Non classifié

ALKALIS dulcifiés, ce sont des savons. Les alkalis sont des acres que les huiles adoucissent, et les alkalis joints à des huiles sont des savons. Voyez Savon. Les savons ordinaires font des alkalis dulcifiés, et les acides dulcifiés font des savons acides.

part. pass. et adj. ce qu'on a rendu alkali, comme on dit esprit de vin alkalisé. Voyez ESPRIT-DE-VIN tartarisé.
verb. act. rendre alkali une liqueur ou un corps. (M)
S. m. ou graine d'écarlate. Cette graine se cueille en grande partie dans la campagne de Montpellier. On la porte toute fraiche à la ville où on l'écrase ; on en tire le jus qu'on fait cuire, et c'est ce qu'on nomme le sirop alkermès de Montpellier. C'est donc une espèce d'extrait d'alkermès, ou de rob qui doit être fait sans miel et sans sucre, pour être légitime. M. Fagon, premier Médecin de Louis XIV. fit voir que la graine d'écarlate qu'on croyait être un végétal, doit être placée dans le genre des animaux. Voyez GRAINE D'ÉCARLATE.

verbe act. signifie lorsqu'on parle des liqueurs, purifier et subtiliser autant qu'il est possible ; et lorsqu'il s'agit d'un corps solide, il signifie réduire en poudre impalpable : ce mot alkooliser vient originairement de l'hébreu , qui signifie être ou devenir léger : il est dérivé de l'arabe , qui signifie devenir menu ou se subtiliser, et à la troisième conjugaison, , Kaal, diminuer ou rendre subtil ; on y a ajouté la particule al, comme qui dirait par excellence. C'est pourquoi on ne doit pas écrire alcohol, mais alkool, vu la racine de ce mot. (M)
S. m. lactatio, est l'action de donner à téter. Voyez LAIT.

Ce mot s'emploie aussi pour signifier le temps pendant lequel une mère s'acquitte de ce devoir. Voyez SEVRAGE. (L)

S. f. ce mot vient de l'Italien all' arme, aux armes.

Poste d'allarme est un espace de terrain que le Quartier-Mestre général ou Maréchal général des Logis assigne à un régiment, pour y marcher en cas d'allarme.

Poste d'allarme dans une garnison, est le lieu où chaque régiment a ordre de venir se rendre dans des occasions ordinaires.

Les allées d’un jardin sont comme les rues d’une ville, ce sont des chemins droits et parallèles, bordés d’arbres, d’arbrisseaux, de gason etc. elles se distinguent en allées simples et allées doubles.

La simple n'a que deux rangs d'arbres ; la double en a quatre ; celle du milieu s'appelle maîtresse allée, les deux autres se nomment contre-allées.

Les allées vertes sont gasonnées ; les blanches sont toutes sablées et ratissées entièrement.

L'allée couverte se trouve dans un bois touffu ; l'allée découverte est celle dont le ciel s'ouvre par enhaut.

ALLEGER le câble, c’est en Marine soulager le câble, ou attacher plusieurs morceaux de bois ou barils le long d’un câble pour le faire floter, afin qu’il ne touche point sur les roches qui pourraient se trouver au fond de l’eau et l’endommager.

ou ALLELUIAH, ou HALLELUIAH, expression de joie que l'on chante, ou que l'on récite dans l'église à la fin de certaines parties de l'office divin. Ce mot est hébreu, ou plutôt composé de deux mots hébreux ; savoir, , hallelu, et , Ja, qui est une abréviation du nom de Dieu , Jehova, qui tous deux signifient laudate Dominum ; en sorte qu'en notre langue, alleluia veut dire proprement louez le Seigneur.

S. Jérôme prétend que le dernier mot dont est composé alleluia, n'est point une abréviation du nom de Dieu, mais un de ses noms ineffables ; ce qu'il prouve par divers passages de l'Ecriture, où à la place de laudate Dominum, comme nous lisons dans la version latine, les Hébreux lisent alleluia ; remarque qui n'infirme pas le sens que nous avons donné à ce mot.

S. m. Ce peuple a d'abord habité le long des rives du Danube, du Rhin, de l'Elbe et de l'Oder. Ce mot a un grand nombre d'étymologies ; mais elles sont si forcées, qu'il vaut presqu'autant n'en savoir aucune, que de les savoir toutes. Cluvier prétend que l'Allemand n'est point Germain, mais qu'il est Gaulois d'origine. Selon le même auteur, les Gaulois, dont Tacite dit qu'ils avaient passé le Rhin, et s'étaient établis au-delà de ce fleuve, furent les premiers Allemands. Tout ce que l'on ajoute sur l'origine de ce peuple depuis Tacite jusqu'à Clovis, n'est qu'un tissu de conjectures peu fondées. Sous Clovis, les Allemands étaient un petit peuple qui occupait la plus grande partie des terres situées entre la Meuse, le Rhin, et le Danube. Si l'on compare ce petit terrain avec l'immense étendue de pays qui porte aujourd'hui le nom d'Allemagne, et si l'on ajoute à cela qu'il y a des siècles que les Allemands ont les François pour rivaux et pour voisins, on en saura plus sur le courage de ces peuples, que tout ce qu'on en pourrait dire d'ailleurs.
S. f. plante dont la racine menue, ligneuse, blanche, sent l'ail. Ses tiges sont d'une coudée et demie, grêles, un peu velues, cylindriques, cannelées, solides. Ses feuilles sont d'abord arrondies comme celles du lierre terrestre : mais elles sont bien plus amples. Bien-tôt après elles deviennent pointues. Elles sont crenelées tout autour, d'un verd pâle, lisses, portées sur de longues queues fort écartées l'une de l'autre, placées alternativement et sans aucun ordre ; elles ont l'odeur et la saveur de l'ail. Ses fleurs sont nombreuses, placées à l'extrémité des tiges et des rameaux, en forme de croix, composées de quatre pétales blancs. Le pistil qui s'élève du calice se change en un fruit membraneux, cylindrique, en siliques partagées intérieurement en deux loges par une cloison mitoyenne, à laquelle sont attachés deux panneaux voutés. Ces loges sont pleines de graines oblongues, arrondies, noires, nichées dans les fosses de la cloison mitoyenne. Toute la plante pilée a l'odeur d'ail. Elle nait dans les buissons et sur le bord des fossés, aux environs de Paris. Toutes ses parties sont d'usage.

dants les Saintes Ecritures ; on emploie souvent le nom de testamentum, et en Grec diathiké, pour exprimer la valeur du mot Hébreu berith, qui signifie alliance ; d'où viennent les noms d'ancien et de nouveau testament, pour marquer l'ancienne et la nouvelle alliance. La première alliance de Dieu avec les hommes, est celle qu'il fit avec Adam au moment de sa création, et lorsqu'il lui défendit l'usage du fruit défendu. Le Seigneur mit l'homme dans le paradis terrestre, et lui fit ce commandement : Vous mangerez de tous les fruits du paradis ou du jardin ; mais ne mangez point du fruit de l'arbre de la science du bien et du mal ; car aussi-tôt que vous en aurez mangé, vous mourrez, ou vous deviendrez mortels. C'est-là, dit saint Augustin, la première alliance de Dieu avec l'homme : testamentum autem primum quod factum est ad hominem primum, profecto illud est : quâ die ederitis, morte moriemini ; d'où vient qu'il est écrit : testamentum à saeculo : morte morieris. Genes. II. xvj. Aug. de civit. Dei, lib. XVI. cap. xxvij. Eccli. XIV. xviij.

S. m. c'est le nom que les Charpentiers, Masons, Architectes, en un mot tous les ouvriers qui ont à se servir de la grue ou d'une autre machine à élever de grands fardeaux, donnent au nœud qu'ils font à la corde qui doit enlever la pièce. Voyez fig. 26. n°. 16. le nœud d'alliement.
S. m. espèce de crocodile des Indes occidentales ; il a jusqu'à dix-huit pieds de long, et sa grosseur est proportionnée à sa longueur. Il est amphibie. On dit qu'il ne cesse de croitre jusqu'à ce qu'il meure. Il répand une forte odeur de musc, dont l'air et l'eau s'emprègnent au loin.
S. f. figure de Rhétorique ; c'est une répétition et un jeu sur la même lettre. (G)
S. m. On entendait autrefois par Allobroges, un peuple ancien de la Gaule Narbonnaise ; et l'on entend par ce mot aujourd'hui les Savoyards.
S. m. est dans l'Artillerie un cordage qui s'emploie dans la construction des ponts. (Q)
adj. se dit généralement en Géométrie, de ce qui est plus long que large. C'est en ce sens qu'on dit, un exagone, un eptagone, un octogone, etc. allongé, un ovale fort allongé. Voyez EXAGONE, etc.

Sphéroïde allongé, se dit d'un sphéroïde dont l'axe serait plus grand que le diamètre du cercle perpendiculaire à cet axe, et également éloigné de ses extrémités. Voyez AXE.

outil de Tabletiers-Peigniers, est un tronçon de lame de couteau, dont le tranchant est aiguisé d'un seul côté, comme celui d'un ciseau de Menuisier. Cet outil leur sert à gratter les matières dont les peignes sont faits, par exemple, le buis, l'ivoire, l'écaille, la corne, comme ils feraient avec un morceau de verre, qui est trop cassant pour qu'ils puissent s'en servir à cet usage. Il y a des ouvriers qui emmanchent cet outil dans un manche semblable à celui d'une lime.
S. f. petit fétu de bois sec et blanc, de roseau, de chenevotte, de sapin, soufré par les deux bouts, servant à allumer la chandelle, et vendu par les Grainetiers et les Fruitières. Les allumettes paient d'entrée deux sols le cent, et un sol de sortie.
S. f. c'est la manière de marcher des bêtes. Ce mot s'applique, en Morale, à la conduite, et se prend en mauvaise part.
S. f. on appelle ainsi une petite barque dont se servent les Noirs de la côte d'Afrique ; elle est longue d'environ vingt pieds, et faite pour l'ordinaire d'écorce d'arbre.

C'est aussi un bâtiment dont on se sert dans l'Inde, qui a 80 pieds de long sur six à sept pieds de large. Il ressemble à une navette, à la réserve de son arrière qui est carré.

est le nom d'un calife des Sarrasins, le septième de la race des Abbassides, à qui nous avons l'obligation de la première mesure de la terre qui ait été faite depuis l'ère chrétienne.

sub. m. pl. peuples qui habitent les environs du mont Atlas.
peuples de l'Amérique dans la nouvelle France, le long de la rivière de Chovacouet.
ARISFASGO, c'est dans quelques ports de l'Amérique espagnole, et surtout à Buenos-Ayres, un droit de deux et demi pour cent, levé pour le roi d'Espagne sur les peaux de taureaux qu'on charge pour l'Europe. Ce droit est sans préjudice de celui de quint ou des quatre réaux par cuir.
adj. on se sert de ce mot en Pharmacie, pour exprimer toutes les préparations dont l'aloès fait la base ou le principal ingrédient. (N)
ou sans raison, nom que les Egyptiens donnaient à Thyphon. Voyez THYPHON.
aloe palustris, plante qui a la feuille de l'aloès, seulement un peu plus courte et plus étroite, bordée d'épines, et chargée de gousses semblables à des pattes d'écrevisse, qui s'ouvrent et poussent des fleurs blanches à deux ou trois feuilles, qui reviennent assez à celles de l'espèce de nénuphar appelé morsus ranae, et qui portent de petites étamines jaunes. Sa racine est longue, ronde, composée de fibres blanches, et tend droit au fond de l'eau, où elle parvient rarement. Elle a aussi des fibres obliques. L'aloïdes est vulnéraire.

est une des harpies. Voyez HARPIES.
S. f. maladie de la tête dans laquelle elle est dépouillée de cheveux, en tout ou en partie. La cause de cette maladie est un épaississement du suc nourricier, qui lui ôte la fluidité nécessaire pour pouvoir pénétrer jusqu'au bulbe dans lequel le cheveu est implanté ; ce qui prive le cheveu de sa nourriture, et l'oblige de se séparer de la tête. Cet épaississement a plusieurs causes : dans les enfants, c'est la même que ce qui occasionne les croutes de lait, qui souvent entrainent après elles la chute des cheveux : la petite vérole fait aussi le même effet ; lorsque l'alopécie attaque les adultes et les hommes faits, elle a ordinairement pour cause la vérole, le scorbut : elle est aussi produite par les maux de tête violents et invétérés, par la trop grande application au travail, par les mêmes causes que la maladie hypochondriaque et mélancholique, enfin par des révolutions et des chagrins imprévus. Dans les vieillards, l'alopécie est une suite du raccornissement des fibres.

nom que les Chaldéens donnaient au premier homme.
S. f. poisson de mer, en latin alosa ; on l'a appelé à Bordeaux du nom de coulac : il est fort ressemblant à la sardine pour la tête, l'ouverture de la bouche, les écailles, et pour le nombre et la situation des nageoires : mais l'alose est beaucoup plus grande. Elle est longue et aplatie sur les côtés, de façon que le ventre est saillant dans le milieu, et forme sur la longueur du poisson une ligne tranchante et garnie de pointes comme une scie : la tête est aplatie sur les côtés comme le corps ; le museau est pointu ; la bouche est grande et unie dans l'intérieur sans aucunes dents : il y a quatre ouies de chaque côté ; les écailles sont grandes et minces ; on les arrache aisément : il semble voir des émeraudes briller au-dessus des yeux de chaque côté : la langue est noirâtre ; les mâchoires supérieures sont pendantes ; le ventre et les côtés sont de couleur argentée ; le dos et le dessus de la tête sont d'un blanc jaunâtre. Ce poisson entre au printemps et en été dans les rivières, où il s'engraisse ; c'est pourquoi les aloses que l'on pêche dans l'eau douce sont meilleures à manger que celles que l'on prend dans la mer : la chair de celles-ci a peu de suc ; elle est seche, et on se sent altéré après en avoir mangé. Ces poissons sont toujours plusieurs ensemble ; et on en prend une si grande quantité dans de certains endroits, qu'on n'en fait aucun cas : ils ont tant d'arêtes, qu'on a de la peine à les manger ; au reste leur chair est de très-bon goût quand elle est grasse, et on la digère aisément. Rondelet. Aldrovande. Voyez POISSON. (I)
S. m. gomme qu'on tire du cannelier blanc ; elle est très-odoriférante.
S. m. animal à laine, fort semblable au llamas et aux vigognes, excepté qu'il a les jambes plus courtes et le muffle plus ramassé. C'est au Pérou une bête de charge ; on fait des étoffes, des cordes, et des sacs de sa laine. On la mélange avec celle de vigogne : cette dernière ne vient guère du Pérou en Espagne sans en être fourrée.
plante indienne dont le tronc est divisé en deux ou trois tiges, et couvert d'une écorce verte et cendrée, sans odeur, et d'un goût acide astringent ; le bois de la branche est blanchâtre, partagé par des nœuds, plein d'une moelle verte ; la racine longue, rouge, composée d'un grand nombre de filets capillaires qui s'étendent en tout sens ; la feuille oblongue, étroite, pointue par le bout, d'un verd foncé en-dessous, d'un verd pâle en-dessus, avec beaucoup de côtes, de fibres, de veines ; attachée à un pédicule court, fort et plat en-dessus, desagréable à l'odorat et acre au goût ; la fleur pourpre foncé, sans odeur, placée sur un pédicule faible et rond, par deux ou trois, à trois feuilles assez larges, pointues par le bout, et couvertes en-dedans d'un duvet blanc ; les étamines, au nombre de trois, rouges, oblongues et se croisant ; et la cosse qui succede à la fleur, pointue, ronde, pleine d'une pulpe charnue et sans aucune semence, au moins qu'on puisse discerner.

ce sont des sortes de souliers qui se font avec le chanvre. On prend le chanvre quand il est prêt à être filé, on le tord avec les machines du Cordier ; on le natte à deux brins ; on coud cette natte en la reployant sans cesse sur elle-même, plus ou moins, selon que la largeur de l'empeigne et des quartiers le demande ; elle forme tout le dessus du soulier. Le Cordonnier ajuste la semelle à ce dessus, comme s'il était de cuir, et l'alpargate est faite. Il y a des alpargates d'hiver et d'été. Celles d'été sont d'une natte extrêmement légère et fine. Celles d'hiver sont d'une natte plus épaisse et plus large, et cette natte est encore soutenue en-dessous par une fourrure ou piqûre de laine ou de coton. Le Cordonnier a soin d'en ajuster une pareille sur la semelle en-dedans ; ce qui rend cette chaussure extrêmement chaude. On y a les pieds comme dans un manchon.
hautes montagnes d'Europe, qui séparent l'Italie de la France et de l'Allemagne. Elles commencent du côté de France vers la côte de la Méditerranée près de Monaco, entre l'état de Genes et le comté de Nice, et finissent au golfe de Carnero, partie du golfe de Venise.
S. m. les confiseurs appellent ainsi le sucre d'orge blanc ou tors. Pour le faire, ils font cuire du sucre ordinaire ; ils l'écument bien : quand il est pur et cuit à se casser, ils le jettent sur un marbre frotté d'un peu d'huile d'amande douce. Ils peuvent le falsifier avec l'amydon, &, selon toute apparence, ils n'y manquent pas. Cependant ils lui donnent le nom d'alphaenix pour le faire valoir. Voyez SUCRE.
fleuve d'Elide : on croyait qu'il traversait la mer, et se rendait ensuite en Sicile auprès de la fontaine Aréthuse ; opinion fondée sur ce que l'on retrouvait, à ce qu'on croyait, dans l île d'Ortygie, ce que l'on jetait dans l'Alphée : mais ce phénomene n'est fondé que sur une ressemblance de mots, et que sur une ignorance de langue ; sur ce que l'Aréthuse étant environnée de saules, les Siciliens l'appelèrent Alphaga : les Grecs qui vinrent longtemps après en Sicile, y trouvèrent ce nom qu'ils prirent aisément pour celui d'Alphée ; et puis voilà un article de Mythologie payenne tout préparé : un Poète n'a plus qu'à faire le conte des amours du fleuve et de la fontaine, et le Paganisme aura deux dieux de plus : l'aventure de quelque enfant exposé dans ces lieux, multipliera bientôt les autels ; car qui empêchera un Poète d'attribuer cet enfant au dieu et à la fontaine, qui par ce moyen ne se seront pas cherchés de si loin à propos de rien ?
préparation alimentaire faite de la farine d'orge pelé et grillé, ou plus généralement de la farine de quelque grain que ce soit : on conjecture que les anciens étendaient sur le plancher, de distance en distance, leur orge en petits tas, pour le faire mieux sécher quand il était humide, et que l'alphita est la farine même de l'orge qui n'a point été seché de cette manière. L'alphita des Grecs était aussi le pôlenta des Latins. La farine de l'orge détrempée et cuite avec l'eau ou quelqu'autre liqueur, comme le vin, le mout, l'hydromel, etc. était la nourriture du peuple et du soldat. Hippocrate ordonnait souvent à ses malades l'alphita sans sel.
S. f. divination qui se faisait par le moyen de quelque mets en général, si l’on tire ce mot du Grec ἄλφιτα, les vivres ; ou par celui de l’orge en particulier, si on le fait venir d’ἄλφιτον, farine d’orge, et de μαντεία, divination.

On croit qu'elle consistait à faire manger à ceux de qui on voulait tirer l'aveu de quelque crime incertain, un morceau de pain ou de gâteau d'orge : s'ils l'avalaient sans peine, ils étaient déclarés innocens, sinon on les tenait pour coupables. Tel est du moins l'exemple qu'en donne Delrio qui dit l'avoir tiré d'un ancien manuscrit de S. Laurent de Liege, qui porte : Cùm in servis suspicio furti habetur, ad sacerdotem ducuntur, qui crustam panis carmine infectam dat singulis, quae cùm haeserit gutturi, manifesti furti reum asserit.

S. m. c'est le nom d'un instrument de Chirurgie dont on se sert pour tirer les balles du corps.

Il a été ainsi appelé du nom de son inventeur Alphonse Ferrier, Médecin de Naples. Il consiste en trois branches jointes ensemble par le moyen d'un anneau.

tables Alphonsines. On appelle ainsi des tables astronomiques dressées par ordre d'Alphonse, roi de Castille, et auxquelles on a cru que ce prince lui-même avait travaillé. Voyez ASTRONOMIE et TABLE. (O)
S. f. alpina, genre de plante ainsi appelée du nom de Prosper Alpin, Médecin Botaniste, mort en 1616. Les plantes de ce genre ont une fleur monopétale, irrégulière, tubulée, faite en forme de masque, découpée en trois parties, ayant un pistil dont la partie antérieure est creuse et ailée, et la partie postérieure est terminée par un anneau à-travers lequel passe le pistil de la fleur. Le calice devient dans la suite un fruit oval, charnu, divisé en trois parties qui s'étendent depuis le sommet jusqu'à la base. Ce fruit est rempli de semences qui tiennent au placenta par de petits filaments. Plumier, nova plantarum genera. Voyez PLANTE. (I)
Phalaris. Cette plante porte un gros épi composé d'un amas écailleux de gousses pleines de semences : deux de ces gousses surtout ressemblent à des écailles, et contiennent dans leurs cavités, car elles sont creuses et carinées, chacune une semence enveloppée de sa cosse. Elle croit aux îles Canaries, en Toscane parmi le blé, en Languedoc, aux environs de Marseille. Les anciens en recommandent la semence, le suc, et les feuilles comme un excellent remède interne contre les douleurs de la vessie.

espèce de plomb minéral très-pesant, facile à pulvériser, mais difficile à fondre. Quand on le casse, on lui remarque une écaille blanche, luisante, cependant d'un oeil noirâtre, du reste assez semblable à l'aiguille de l'antimoine. Ce plomb vient d'Angleterre en saumons de différentes grosseurs et pesanteurs. Plus il est gras, lourd, et liant, meilleur il est.
S. f. c'est ainsi que les anciens Germains appelaient certaines petites figures de bois dont ils faisaient leurs lares, ou ces dieux qu'ils avaient chargés du soin des maisons et des personnes, et qui s'en acquittaient si mal. C'était pourtant une de leurs plus générales et plus anciennes superstitions. Ils avaient deux de ces petites figures d'un pied ou demi-pié de hauteur ; ils représentaient des sorcières, rarement des sorciers ; ces sorcières de bois, tenaient, selon eux, la fortune des hommes dans leurs mains. On les faisait d'une racine dure ; on donnait la préférence à celle de mandragore. On les habillait proprement. On les couchait mollement dans de petits coffrets. On les lavait toutes les semaines avec du vin et de l'eau. On leur servait à chaque repas à boire et à manger, de peur qu'elles ne se missent à crier comme des enfants qui ont besoin. Elles étaient renfermées dans un lieu secret. On ne les tirait de leur sanctuaire que pour les consulter. Il n'y avait ni infortune, ni danger, ni maladies à craindre, pour qui possédait une alrune : mais elles avaient bien d'autres vertus. Elles prédisaient l'avenir par des mouvements de tête, et même quelquefois d'une manière bien plus intelligible. N'est-ce pas là le comble de l'extravagance ? a-t-on l'idée d'une superstition plus étrange, et n'était-ce pas assez pour la honte du genre humain qu'elle eut été ? Fallait-il encore qu'elle se fût perpétuée jusqu'à nos jours ? On dit que la folie des alrunes subsiste encore parmi le peuple de la basse Allemagne, chez les Danois, et chez les Suédais.
ile de Danemarck dans la mer Baltique, auprès d'Apenrade et de Fléensbourg.
plante dont il y a trois espèces ; sa racine est composée de fibres blanches, qui partent des nœuds inférieurs de la tige, et s'étendent en rond ; sa tige est pleine de cellules membraneuses, qui vont du centre à la circonférence, et qui sont formées par de petites feuilles. Elle est cannelée dans toute sa longueur ; la partie qui sort de l'eau est pâle ; le reste est rougeâtre ; ses nœuds sont à deux lignes de distance les uns des autres ; il en part des feuilles au nombre de 8, 10, et 12, à compter avant que la tige soit hors de l'eau ; ces feuilles sont disposées circulairement ; elles n'ont qu'environ une ligne de largeur à la base, sur 8 ou 10 lignes de long : celles qui sont hors de l'eau sont plus larges et plus courtes que les autres. De leurs aisselles partent des fleurs à quatre feuilles blanches rangées en rond, d'environ une ligne et demie de large, le pistil en est rond ; elles sont opposées aux divisions d'un calice découpé en quatre parties : ses étamines sont courtes, au nombre de quatre et à sommets blancs ; le pistil dégénere en une capsule plate, ronde, divisée par côtes de melon, avec un nombril sur le devant. Il s'ouvre en quatre parties, et laisse échapper un grand nombre de semences oblongues. Cette plante fleurit en Juillet et en Aout.