Agriculture

ou HAYE, s. f. (Agriculture) c'est une longueur de plants servant de clôture à un jardin ou à un champ, laquelle est plantée d'épines blanches, de charmes, d'ormes, de ronces et de brossailles.

On dit une haie vive, une haie morte, une haie d'appui ; la haie d'appui a pris ce nom de sa hauteur, la haie vive, de sa nature qui est de plantes ayant racines et vivaces ; la haie morte, des échalats, fagots, ou branches seches dont elle est faite.

HAIE, ou plutôt HAYE, (Droit franç. coutumier) les haies sont quelquefois un sujet de disputes, que les Lois ont de la peine à prévenir, ou à régler. Suivant le Droit coutumier de France, ceux qui plantent une haie, doivent laisser un espace entre la haie et le fond voisin : si elle est vive, la distance doit être d'un pied et demi : si elle est de bois mort, on peut l'établir sur l'extrémité du fonds, sans laisser aucun vuide ; parce que semblable clôture ne saurait préjudicier au fonds voisin. Ce n'est donc qu'à l'égard de la haie vive, qu'il survient des contestations de propriété ; par exemple, lorsque deux voisins reclament chacun la haie, et que le juge ignore à qui elle doit appartenir ; en ce cas, le sentiment de Coquille, dans ses quest. chap. cxlviij. est que s'il y a un fossé du côté de la haie, elle doit appartenir au propriétaire du fonds qui est au-delà du fossé et de la haie : dans le doute, ajoute-t-il, on doit juger de la propriété de la haie par la qualité et par la nature des héritages qui sont aux deux côtés ; car si elle est entre une terre que l'on seme et une vigne, la présomption sera qu'elle appartient au propriétaire de la vigne, à qui la clôture est plus nécessaire qu'à la terre. Il en est de même d'une haie plantée entre une terre et un pré, le pré étant exposé à la pâture du bétail, s'il n'est pas clos. Laisel, dans ses Institutions coutumières, liv. II. tit. iij. art. 8. a décidé de même que Coquille. Aubert, addit. à Richelet. (D.J.)

S. m. (Agriculture) l'action de herser. Voyez les articles HERSE et HERSER.
v. act. (Agriculture) c'est faire passer la herse à plusieurs reprises, sur une terre semée, ou seulement labourée. Beaucoup de laboureurs n'emplaient la herse qu'à recouvrir la semence lorsqu'on ne l'enterre pas par un leger labour ; mais on ne peut trop en multiplier l'usage. Cette opération divise les grosses mottes retournées par la charrue, et rend la terre plus féconde en l'atténuant. Le labour ne remplit parfaitement son objet qu'autant qu'il est suivi du herser. Il faut donc herser la terre autant de fois qu'on la laboure. Dans toutes les terres moyennes cette pratique est très-utile ; et elle est nécessaire dans les terres fortes et argilleuses. On n'en peut excepter que les sables.

S. f. (Agriculture) c'est une terre labourable, sur laquelle on ne seme rien pendant une année, et que cependant on cultive pour la disposer à produire du blé.

Les spéculateurs en agriculture ont beaucoup raisonné pour et contre ce repos périodique, qui de trois années parait en faire perdre une. L'usage constant de cette méthode dans beaucoup de pays est une présomption qu'elle est appuyée sur des raisons très-fortes ; et le succès d'une culture différente dans d'autres lieux est une preuve que cette année de repos n'est pas par-tout d'une indispensable nécessité.

v. act. (Agriculture) c'est donner à un champ le premier labour.