Pathologie

S. m. (Pathologie) decrementum, . Les Médecins appellent de ces noms le temps de la maladie auquel, comme dit très-bien Aètius, l. V. tout ce qui établit cet état contre nature, se fait d'une manière opposée à ce qui se faisait dans le temps de l'augment ou accroissement ; car tous les symptômes diminuent dans le déclin. Le malade, quoique souvent très-affoibli par la violence du mal, commence cependant à le supporter plus facilement, et tout ce qui restait de la santé augmente sensiblement.

S. f. (Pathologie) haemorrhagia. Ce terme emprunté des Grecs, est employé dans sa signification propre, pour exprimer une effusion de sang hors de ses vaisseaux et de la partie qu'ils composent, qui se fait d'une manière sensible et assez considérable.

Le mot parait être dérivé, : il a le même sens, selon Galien, dans ses Oeuvres sur Hippocrate, que , sortir, jaillir abondamment et avec assez de force ; car lorsque le sang sort de quelque partie avec lenteur et en petite quantité, c'est ce qu'Hippocrate appelle , ou : néanmoins Galien avertit que lorsque l'on trouve dans Hippocrate le mot hémorrhagie sans adjectif, pour déterminer de quelle partie le sang s'écoule, il doit alors ne s'entendre que de l'éruption de ce fluide par les narines ; mais on a le plus communément employé le mot hémorrhagie, comme un terme générique, pour signifier toute sorte de flux-de-sang qui se fait immédiatement hors du corps, de la manière qui vient d'être exposée dans la définition. Cest sous cette acception qu'il va être traité de l'hémorrhagie dans cet article : au surplus, on peut consulter les définitions médicales de Gorrée, où l'on trouvera discuté tout ce qui a rapport aux différentes significations de ce mot.

(Pathologie) , mot dérivé du grec ; il est formé de , qui signifie propre, et , passion, affection, maladie ; c'est comme si on disait maladie propre ; son sens est parfaitement conforme à son étymologie ; on l'ajoute comme épithète aux maladies dont la cause est propre à la partie où l'on observe le principal symptôme. Il ne faut qu'un exemple pour éclaircir ceci ; on appelle une phrénésie idiopathique lorsque la cause, le dérangement qui excite la phrénésie, est dans le cerveau ; ces maladies sont par-là opposées à celles qu'on nomme sympathiques, qui sont entrainées par une espèce de sympathie de rapport qu'il y a entre les différentes parties ; ainsi un délire phrénétique occasionné par la douleur vive d'un panaris, par l'inflammation du diaphragme, est censé sympathique ; l'affection se communique dans ce dernier cas par les nerfs ; on voit par-là qu'idiopathique ne doit point être confondu avec essentiel, et qu'il n'est point opposé à symptomatique, la même maladie pouvant être en même-temps symptomatique et idiopathique. Article de M. MENURET.
ou MANUSTUPRATION. (Médecine, Pathologie) Ce nom et ses synonymes mastupration et masturtion, sont composés de deux mots latins manus, qui signifie main, et stupratio ou stuprum, violement, pollution. Ainsi suivant leur étymologie, ils désignent une pollution opérée par la main, c'est-à-dire, une excrétion forcée de semence déterminée par des attouchements, titillations et frottements impropres. Un auteur anglais l'a aussi désignée sous le titre d'onania dérivé d'Onam, nom d'un des fils de Juda, dont il est fait mention dans l'ancien Testament (Genes. cap. xxxviij. vers. ix. et x.) dans une espèce de traité ou plutôt une bizarre collection d'observations de Médecine, de réflexions morales, et de décisions théologiques sur cette matière. M. Tissot c'est aussi servi, à son imitation, du mot d'onanisme dans la traduction d'une excellente dissertation qu'il avait composée sur les maladies qui sont une suite de la manustupration, et dont nous avons tiré beaucoup pour cet article.

(Médecine, Pathologie) partie de la Pathologie, qui comme son nom l'indique, est particulièrement employée à disserter sur la maladie en général, abstraction faite des symptômes et des causes. Voyez PATHOLOGIE. Ce mot est formé de deux mots grecs, maladie et discours. On ne peut connaitre et classer les maladies que par les symptômes ; le genre de connaissance qu'on acquiert par les causes, est toujours incertain, parce qu'il est fondé sur les raisonnements qui varient autant qu'il y a d'êtres raisonneurs. Nous croyons donc qu'on doit confondre la nosologie avec la symptomatologie. Voyez ce mot et PATHOLOGIE ; et dans la division des maladies éviter de tirer ses signes caractéristiques de la cause, du siege, de la durée, du nom, des sujets, etc. qui peuvent changer, sans que la maladie cesse d'être la même, pour n'avoir égard qu'au concours, à la multiplicité, à l'ordre et à la marche des symptômes ; semblables au naturaliste qui se tromperait grossièrement, s'il voulait fonder un système et des classes de Botanique sur la texture intime des plantes, qu'on ne découvre qu'à l'aide d'un microscope, et que souvent on imagine, sur le lieu, le pays de leur naissance, sur leur durée plus ou moins longue, etc. Il ne peut proposer une méthode solide et facile à saisir que sur la forme apparente des fruits, des fleurs ou des feuilles ; l'aspect varié et constant des phénomènes ou symptômes frappe seul les yeux du nosologiste, il ne voit que rarement la partie qu'on croit le siege du mal, et les causes éloignées, et jamais la cause prochaîne. C'est en suivant la marche que Newton indique au physicien, en passant de l'analyse à la synthèse, en remontant des effets connus par l'observation aux causes, en pénétrant des choses connues aux inconnues, des faits constatés à ceux qui sont incertains, qu'on vient à bout de former et d'affermir la chaîne des connaissances humaines.