S. m. (Anatomie et Physiologie) membrane très-fine qui revêt les os ; elle est d'un tissu fort serré, parsemée d'une infinité d'artères, de veines et de nerfs qui la rendent d'un sentiment très-exquis. Développons la structure du périoste, c'est un beau sujet d'Anatomie physiologique.

Le périoste enveloppe non seulement les parties convexes des os, mais il porte encore des vaisseaux artériels dans leurs cellules et dans leur moèlle, et est parsemé d'un nombre incroyable de vaisseaux veineux, tant grands que petits. On sait que Clopton Havers a démontré, dans son Ostéologie, que tous les os du corps humain sont couverts d'une membrane très-déliée, extrêmement fine, et composée de différents lits de fibres placées les unes sur les autres sans s'entrelacer ; ces fibres sont parallèles les unes aux autres, et dans la même direction que la longueur de l'os.

Cette membrane est plus épaisse dans de certains endroits que dans d'autres, et parait composée de fibres qui se croisent de différentes manières, mais cela provient des muscles et de leurs tendons, qui s'insèrent dans le périoste avant que de s'unir aux os.

Clopton Havers a remarqué que le périoste qui couvre les os n'existe point dans les lieux où naissent les ligaments qui unissent les os articulés, et que le périoste s'étend sur les ligaments, et passe de cette manière à l'os adjacent : d'où il a conjecturé que ce n'était autre chose qu'une continuation de la même membrane qui, tirant son origine de la dure-mère, couvrait le crâne, s'étendait sur la surface de tous les autres os, et s'adaptait si parfaitement à toutes leurs cavités et à toutes leurs éminences qu'elle couvrait toute leur surface. Quant à la partie des os articulés contenue sous les ligaments qui forment les capsules des articulations, elle est destituée du périoste ; cette membrane s'en sépare, et passe par les ligaments : d'où il s'ensuit que rien n'entre dans les os, ni n'en sort que par le moyen du périoste.

Tous les vaisseaux qui entrent dans les os, tant pour leur nutrition que pour leur accroissement, qui pénètrent dans leurs parties cellulaires, ou qui s'unissent par des trous à la moèlle ramassée dans la cavité qui est au milieu, ou à la partie également éloignée des extrémités, traversent d'abord le périoste. Il en est de même des petites veines qui rapportent le sang, d'où il s'ensuit que cette membrane est d'une nature extrêmement vasculaire, ainsi que Ruysch l'a démontré dans ses Advers. décad. 3. Pl. II. fig. 8.

D'ailleurs le périoste est fortement uni aux os par le moyen des ramifications des vaisseaux qui le traversent pour y entrer, et des veines qui le traversent derechef pour en sortir presqu'à chaque point. Telle est la cause de sa forte adhésion, surtout dans les jeunes gens. Pour les vieillards en qui la plupart de ces vaisseaux sont desséchés, on a remarqué que le périoste ne tenait que faiblement à l'os.

Clopton Havers surpris de l'adhésion de cette membrane avec les os, imagina avant les découvertes de Ruysch, qu'elle n'était jamais plus grande qu'à cet âge, où les os sont mous, et pour ainsi dire glutineux. Il avait d'ailleurs observé que le périoste s'unissait aux os par de petites fibres qui en partaient, et qui pénétraient dans leur substance. Ruysch démontra dans la suite par ses injections, que les fibres de Clopton Havers étaient des petits vaisseaux, qui passaient du périoste dans l'os, en nombre incroyable. Ce ne sont pas les plus grands os seulement qui sont couverts d'un périoste vasculaire, cela leur est commun avec les plus petits os, même avec ceux de l'oreille, quoique d'habiles anatomistes aient assuré le contraire. La cavité intérieure du tympan a son périoste parsemé d'une multitude innombrable de vaisseaux, ainsi que Ruysch l'a démontré par la figure qu'on en trouve dans la neuvième de ses épitres anatomiques.

Les os ont encore un périoste intérieur, qui enduit et couvre les cavités qui contiennent la moèlle, distribue les vaisseaux artériels aux vésicules médullaires, et reçoit un nombre incroyable de vaisseaux veineux, tant grands que petits.

Le périoste interne ne se représente pas aux sens si facilement que le périoste externe : cependant, il n'y a point de doute que cette membrane n'existe, et qu'elle ne soit d'une nature fort tendre, puisque la nature a jugé à-propos de la couvrir d'un os pour la garantir de toutes injures. La dure-mère couvre le crâne, et lui tient lieu de périoste. Mais comme c'est de cette membrane que partent les gaines qui enveloppent les nerfs dès leur origine de la moèlle allongée, et de la moèlle spinale, il était nécessaire que son tissu fût tant soit peu plus épais et plus fort, afin qu'elle put servir à les garantir.

Le périoste interne étant, dans les os creux les plus considérables, mis à l'abri de toute offense, et ne servant qu'à tapisser leur surface intérieure, et à recevoir des vaisseaux, n'avait pas besoin de la même fermeté et de la même force que le périoste extérieur. C'est sa faiblesse extrême qui le rend difficile à découvrir. Il est très-difficile de suivre la continuité de cette membrane dans les os, dont la surface intérieure est entièrement cellulaire, l'irrégularité de la structure et du tissu ne le permet pas.

La même observation n'est pas plus facile vers les extrémités des gros os, où l'union étroite et forte des lames osseuses les rend plus solides, et où ils ont une cavité considérable destinée à contenir la moèlle.

Nous lisons dans les advers. Decad. 3. de Ruysch, que les Anatomistes ont hasardé beaucoup de choses sur la membrane qu'ils supposent servir d'enveloppe à la moèlle. Cet auteur prétend qu'il n'y a aucune membrane commune dans la moèlle soit couverte dans les os, dont les cavités sont pleines d'une substance osseuse et spongieuse, ou osseuse et filamenteuse, ce qui ne serait point surprenant ; car il est évident qu'alors la moèlle n'est pas ramassée dans une seule cavité, mais qu'elle se trouve distribuée dans plusieurs cellules.

Le même auteur décrit encore dans l'endroit que nous venons de citer, une portion de l'os de la cuisse d'un enfant. Il parut dans la cavité de cet os, divisé avec une scie, une membrane mince comme une toile d'araignée, qui enveloppait la moèlle, et qui était parsemée de petites artères. Il est donc évident qu'il y a dans la cavité intérieure des os une membrane mince, telle que le périoste interne. Ce dont il est permis de douter, c'est si cette membrane appartient à la moèlle, ou si elle tapisse l'os en qualité du périoste interne, ou si elle est destinée à l'un et à l'autre emploi.

Si nous examinons avec attention ce que Clopton Havers dit dans son ostéologie nouvelle, de la structure de la moèlle, il nous paraitrait fort vraisemblable que la membrane en question en est distinguée ; car cet auteur avance que la moèlle entière est contenue sous une membrane mince et transparente, qui est en quelques endroits d'une couleur rougeâtre, comme s'il y avait de petits vaisseaux sanguins, qui n'appartenaient point du tout à la membrane qui servait d'enveloppe, et qu'il avait séparée.

On lit dans cet auteur, immédiatement après ce que nous venons de citer, que la membrane dont il s'agit, non-seulement est attachée à l'os par des petites veines, mais s'insinue même dans les pores obliques, dont la surface interne des os est percée. A s'en tenir à cette description, on prononcera sans balancer, que la membrane mince que nous examinons ici, est adhérente à la surface interne des os, et que des vaisseaux forment sous elle une nouvelle membrane qui couvre la moèlle ; et conséquemment que le périoste interne est distingué de la moèlle à laquelle il est contigu.

L'usage de ce périoste interne sera non-seulement de distribuer des vaisseaux artériels dans les vésicules médullaires, et de recevoir à leur retour des vésicules médullaires les vaisseaux veineux ; mais encore de faciliter l'accroissement et la nutrition des os par le moyen de ces vaisseaux qui entrent dans leur substance et en sortent.

Il y a telle maladie des os, qui suffirait peut-être par les phénomènes qu'on y remarque, pour achever de confirmer tout ce que nous venons de dire du périoste interne. Ruysch, thesaur. 10. n. 179. donne la description et la figure d'un cubitus carié et corrodé, dans la cavité duquel il y avait un tuyau osseux, entièrement séparé de la substance extérieure de cet os, et mobile en tout sens. Il est assez vraisemblable que la partie intérieure de l'os, à la nutrition de laquelle sert principalement le périoste interne, ayant été affecté avec ce périoste même, la partie intérieure et tubuleuse de l'os s'est séparée de sa partie extérieure. De-là naissent des inflammations dans le périoste interne, maladies qui passeront à l'os qui est contigu, de même qu'à la moèlle qui est subjacente ; mais c'en est assez sur cette matière. (D.J.)