Médecine & Chirurgie

S. f. (Chirurgie, Médecine, Morale, Politique) ce nom synonyme d'insertion, a prévalu pour désigner l'opération par laquelle on communique artificiellement la petite vérole, dans la vue de prévenir le danger et les ravages de cette maladie contractée naturellement.

Histoire de l 'inoculation jusqu'en 1759. On ignore l'origine de cet usage, dont les premiers médecins arabes sont peut-être les inventeurs. Il subsiste, de temps immémorial, dans les pays voisins de la mer Caspienne, et particulièrement en Circassie, d'où les Turcs et les Persans tirent leurs plus belles esclaves. La Motraye, voyageur français, l'y a vu pratiquer en 1712. C'est de-là vraisemblablement que cette coutume a passé en Grèce, en Morée et en Dalmatie, où elle a plus de 200 ans d'ancienneté. Son époque n'a point de terme fixe en Afrique, sur les côtes de Barbarie, sur celles du Sénégal, ni dans l'intérieur du continent, non plus qu'en Asie, en divers endroits de l'Inde, particulièrement à Bengale, enfin à la Chine, où elle a reçu une forme particulière. Elle a été anciennement connue dans quelques parties occidentales de l'Europe, surtout dans la principauté de Galles en Angleterre ; le docteur Schwenke l'a trouvée établie parmi le peuple en 1712, dans le comté de Meurs et le duché de Clèves en Westphalie. Bartholin en parle dans une lettre imprimée à Copenhague en 1673. On en trouve des vestiges dans quelques provinces de France, et particulièrement en Périgord.

(Histoire naturelle, Médecine et Chirurgie) c'est le nom que les Japonais donnent à une espèce de duvet fort doux au toucher, d'un gris de cendre, et semblable à de la filasse de lin. On le compose de feuilles d'armoise pilées, dont on sépare les fibres dures et les parties les plus épaisses et les plus rudes. Cette matière étant seche, prend aisément le feu, mais elle se consume lentement, sans produire de flamme et sans causer une brulure fort douloureuse. Il en part une fumée légère d'une odeur assez agréable. Lorsqu'il s'agit d'appliquer le moxa, on prend une petite quantité de cette filasse que l'on roule entre les doigts, pour lui donner la forme d'un cône d'environ un pouce de hauteur. On applique ce cône par sa base, après l'avoir humecté d'un peu de salive sur la partie que l'on veut cautériser, pour qu'il s'y attache plus aisément ; après quoi l'on met le feu au sommet du cône qui se consume peu-à-peu, et finit par faire une brulure légère à la peau, qui ne cause point une douleur considérable. Quand un de ces cônes est consumé, on en applique un second, un troisième, et même jusqu'à dix et vingt, suivant l'exigence des cas et suivant les forces du malade. Les Japonais nomment tensasi ou tâteurs, ceux dont le métier est d'appliquer le moxa, parce qu'ils tâtent le corps des malades avant l'opération, pour savoir la partie sur laquelle il faut faire la brulure ; cette connaissance dépend de l'expérience de l'opérateur. Dans les maux d'estomac on brule les épaules ; dans les pleurésies on applique le moxa sur les vertèbres du dos ; dans les maux de dents on l'applique sur le muscle adducteur du pouce. C'est surtout le long du dos que l'on fait cette opération ; celui qui doit la souffrir, s'assied à terre, les jambes croisées, le visage appuyé sur les mains : cette posture est estimée la plus propre à faire découvrir la situation des nerfs, des muscles, des veines et des artères, qu'il est très-important d'éviter de bruler.