en terme de Manège, se dit d'un cheval qui a quelque irrégularité dans ses mouvements, pour avoir été estropié à l'épaule, à la jambe, ou au pied ; de sorte qu'en marchant il cherche à ménager la partie offensée, ou n'ose s'en servir qu'avec crainte.

Comme il importe de connaitre ce mal dans ses différentes circonstances, nous en exposerons ici les principales. Si un cheval boite des pieds de devant, c'est un signe que son mal est dans l'épaule, dans les jambes ou dans les pieds ; s'il boite des pieds de derrière, il faut que son mal soit dans la hanche, dans le jarret, ou dans quelqu'autre partie voisine.

1°. On connait que le mal est dans l'épaule lorsque le cheval ne lève point la jambe à l'ordinaire, et qu'il la traine par terre ; ou quand il lève une jambe plus que l'autre, et que son genou parait comme disloqué : à quoi l'on peut ajouter qu'en tournant court, il favorise visiblement la jambe du côté où il est boiteux. De même si le mal est dans l'épaule, il faut qu'il soit ou dans le garrot : ce qu'il fait connaitre en boitant davantage lorsqu'il est monté, que lorsqu'on le mène par la bride, en bronchant beaucoup, et menaçant de mordre quand on le touche ou manie à la partie supérieure de l'épaule : ou bien le mal est dans la partie inférieure qui joint l'os moelleux, et que l'on connait par le mouvement du cheval, qui presse ses pas en bronchant, au point de tomber si l'on appuyait sur cette partie ; ou enfin le mal est dans le coude qui joint l'os moelleux à la jambe ; ce que le cheval fait connaitre en ruant et levant le pied, quand on le pince dans cet endroit.

2°. Si le mal est dans les jambes, il faut qu'il soit ou dans le genou, ou dans la jointure du paturon ; ce que le cheval fait connaitre en refusant de plier l'un ou l'autre, et en les roidissant lorsqu'on le fait marcher : ou le mal est dans le canon ; et pour lors il se manifeste par quelque esquille, suros, molette, ou autre mal visible.

3°. Si le mal est dans le pied, il faut qu'il soit dans la couronne, et qu'il vienne de quelque effort ou détorse ; ce que l'on connait par quelque tumeur ou fracture, ou quand la partie est chaude et brulante au tact : ou bien le mal est dans le talon ; ce qui vient de quelque nerf féru, ou autre accident semblable : en ce cas le mal est toujours visible : et d'ailleurs le cheval le fait connaitre en marchant tout à fait sur la pince : ou bien enfin le mal est dans les quartiers, entre le milieu du sabot et le talon ; ce que le cheval fait connaitre en boitant davantage lorsqu'il est sur une pente, que lorsqu'il marche sur un terrain uni. Cet accident vient quelquefois d'un clou qui a blessé le cheval en le ferrant, et l'on distingue le clou qui blesse en pinçant la tête de chaque clou en même temps que le sabot, avec une paire de tenailles.

Quand un cheval boite des pieds de derrière, si le mal est dans la hanche ou dans l'os de la cuisse, il marchera de côté, et n'avancera pas si bien de la jambe malade que de l'autre ; en tournant court, il favorisera cette jambe malade ; et en marchant sur une pente, il tiendra toujours cette jambe plus haute que l'autre.

Si un cheval a quelque maladie cachée qui l'oblige à boiter quand il travaille, on pourra le découvrir en le faisant courir à la main par un terrain uni, en lui lâchant toute la longueur du licou, et remarquant de quelle manière il pose ses jambes. S'il ne favorise aucune des quatre, il faut continuer à l'éprouver en le maniant rondement jusqu'à ce qu'il soit bien échauffé ; alors il faut le laisser reposer pendant l'espace d'une heure, et le faire courir ensuite de nouveau à la main, en lui lâchant toute la longueur du licou comme auparavant. (V)

BOITEUX, adj. chez les Rubaniers-Tissutiers, se dit lorsqu'un dernier retour n'a pas autant de marches que les autres, comme s'il n'avait que 20 marches ou plus ou moins, au lieu de 24 que les autres ont ; on appelle celui-ci ruban boiteux. Voyez RETOUR.

BOITEUX, se dit, chez les mêmes ouvriers, d'un ouvrage, comme d'un ruban, qui se trouve d'une couleur à un bord et d'une autre couleur à l'autre bord ; c'est ce qu'on appelle ruban boiteux.