Chimie

S. f. (Chimie) c'est l'action d'un corps qui en conséquence de la chaleur qu'on lui applique, s'écarte rapidement et avec fracas, et qui est capable de l'imprimer à ceux qu'il rencontre ; ce qu'on appelle explosion : telle est l'action de l'or fulminant, de la poudre fulminante, de la poudre à canon, etc. La fulmination ne diffère donc de la détonation qu'en degré de force ; c'est une détonation portée à l'excès, soit par la nature du corps même qui détonne, soit par sa quantité ou par les obstacles qu'il rencontre ; toutes causes capables de changer l'une en l'autre. Ainsi le mélange qui fait les flux noir et blanc, détonne simplement ; de même que celui qui constitue la poudre à canon, pourvu toutefois que cette poudre soit en petite quantité et à l'air libre. Mais la poudre fulminante et l'or fulminant ne détonnent pas simplement ; en sorte que c'est à juste titre qu'on les a qualifiés de la sorte. Lefèvre a confondu mal-à-propos la fulmination avec la fulguration, outre qu'il en donne une définition fausse dans tous ses points. Voyez OR FULMINANT, POUDRE FULMINANTE, POUDRE A CANON, DETONATION, VAPEURS, EXPANSION. Article de M. DE VILLIERS.

(Chimie) Voyez FULMINATION.
S. f. (Chimie) est l'action par laquelle une vapeur corrode, dissout, ou pénètre un corps métallique dans la cémentation. V. cet art. On la distingue en seche et en humide ; et quelques auteurs, comme Cramer, donnent strictement le nom de fumigation à celle-là, et de vaporation à celle-ci. La fumigation proprement dite ou fumigation seche, est donc l'action d'exposer à une fumée ou vapeur, comme menstrue capable de devenir concrete par elle-même, le corps auquel on veut faire subir quelque changement ; comme quand on stratifie des lames de fer avec des matières contenant du phlogistique (Voyez FER et ACIER, et TREMPE EN PAQUET) ; du cuivre avec de la calamine ou ses produits (Voyez CUIVRE et LAITON) ; du soufre et de l'arsenic au fer et au cuivre. Voyez VAPORATION.

v. n. (Chimie) se dit du phénomene que présente le nitre qu'on détonne sur les charbons ardents, parce qu'il ressemble à-peu-près à l'effet d'une fusée. Il serait cependant bien singulier que ce fût-là l'origine du mot fuser en ce cas, et que ce ne fût pas ce mot au contraire qui nous eut donné celui de fusée ; car celle-ci ne fuse qu'à raison du nitre qui est sa base. Cependant cela ne parait que trop vrai. Voyez NITRE. Article de M. de VILLIERS.
S. m. pl. (Chimie) terme créé par Vanhelmont pour exprimer une vapeur invisible et incoercible qui s'élève de certaines substances, par ex. des corps doux actuellement fermentants, du charbon embrasé, du soufre brulant, du sel ammoniac auquel on applique de l'acide vitriolique ou des substances alkalines, etc. Vanhelmont a compris encore sous le nom de gas les exhalaisons produites dans des souterrains profonds, tels que les galeries des mines, ou sortant de certains creux, grottes, ou fentes de la terre, telles que la grotte du chien ; le prétendu esprit des eaux minérales ; les odeurs fortes et suffocantes ; en un mot toutes les vapeurs sur lesquelles M. Halles a fait les expériences rapportées dans son VI. chapitre de la statique des végétaux, et dans l'appendice qui termine cet ouvrage. Quelques auteurs avaient auparavant appelé ces vapeurs spiritus sylvestres, esprits sauvages.