S. m. en Anatomie, sont deux parties qui sont propres aux animaux mâles, et qui servent à la génération. Voyez nos Planches d'Anatomie, et leur explic. Voyez aussi GENERATION.

Ils sont appelés testicules par un diminutif de testes, témoins, comme étant témoins de la virilité : c'est ce qu'on appelle proprement génitoires, en latin genitalia. Les Grecs les nomment didymi, c'est-à-dire jumeaux.

Dans l'homme et dans la plupart des animaux les testicules sont extérieurs ; dans quelques-uns, comme dans les oiseaux, ils sont intérieurs. Voyez GENITAL.

Quelques hommes n'en ont qu'un. Ordinairement ils en ont deux. Il s'en est trouvé qui en avaient naturellement trois, et certains anatomistes assurent qu'ils en ont trouvé jusqu'à quatre.

Les testicules sont des corps mous, blancs, de figure ovale, de la grosseur environ d'un œuf de pigeon. On les a cru d'une substance glanduleuse, et suivant l'idée que l'on a présentement des glandes, on peut convenir qu'ils en sont en effet. Voyez GLANDE.

Ils sont formés d'un entortillement de diverses sortes de vaisseaux, et particulièrement des veines et artères spermatiques, dont les dernières apportent le sang, d'où l'on prétend que la liqueur séminale est séparée dans les circonvolutions des testicules, et les premières le reportent après que la sécrétion est faite. Voyez SEMENCE et SPERMATIQUES.

Le reste du testicule est formé des vaisseaux spermatiques qui ne sont que des cordons continus diversement entortillés, en façon, pour ainsi dire, d'un peloton, mais d'une manière si lâche, qu'il est aisé de les développer dans toute leur longueur, et même dans les testicules des rats, qui sont d'un tissu plus serré. Les testicules se terminent par les épididymes. Voyez EPIDIDYME.

Les testicules avec les épididymes parastates, sont enveloppés dans trois membranes ou tuniques propres. La première est la musculaire, qui vient du muscle crémaster : la seconde est l'érythroïde ou vaginale, qui est une continuation de la lame externe du péritoine : la troisième est l'albuginée. Voyez chacune dans son article propre, MUSCULAIRE, ERYTHROÏDE, ALBUGINEE.

La membrane commune qui enferme les deux testicules, est le scrotum, que l'on trouvera décrit dans son article. Voyez SCROTUM.

Quant à l'usage des testicules, qui est de séparer et de préparer la semence. Voyez SEMENCE.

TESTICULES, maladie des, (Médecine) deux corps de figure olivaire, composés d'un amas prodigieux de vaisseaux, munis de la tunique vaginale, et de l'albuginée, soutenus par le muscle suspenseur, pendants hors du ventre dans les hommes, recouverts par les bourses, destinés à l'élaboration de la semence, qu'ils portent dans les vésicules séminales par le moyen des vaisseaux déférents et des épididymes, se nomment testicules.

On n'est pas impuissant lorsqu'on n'en a qu'un ; mais quand ils manquent tous les deux, à - moins qu'ils ne soyent cachés dans le ventre, il en résulte une stérilité certaine ; il faut se donner de garde de prendre pour un testicule l'enflure de l'épididyme, ou du corps pyramidal, ou une hernie, ou un bubon.

2°. Dans l'âge de puberté et dans les sujets qui ont beaucoup de tempérament, l'augmentation de la grosseur du testicule n'est point morbifique ; de même que son décroissement ou son desséchement dans les vieillards et dans une longue abstinence.

3°. Dans différentes maladies qui exigent des traitements particuliers, les testicules se gonflent, et c'est ce qu'on connait aisément par le toucher.

4°. Dans les personnes portées à l'amour dans la belle saison, le gonflement trop considérable des testicules (maladie connue sous le nom de spermatocele), demande les rafraichissants.

5°. Mais l'humeur aqueuse, visqueuse, froide, indolente, répandue dans la tunique vaginale, ou l'adhérence de la substance du testicule, qui donne naissance à un hydrocele, exige les discussifs accompagnés d'un bandage capable de soutenir la partie malade.

6°. Les veines du corps pyramidal devenues variqueuses, ou attaquées de gonflement, produisent sa varice : quand cette maladie n'est point née à la suite d'une compression faite au-dessus du cordon spermatique, les discussifs astringens avec un bandage, diminuent les accidents.

7°. La tumeur plus solide du testicule ou du corps pyramidal, qui présente une substance charnue, nommée sarcocele, et qui est indépendante du virus vénérien, a besoin des résolutifs.

8°. Dans la tumeur dure, âpre, indolente, skirrheuse du testicule, il faut éviter avec soin les irritants, et tâcher de résoudre cette tumeur, mais la cancéreuse plus dolorifique, plus considérable, et qui s'étend autour du cordon spermatique, demande une promte amputation ; car si une fois elle se porte dans le bas-ventre, il n'y a point de remède.

9°. A l'égard de la tumeur écrouelleuse, froide, dure, qui se trouve seulement dans la substance du testicule, on tâchera de la dissiper par les résolutifs chauds.

10°. La tumeur qui est produite par une contusion récente préliminaire, a besoin dans la méthode curative, des relâchants et des résolutifs réunis.

11°. La tumeur dolente, pulsative, qui souvent communique de la rougeur aux bourses en même temps qu'elle donne la fièvre, veut être traitée par l'application des antiphlogistiques.

12°. Lorsqu'après une ancienne maladie vénérienne, et surtout la suppression d'une gonorrhée virulente, le testicule s'enfle, l'application prudente des mercuriaux parait nécessairement indiquée.

13°. La douleur des testicules sans tumeur et sans cause manifeste, diminuera par l'application des anodins.

14°. Les testicules relâchés et trop pendants, ce qui arrive souvent dans les enfants, et désigne la faiblesse de leur constitution, doivent être soutenus, et en même temps renforcés par l'application des corroborants.

15°. Si les testicules reçoivent d'autre part des humeurs morbifiques, accident assez commun dans les maladies de la poitrine, et qui annoncent une fâcheuse métastase, il faut ramener ces humeurs à leur cours naturel, ou plutôt en faire la dérivation sur des endroits moins dangereux. (D.J.)

TESTICULES, inflammation des, (Méd. et Chir.) l'un ou l'autre des testicules, ou quelquefois tous les deux, sont attaqués d'une inflammation accompagnée de tumeur et de douleurs cruelles, surtout lorsque cette inflammation est un peu considérable.

Ce mal peut venir de deux causes. 1°. De quelque injure extérieure, comme un coup, une chute, une contusion ; ce qui arrive souvent en montant à cheval avec précipitation, et sans prendre garde à soi. 2°. D'une maladie vénérienne, comme d'une gonorrhée, imprudemment et trop-tôt arrêtée.

On distinguera l'inflammation des testicules, de toute autre maladie, surtout de l'hernie au scrotum ; lorsqu'il y aura l'une des causes dont nous venons de parler, que le malade se plaindra de gonflement, de chaleur, et de rougeur aux testicules ; que la tumeur et l'inflammation se manifesteront à l'examen des parties, et surtout lorsqu'en touchant le testicule affecté, on le trouvera d'une grosseur contre nature, et quelquefois égale à celle du poing.

Cette maladie ne veut point être traitée légérement, car souvent il survient un abscès ou sphacele ; le malade en perd la virilité ou la vie ; ou le mal dégénere en un skirrhe, ou en un cancer que la mort suit infailliblement, ou enfin en sarcocele ou hydrocele, maladies fort incommodes.

On emploie pour résoudre l'inflammation des testicules, les mêmes remèdes qui sont recommandés pour l'inflammation des mammelles ; surtout le vinaigre de litarge, l'eau de chaux mêlée avec l'esprit-de-vin camphré, la tuthie, et la pierre calaminaire.

Pour le temps de la nuit, où les fomentations ne se font pas commodément, on appliquera l'emplâtre de grenouilles avec une quantité double de mercure, ou l'emplâtre de diachylon. Il ne faudra pas négliger les digestifs intérieurs. Si le mal provient de quelque injure extérieure, ou d'un sang épaissi, on recourra aux poudres d'yeux d'écrevisses préparées, d'écailles d'huitres, et à l'arcanum duplicatum, et aux décoctions de racines, de bois, et de plantes discussives : on défend tout ce qui échauffe le sang, et toute nourriture de difficile digestion ; si la chaleur est violente, il est nécessaire de mêler un peu de nitre avec les poudres dont on a fait mention, et d'ajouter quelque esprit de vitriol ou de soufre dans la boisson du malade ; s'il est pléthorique, on lui tirera du sang par le bras.

Lorsque quelque maladie vénérienne est la cause de l'inflammation, on usera de purgatifs, mêlés avec le mercure doux, et de tous les remèdes qui opèrent contre le virus vénérien : on ne négligera point les tisanes faites de reglisses et d'anis bouillis dans l'eau, ou autres semblables ; outre qu'elles tempèrent ou atténuent le sang, elles tendent encore à calmer l'inflammation. Si l'on a appelé le chirurgien trop tard, ou si l'inflammation est trop violente pour céder aux remèdes discussifs que nous venons d'indiquer, il faut s'attendre à la suppuration ou à la gangrene, et par conséquent recourir aux remèdes suppuratifs.

Si le pus est mûr, et que l'abscès tarde à s'ouvrir de lui-même, on y fera une incision, on évacuera la matière, on nettoiera la plaie avec quelque onguent digestif, ou quelque injection spiritueuse qui résiste à la putréfaction, et l'on achevera la cure avec un baume vulnéraire : on facilitera la digestion de la matière, et l'on diminuera les douleurs avec l'emplâtre de jusquiame, et celui de diachylon, avec les gommes : cependant on travaillera fortement à détruire le virus vénérien ; quand bien même le scrotum serait consumé, et le testicule exposé à la vue, si l'on sait tirer parti des remèdes digestifs et balsamiques, la substance détruite du scrotum se régénere quelquefois ; enfin l'art ne connait point d'autre secours. Heister, Chirurgie. (D.J.)

TESTICULES des poissons, (Ichtyologie) ces parties manquent dans plusieurs genres de poissons. Les épineux en général ne les ont point, mais tous les cétacées et plusieurs genres de poissons cartilagineux les ont, et alors ils en ont deux, comme les animaux terrestres ; il est vrai néanmoins qu'ils diffèrent beaucoup pour la figure et la situation, dans plusieurs poissons, et particulièrement dans la baleine. Artedi, Ichtyolog. (D.J.)