Médecine pratique

(Médecine pratique) espèce d'affection soporeuse, que les anciens ont subdivisée en coma vigil, et en coma somnolentum. Les autres affections du même genre, que l'exactitude de l'école a érigées en autant de maladies distinctes, et dont on nous a donné des histoires et des traitements particuliers, sont le larus, la léthargie, l'apoplexie : mais il vaut beaucoup mieux, avec les médecins exacts, ne les regarder que comme les différents degrés d'une même maladie, du sommeil contre nature. Voyez SOPOREUSE (AFFECTION). (b)

S. f. (Médecine pratique) espèce de délire phrénétique, qui a quelques symptômes particuliers, et dont on croit que la cause est aux environs du diaphragme, , d'où lui est venu son nom. Voyez PHRENESIE. L'affection du diaphragme qui passe pour occasionner le plus ordinairement la paraphrénésie, est l'inflammation de ce viscère ; aussi compte-t-on parmi les symptômes qui caractérisent cette phrénésie sympathique, une chaleur vive et une douleur aiguë, rapportées au-bas de la poitrine : à ces signes, on joint, outre un délire violent et continuel, une respiration très-difficile, laborieuse, petite et fréquente, un rire inconsidéré, tumultueux, convulsif, une toux opiniâtre, un hoquet presque continuel, une palpitation très-sensible aux hypocondres, qui sont en même-temps rentrés, et comme repliés en-dedans ; la douleur de tête est moins forte, les yeux moins étincelans, moins hagards, moins furieux, et le visage moins rouge que dans la phrénésie idiopathique, dont le siege est dans la partie même, où se font apercevoir les principaux symptômes.

S. m. (Médecine pratique) ce mot désigne une maladie dont le caractère distinctif est un dégoût extrême pour les bons aliments, et un appétit violent pour des choses absurdes, nuisibles, nullement alimenteuses. Les étymologistes prétendent qu'on lui a donné ce nom qui dans le sens naturel signifie pie, parce que comme cet oiseau est fort varié dans ses paroles et son plumage, de même l'appétit dépravé de cette espèce de malade s'étend à plusieurs différentes choses, et se diversifie à l'infini ; n'aurait on pas pu trouver un rapport plus sensible et plus frappant entre cet oiseau remarquable par son babil, et les personnes du sexe, qui sont les sujets ordinaires de cette maladie ? est-ce un pareil rapport qui aurait autorisé cette dénomination ? ou plutôt ne serait-ce pas parce que la pie, comme l'ont écrit quelques naturalistes, se plait à manger des petites boules de terre ? On voit aussi que le mot grec, par lequel on exprime cette maladie, , ou, suivant le dialecte attique, , est le nom de la pie ; quelques auteurs, comme il s'en trouve souvent, préférant aux explications naturelles les sens les plus recherchés, ont tâché de trouver au mot une autre étymologie, ils l'ont dérivé de , qui veut dire lierre, établissant la comparaison entre la maladie dont il s'agit et cette plante parasite, sur le nombre et la variété des circonvolutions et détours qu'elle fait à l'aide des autres corps qui lui servent d'appui : quoi qu'il en soit de la justesse de ces étymologies et de ces commentaires, laissons cette discussion de mots pour passer à l'examen des choses.

(Médecine pratique) c'est une maladie, dont le principal symptôme et celui de qui elle tire son nom est un entrelacement indissoluble des cheveux ; le mot plica est latin, il signifie entrelacement ; on ajoute communément, même en français, l'épithète latine polonica, parce que cette maladie est très-familière aux Polonais, et presque endémique dans leur pays ; ils l'appellent gozdziec, gwozdziec ou kolium.

La figure que prennent les cheveux en s'entrelaçant, et le plus ou moins d'étendue de cet entrelacement, ont donné lieu à une distinction assez futile du plica en mâle et femelle ; le plica mâle consiste dans des espèces de cordons fort serrés, fermes, en forme de spirale, par les différents contours de cheveux, et qui pendent le long du dos. Dans le plica femelle tous les cheveux dressés, repliés et entrelacés, couvrent entièrement la tête comme un chapeau ; ils présentent par-là un spectacle horrible et dégoutant. Quoique cette maladie puisse être regardée comme propre aux cheveux, on l'a quelquefois observé affecter le poil qui couvre les autres parties du corps. M. Jean Paterson Hain a inseré dans les mémoires des curieux de la nature, ann. 3. observ. 221. l'observation curieuse d'une femme qui avait les poils du pubis d'une aune et demie de long et affectés d'un plica considérable ; elle était obligée de les rouler autour de sa cuisse pour empêcher qu'ils ne trainassent par terre. Sennert prétend que cette maladie n'est pas particulière aux hommes, et qu'elle attaque aussi les animaux, et surtout les chevaux ; il raconte qu'un officier mena de Hongrie à Dresde, un cheval qui portait un plica au col qui lui pendait jusqu'aux pieds.

S. m. (Médecine pratique) priapismus, ; maladie dont le nom indique d'avance le siege et le caractère. Il est dérivé de Priape, ce vil tronc de figuier que quelques poètes lascifs avaient divinisé, et qu'ils représentaient sous la figure d'un homme avec une verge d'une grosseur demesurée pour symbole de son empire ; c'est la partie de l'homme qui est soumise à la domination de cet infâme dieu, qui est attaquée dans le priapisme ; elle est aussi presque toujours allongée et grossie, en un mot dans une violente érection ; mais cette érection est convulsive, accompagnée quelquefois d'une douleur vive rapportée près du pubis, vers l'origine des corps caverneux ; elle n'est point excitée par des désirs voluptueux, et n'en excite point ; le malade dans cette situation n'est point porté à l'acte vénérien ; cet appétit est éteint chez lui, quoique les parties soient très-disposées à le satisfaire. C'est manifestement un état contre nature, qui est bien distingué par-là du satyriasis ou salacité immodérée, qui consiste dans une espèce de fureur vénérienne insatiable, avec érection constante et démangeaison agréable, qui se soutiennent longtemps quoiqu'on assouvisse cette ardente passion, et qui exigent même qu'on réitère souvent les sacrifices. Voyez SATYRIASIS.