(Thérapeutique) synonyme de détersif. Voyez DETERSIF.

MONDIFICATIF D'ACHE, (Pharmacie et Matière médicale externe) onguent. Prenez des feuilles récentes d'ache une livre, des feuilles de tabac, de grande joubarbe, de chacune demi-livre, des feuilles de morelle, d'absinthe, d'aigremoine, de bétoine, de grande chélidoine, de marrube, de millefeuille, de pimprenelle, de plantin, de brunelle, de pervanche, de somnite, de mouron, de petite centaurée, de chamarras, de véronique, de chacun deux onces ; de racine récente d'aristoloche, clematite, de souchet long, d'iris nostras, de grande scrophulaire, de chacun deux onces ; d'aloès, myrrhe, de chacun une once ; d'huile d'olive quatre livres, de cire jaune douze onces, de suif demi-livre, de poix-résine et de térébenthine de chacun cinq onces. Faites fondre le suif dans l'huile, ensuite jetez dedans les racines et les herbes pilées ; cuisez en remuant souvent jusqu'à ce que l'humidité des plantes soit presque consommée ; passez et exprimez fortement. La liqueur passée et exprimée ayant déposé toutes ses feces, ajoutez-y la cire, la résine et la térébenthine ; passez une seconde fais, et la matière étant à demi refroidie, ajoutez-y l'aloès et la myrrhe mises en poudre.

Cet onguent est recommandé pour nettoyer et pour cicatriser les plaies et les ulcères. Il n'est pas d'un usage fort commun, et l'on peut avancer que sa composition est très-mal entendue, puisque la plus grande partie des plantes qui y sont employées ne fournissent à l'huile dans laquelle on les fait bouillir, que leur partie colorante verte, et que leurs principes vraiment médicamenteux ou ne se dissolvent pas dans l'huile, ou sont dissipés par l'ébullition : d'où il s'ensuit que même celles de ces plantes qui sont vraiment vulnéraires et détersives ne communiquent aucune vertu à cet onguent. L'onguent mondificatif réformé de Lemeri ne vaut pas mieux que celui dont nous venons de donner la description d'après la Pharmacopée de Paris. Le changement de Lemeri, qui consiste à employer l'ache en plus grande quantité est surtout, on ne peut pas plus frivole ; car quoique ce soit cette plante qui donne le nom à l'onguent, elle est précisément du nombre de celles qui ne lui communiquent aucunes vertus. Au reste, il parait qu'on s'est dirigé d'après cette réforme de Lemeri dans la dispensation de cet onguent, qui est du reste dans la pharmacopée de Paris, et que nous venons de rapporter ; car l'ache y entre en une proportion plus considérable encore que dans le mondificatif d'ache réformé de Lemeri ; mais cette observation sur les ingrédiens inutilement, ou pour mieux dire puérilement employés dans cet onguent célèbre, convient à presque tous les onguents, les emplâtres, et les huiles dans la composition desquels entrent des végétaux. Voyez HUILE PAR INFUSION et DECOCTION sous le mot, HUILE, EMPLATRE et ONGUENT. (b)