, et que l'on substitue à l'herbe du Paraguai, dont on lui croit les propriétés. Voyez PARAGUAI.
S. f. marque de joie ou d'applaudissement par lequel le public témoigne son estime ou son approbation. L'antiquité nous a transmis plusieurs sortes d'acclamations. Les Hébreux avaient coutume de crier hosanna ; les Grec , bonne fortune. Il est parlé dans les Historiens, de quelques magistrats d'Athenes qui étaient élus par acclamation. Cette acclamation ne se manifestait point par des cris, mais en élevant les mains. Les Barbares témoignaient leur approbation par un bruit confus de leurs armes. Nous connaissons plus en détail sur ce point les usages des Romains, dont on peut réduire les acclamations à trois espèces différentes ; celles du peuple, celles du sénat, et celles des assemblées des gens de Lettres.

acclampe, mât acclampé, mât jumellé. C'est un mât fortifié par les pièces de bois attachées à ses côtés. Voyez CLAMP et JUMELLE. (Z)
sub. f. pente d'une ligne ou d'un plan incliné à l'horizon, prise en montant. Voyez PLAN incliné.

Ce mot est tout Latin : il vient de la proposition ad, et de clivus, pente, penchant.

La raison pour laquelle nous insérons ici ce mot, c'est qu'il se trouve dans quelques ouvrages de Physique et de Mécanique, et qu'il n'y a point de mot François qui lui réponde.

La pente, prise en descendant, se nomme declivitas.

S. f. vieux mot qui s'emploie encore quelquefois au Palais, pour signifier un commerce illicite avec une femme ou une fille. (H)
S. f. cérémonie qui se pratiquait en conférant un ordre de chevalerie, dans le temps où les chevaliers étaient reçus en cette qualité par les princes Chrétiens. Elle consistait en ce que le prince armait le nouveau chevalier, l'embrassait ensuite en signe d'amitié, et lui donnait sur l'épaule un petit coup du plat d'une épée. Cette marque de faveur et de bienveillance est si ancienne, que Grégoire de Tours écrit que les rois de France de la première race, donnant le baudrier et la ceinture dorée, baisaient les chevaliers à la joue gauche, en proférant ces paroles, au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, et comme nous venons de dire, les frappaient de l'épée légèrement sur l'épaule. Ce fut de la sorte que Guillaume le conquérant, roi d'Angleterre, conféra la chevalerie à Henri son fils âgé de dix-neuf ans, en lui donnant encore des armes ; et c'est pour cette raison que le chevalier qui recevait l'accolade était nommé chevalier d'armes, et en Latin miles ; parce qu'on le mettait en possession de faire la guerre, dont l'épée, le haubert, et le heaume, étaient les symboles. On y ajoutait le collier comme la marque la plus brillante de la chevalerie. Il n'était permis qu'à ceux qui avaient ainsi reçu l'accolade, de porter l'épée et de chausser des éperons dorés ; d'où ils étaient nommés equittes aurati, différant par-là des écuyers qui ne portaient que des éperons argentés. En Angleterre, les simples chevaliers ne pouvaient porter que des cornettes chargées de leurs armes : mais le roi les faisait souvent chevaliers bannerets en temps de guerre, leur permettant de porter la bannière comme les barons. Voyez BANNERET. (G)

S. m. se dit de la vigne : c'est un travail qui consiste à attacher les sarments aux échalas. Il y a des pays où on les lie ou accole, car ces termes sont synonymes, aussitôt qu'ils sont taillés. Il y en a d'autres où on n'accole que ceux qui sont crus depuis la taille.

S. f. pièce de bois servant dans la composition d'un train. Voyez TRAIN.
sub. m. qui signifie l'action d'arranger les boucles d'une tête ou d'une perruque : ainsi accommoder une tête, c'est en peigner la frisure, arranger les boucles, y mettre de la pommade et de la poudre ; pour cet effet après que les cheveux ont été mis en papillotes et passés au fer, on les laisse refroidir, et quand ils sont refroidis, on ôte les papillotes, on peigne la frisure, et on arrange les boucles avec le peigne, de façon à pouvoir les étaler et en former plusieurs rangs, après quoi on y met un peu de pommade qu'on a fait fondre dans la main. Cette pommade nourrit les cheveux, y entretient l'humidité nécessaire, et sert outre cela à leur faire tenir la poudre.
v. act. c'est apprêter des mets ou les préparer par le moyen du feu ou autrement, pour servir de nourriture ou d'aliment. Voyez NOURRITURE ou ALIMENT.

Le dessein de l'accommodage des mets devrait être de détacher la tissure trop compacte de la chair ou des viandes, pour les préparer à la dissolution et à la digestion dans l'estomac, la viande n'étant pas un aliment propre à l'homme lorsqu'elle n'est pas préparée. Il y en a qui pensent que la nature n'a pas eu en vue d'en faire un animal carnacier. Voyez CARNACIER.

S. m. c'est l'exécution d'une harmonie complete et régulière sur quelque instrument, tel que l'orgue, le clavecin, le théorbe, la guittare, etc. Nous prendrons ici le clavecin pour exemple.

On y a pour guide une des parties de la Musique, qui est ordinairement la basse. On touche cette basse de la main gauche, et de la droite l'harmonie indiquée par la marche de la basse, par le chant des autres parties qu'on entend en même temps, par la partition qu'on a devant les yeux, ou par des chiffres qu'on trouve communément ajoutés à la basse. Les Italiens méprisent les chiffres ; la partition même leur est peu nécessaire ; la promptitude et la finesse de leur oreille y supplée, et ils accompagnent fort bien sans tout cet appareil : mais ce n'est qu'à leur disposition naturelle qu'ils sont redevables de cette facilité ; et les autres peuples qui ne sont pas nés comme eux pour la Musique, trouvent à la pratique de l'accompagnement des difficultés infinies ; il faut des dix à douze années pour y réussir passablement. Quelles sont donc les causes qui retardent l'avancement des élèves, et embarrassent si longtemps les maîtres ? La seule difficulté de l'art ne fait point cela.

S. m. signifie l'exécution, l'achevement, le succès d'une chose qu'on se proposait de faire ou qu'on a entreprise.

Ce mot vient du Latin ad et complere, remplir.

L'accomplissement des prophéties de l'ancien Testament dans la personne du Sauveur, démontre assez clairement qu'il était le Messie. Voyez PROPHETIE.

L'accomplissement d'une prophétie peut se faire ou directement, ou par accommodation.

S. m. petit bateau à fond plat dont on se sert dans le pays d'Aunix pour aller sur la vase, après que la mer s'est retirée. (Z)
S. m. c'est un outil ou instrument dont les Luthiers et Facteurs se servent pour mettre d'accord les instruments de Musique. Cet outil est différent suivant les différents instruments qu'on veut accorder. L'accordoir du clavecin est de fer ; il a la forme d'un petit marteau, dont le manche est creusé de façon à pouvoir y faire entrer la tête des fiches, afin de tendre ou lâcher les cordes de l'instrument, et par ce moyen en hausser ou baisser les tons. Voyez ACCORD, ACCORDOIR d'orgue, et les figures, Planches d'orgues.

ACCORRE de triangle. Voyez Triangle.

c'est ce qu'on dit pour obliger un petit vaisseau ou une chaloupe à s'approcher d'un plus grand navire. (Z)
ACCOSTER les huniers, accoster les perroquets ; c’est faire toucher les coins ou les points des huniers ou des perroquets, à la poulie qu’on place pour cet effet au bout des vergues. Voyez HUNIER, PERROQUET, VERGUE
v. n. enfanter. Accoucher heureusement. Elle a accouché en tel endroit. Elle est accouchée. Accoucher à terme. Accoucher d'un enfant mort. (L)

S. m. Chirurgien dont le talent principal est d'accoucher les femmes. Ce Chirurgien est un bon Accoucheur. (L)
S. f. femme qui fait profession d'accoucher. Habile Accoucheuse. On dit plutôt Sage-Femme. (L)

* Il y a des maladies, dit Boerhaave, qui viennent de causes toutes particulières et qu'il faut bien remarquer, parce qu'elles donnent lieu à une mauvaise conformation. Les principales sont l'imagination de la mère, l'imprudence de l'Accoucheuse, etc. Il arrive fort souvent, ajoute son commentateur, M. de la Metrie, " que ces femmes rendent les corps mous des enfants tout difformes, et qu'elles gâtent la figure de la tête en la maniant trop rudement. Delà tant de sots dont la tête est mal faite, oblongue ou angulaire, ou de toute autre forme différente de la naturelle. Il vaudrait mieux pour les femmes, ajoute M. de la Metrie, qu'il n'y eut point d'Accoucheuses. L'art des accouchements ne convient que lorsqu'il y a quelque obstacle : mais ces femmes n'attendent pas le temps de la nature ; elles déchirent l'œuf, et elles arrachent l'enfant avant que la femme ait de vraies douleurs. J'ai vu des enfants dont les membres ont été luxés dans cette opération ; d'autres qui en ont eu un bras cassé. Lorsqu'un membre a été luxé, l'accident restant inconnu, l'enfant en a pour le reste de la vie. Lorsqu'il y a fracture, le raccourcissement du membre l'indique. Je vous conseille donc, lorsque vous pratiquerez, de réprimer ces téméraires Accoucheuses ". Voyez Inst. de Boerhaave.

v. act. Quand le Veneur court un cerf qui est sur ses fins, et le joint pour lui donner le coup d'épée au défaut de l'épaule, ou lui couper le jarret ; on dit, le Veneur vient d'accouer le cerf, ou le cerf est accoué.
S. m. jonction du mâle et de la femelle pour la génération. Les animaux s'accouplent de différentes façons, et il y en a plusieurs qui ne s'accouplent point du tout. M. de Buffon nous donne une idée générale de cette variété de la nature dans le II. vol. de l'Histoire naturelle gén. et part. avec la description du cabinet du Roi, page 311. et suivantes. Voici ses propres termes :

" La plus grande partie des animaux se perpétuent par la copulation ; cependant parmi les animaux qui ont des sexes, il y en a beaucoup qui ne se joignent pas par une vraie copulation ; il semble que la plupart des oiseaux ne fassent que comprimer fortement la femelle, comme le coq, dont la verge quoique double est fort courte, les moineaux, les pigeons, etc. D'autres, à la vérité, comme l'autruche, le canard, l'oie, etc. ont un membre d'une grosseur considérable, et l'intromission n'est pas équivoque dans ces espèces : les poissons mâles s'approchent de la femelle dans le temps du frai ; il semble même qu'ils se frottent ventre contre ventre, car le mâle se retourne quelquefois sur le dos pour rencontrer le ventre de la femelle, mais avec cela il n'y a aucune copulation ; le membre nécessaire à cet acte n'existe pas ; et lorsque les poissons mâles s'approchent de si près de la femelle, ce n'est que pour répandre la liqueur contenue dans leurs laites sur les œufs que la femelle laisse couler alors ; il semble que ce soient les œufs qui les attirent plutôt que la femelle ; car si elle cesse de jeter des œufs, le mâle l'abandonne, et suit avec ardeur les œufs que le courant emporte, ou que le vent disperse : on le voit passer et repasser cent fois dans tous les endroits où il y a des œufs : ce n'est surement pas pour l'amour de la mère qu'il se donne tous ces mouvements ; il n'est pas à présumer qu'il la connaisse toujours ; car on le voit répandre sa liqueur sur tous les œufs qu'il rencontre, et souvent avant que d'avoir rencontré la femelle.

ACCOURCIR la bride dans sa main, c’est une action par laquelle le cavalier, après avoir tiré vers lui les rênes de la bride, en les prenant par le bout où est le bouton avec la main droite, les reprend ensuite avec la gauche qu’il avait ouverte tant soit peu, pour laisser couler les rênes pendant qu’il les tirait à lui. (V)

S. m. vieux mot qui signifie parure, ajustement. Il signifiait aussi l'habillement et l'équipage militaire d'un soldat, d'un chevalier, d'un gentilhomme.

ACCOUTUMER un cheval, c’est le styler, le faire à quelque exercice ou à quelque bruit que ce sait, pour qu’il n’en ait point peur. (V)
S. m. parmi les Horlogers, signifie un vice de l'échappement qui fait arrêter l'horloge. Il vient de ce qu'une dent de la roue de rencontre s'appuie sur une palette avant que son opposée ait échappé de dessus l'autre palette. Cet accident arrive aux montres dont l'échappement est trop juste ou mal fait, et à celles dont les trous des pivots du balancier, ceux de la roue de rencontre, et les pointes des dents de cette roue, ont souffert beaucoup d'usure.

S. f. entassement, amas de plusieurs choses ensemble. Ce mot est fait du Latin ad, et cumulus, monceau.

S. m. ἀκέφαλος, qui n’a point de chef ou de tête, mot formé du grec, savoir d’ privatif et de κεφαλὴ, tête. On l’emploie dans le sens propre pour exprimer des êtres vivants sans tête, s’il en existe ; car il parait que c’est sans fondement que les anciens Naturalistes ont avancé qu’il y avait des peuples entiers agissants sans cette partie du corps humain. Pline les nomme les Blemmyes. Borel, savant Médecin, a refuté cette fable, sur la relation d’un Voyageur, son parent. Mais on trouve souvent des insectes et des vers qui vivent sans tête. Voyez VERS.

adj. espèce de saveur mixte qui consiste en un goût sur, avec une pointe piquante et astringente. Voyez GOUST.

Tel est le goût des poires, du raisin et de la plupart des autres fruits avant leur maturité. Voyez FRUIT, etc.