v. act. (Agriculture) c'est faire passer la herse à plusieurs reprises, sur une terre semée, ou seulement labourée. Beaucoup de laboureurs n'emplaient la herse qu'à recouvrir la semence lorsqu'on ne l'enterre pas par un leger labour ; mais on ne peut trop en multiplier l'usage. Cette opération divise les grosses mottes retournées par la charrue, et rend la terre plus féconde en l'atténuant. Le labour ne remplit parfaitement son objet qu'autant qu'il est suivi du herser. Il faut donc herser la terre autant de fois qu'on la laboure. Dans toutes les terres moyennes cette pratique est très-utile ; et elle est nécessaire dans les terres fortes et argilleuses. On n'en peut excepter que les sables.

Ce n'est pas immédiatement après le labour que le herser est avantageux. On doit laisser passer quelques jours. Si la terre a été labourée dans un temps très-sec, il faut attendre qu'une pluie l'ait un peu trempée et attendrie ; mais que le temps soit actuellement sec. Si le labour a été fait dans un temps humide, il faut que la terre soit ressuyée, un peu hâlée ; mais sans être durcie. Outre qu'en passant à plusieurs reprises et en tout sens, la herse atténue les mottes, elle acheve de déraciner les herbes que la charrue n'avait pas entièrement détruites. Le hâle empêche ces herbes de reprendre racine. On se sert presque toujours de herses qui ont des dents de bois, et elles suffisent aux usages ordinaires. Mais lorsqu'une terre, immédiatement après avoir été semée, est battue par une pluie forte, on est contraint quelquefois d'avoir recours à des herses dont les dents soient de fer. Qu'on ne craigne pas alors de déraciner une partie du grain qui est levé. On n'a rien à attendre dans une terre battue et scellée, et il n'y a de ressource que dans cette espèce de labour superficiel, qui est un bienfait de la herse. Mais dans ce cas-là, il faut choisir un temps couvert et légérement humide, pour ne pas exposer au hâle les racines du grain que l'on veut conserver. Voyez JONCHERE, LABOUR, SEMER, etc.