S. m. et f. (Médecine) se dit vulgairement d'une personne affectée de la mélancholie hypochondriaque : les Médecins se servent du terme d'hypochondriaque, comme synonyme d'hypochondre. Voyez MELANCHOLIE.

HYPOCHONDRES, s. m. pl. terme d'Anatomie, hypochondria, qui se dit de l'espace qui est de chaque côté de la région épigastrique, ou partie supérieure du bas-ventre. Voyez ABDOMEN et EPIGASTRE. Ce mot est composé de la préposition , sub, sous ; et , cartilage, c'est-à-dire, cartilagini subjacens, qui est au-dessous du cartilage.

Les hypochondres composent la partie supérieure de l'épigastre : ils sont situés de chaque côté entre le cartilage ensiforme, les cartilages inférieurs des côtes, et la pointe de l'estomac. On les divise par rapport à leur situation en hypochondre droit, et en hypochondre gauche.

Le foie est dans l'hypochondre droit, et la rate et une grande partie de l'estomac dans l'hypochondre gauche. Voyez FOIE et RATE.

Hippocrate donne quelquefois le nom d'hypochondre à tout le ventre inférieur. Voyez VENTRE.

Les hypochondres sont sujets à plusieurs maladies. Voyez AFFECTION HYPOCHONDRIAQUE.

HYPOCHONDRES, (Médecine) les parties tant externes qu'internes, placées sous les cartilages des fausses côtes dans l'espace qui comprend toute la circonférence du bas-ventre, au-dessus de sa section prise à la hauteur du nombril, forment dans le sens le plus étendu, ce qu'on appelle dans la pratique de la Médecine, les hypochondres, qui sont aussi designés par quelques auteurs latins, et entr'autres, par Lommius, (Observ. medic. lib. tert.) sous le nom de praecordia.

La région hypochondriaque est donc par conséquent cet espace, dans lequel se trouvent renfermés plusieurs des principaux organes de l'économie animale. Voyez HYPOCHONDRES (Anat.) Le bon ou le mauvais état de ces parties, c'est-à-dire, leur disposition plus ou moins éloignée de la naturelle, ne peut que fournir des signes susceptibles de fournir les conséquences les plus importantes, pour servir à établir le prognostic des maladies.

C'est par cette considération, fondée sur l'expérience, que les anciens s'étaient fait une règle de s'assurer exactement de l'état des hypochondres, dans le cours des maladies, pour en tirer des connaissances, des indices, sur les suites qu'elles pourraient avoir, à en juger par la disposition actuelle de ces parties.

Hippocrate s'explique de la manière qui suit, sur le bon état des hypochondres : on ne se trompera jamais à le prononcer tel, tant qu'ils seront souples au toucher, sans inégalité des deux côtés, et qu'il n'y aura aucun sentiment de douleur. Hypochondria autem optima sunt, si dolore vacant, si mollia et aequalia sunt, dextrâ ac sinistrâ parte. in 1. progn. parce que c'est une preuve que le diaphragme, l'estomac, et surtout le foie et la rate, qui sont les vrais viscères des hypochondres, n'ont souffert aucune altération ; ce qui est toujours de très-bon augure dans les maladies aigues, et qui doit faire beaucoup espérer pour la guérison, parce qu'il y a lieu d'attendre une promte coction.

Le vénérable auteur des Coaques, text. 281, assure qu'on n'a rien à craindre du gonflement douloureux des hypochondres, et qu'il est sans inflammation, lorsqu'il est accompagné de bruits fréquents dans le ventre ; parce que ce symptôme se dissipe ordinairement avec les déjections qui suivent, surtout si elles sont flatueuses.

La tension des hypochondres, sans douleur, mais avec pesanteur de tête, surdité, éblouissement, annoncent selon Galien (in lib. III. de crisib. cap. xij.), l'hémorrhagie par les narines.

Les tensions douloureuses, les gonflements des hypochondres sont très-souvent des effets du spasme, et ils deviennent très-dangereux, lorsqu'ils suppriment les évacuations qui doivent se faire, par la voie des selles, surtout dans les derniers temps des maladies ; parce que cette suppression occasionne souvent des dépôts mortels. Quibus hypochondria tumore assurgunt, alvo suppressâ, malum ; quod si et sopor accesserit, pestiferum. Hippoc. apud Duret, lib. I. coac. 32.

Lorsque les hypochondres résistent au tact sans tension, il y a lieu de craindre qu'il n'y ait engorgement inflammatoire dans les viscères qui y répondent. C'est ce qu'enseigne Galien, lorsqu'il dit : hypochondriorum mollem resistentiam significare viscus aliquod esse inflammatum, quippe aut jecur, aut lienem. in 3. épid. tom. II. text. 1.

Mais lorsqu'ils sont affectés de tension douloureuse, il y a lieu de penser que le diaphragme ou les parties qui y répondent, sont enflammées, comme il arrive dans la pleurésie. Hypochondrium tenditur et dolet, ubi à septo transverso vicinae partes trahuntur. Galen. in lib. III. epid. com. iij. text. 1.

Aussi Hippocrate ne craint pas d'assurer que toute tumeur dure, avec douleur des hypochondres, surtout lorsqu'elle est considérable, et qu'elle se forme subitement au commencement des maladies, est un signe de mort prochaîne, à-moins qu'elle ne dépende de l'inflammation des muscles abdominaux : mais si elle se forme lentement et qu'elle dure longtemps, il y a lieu de craindre qu'elle ne tourne en abscès. Tumor durus et dolents, si magnus est, in utroque hypochondrio aut in dextro est pessimus ; talis quoque significat, ab initio, mortem brevi fore. In I. libr. progn. text. 39. Et cet auteur ajoute, loco citato. Si febris vigesimum transcendit diem et febris detinet et tumor non desistit, in suppurationem vergi contingit.

Pour avoir un plus grand détail surtout ce qui a rapport aux signes prognostics tirés de l'état des hypochondres, il faut consulter les œuvres mêmes d'Hippocrate, de Galien, surtout le commentaire des Coaques, par Duret ; le traité de praesagiendâ vitâ et morte de Prosper Alpin ; les observations séméiotiques de Lommius, etc. Voyez PROGNOSTIC.