S. m. (Anatomie) Les doigts forment les dernières parties de la main. Ils sont naturellement au nombre de cinq à chaque main, nommés le pouce, l'index, le long doigt ou le doigt du milieu, l'annulaire, l'auriculaire ou le petit doigt. Voyez POUCE, INDEX, etc.

Le pouce est le plus gros de tous les doigts, après lui c'est le troisième ; le second et le quatrième sont moins longs et presque égaux, mais le quatrième est un peu moins long que le second ; le cinquième est le plus petit de tous. Leur rapport, leurs proportions, et leurs beautés perfectionnées par l'art, brillent dans les tableaux de Vandyck ; mais leur structure anatomique est représentée dans les planches d'Eustachi et de Vésale : c'est à ces planches que nous renvoyons le lecteur, car nous ne sommes ici qu'anatomistes.

En cette qualité nous remarquons d'abord que les doigts représentent comme autant de pyramides osseuses, composées, longues, menues, convexes d'un côté, légèrement caves de l'autre, attachées par leur base au carpe et au métacarpe, d'où elles vont ensuite en diminuant aboutir à une espèce de petite tête.

Les os des doigts sont au nombre de quinze, trois à chaque doigt ; ces os sont disposés en trois ordres, qui portent le nom de phalanges. Voyez PHALANGE.

A l'extrémité de la dernière phalange de chaque doigt, il y a une petite tubérosité qui sert à appuyer l'ongle. Voyez ONGLE.

Les doigts ainsi composés de plusieurs pièces osseuses, sont rendus plus pliants, et plus propres à faire différents mouvements. Ils sont convexes par-dehors, concaves en-dedans, et un peu aplatis pour loger plus commodément les tendons des muscles fléchisseurs. Tout le long des côtes de leurs os, il y a une crête à laquelle est attachée une gaine cartilagineuse qui enveloppe les tendons fléchisseurs. La peau qui couvre les doigts se trouve comme collée aux endroits de la gaine qui répondent aux articulations de la seconde phalange avec la première et avec la troisième. Ces os étant joints par ginglyme, c'est-à-dire par de petites têtes et de petites cavités qui se reçoivent réciproquement, ils ont le mouvement de flexion et d'extension, et ils sont affermis les uns avec les autres par des ligaments. Leur articulation avec le métacarpe se fait par artrodie ; et cette manière d'articulation les rend capables de se mouvoir en tout sens. Les ligaments de toutes ces articulations étant lâches et capsulaires, facilitent tous leurs mouvements. Les muscles qui y sont destinés, et qui les exécutent, ont été partagés en communs et en propres.

Les muscles communs sont ceux qui meuvent les quatre derniers doigts ; et on a donné le nom de muscles propres à ceux qui font les mouvements particuliers de certains doigts. Les uns et les autres portent aussi le nom de fléchisseurs ou d'extenseurs, d'abducteurs ou d'adducteurs, selon leurs différentes fonctions. Les muscles communs ont reçu les noms de sublime, profond, d'extenseurs communs, de lombricaux, et d'interosseux. Voyez SUBLIME, PROFOND, etc.

Les muscles propres des doigts appartiennent au pouce, au doigt index, et au doigt auriculaire. Voyez POUCE, INDEX, etc.

Voilà comme M. Winslow divise les muscles qui servent aux mouvements des doigts ; M. Lieutaud les distingue en muscles extenseurs, muscles fléchisseurs, et muscles latéraux ; et cette dernière méthode nous parait plus simple et plus conforme à la structure de la main. Passons aux vaisseaux et aux nerfs des doigts.

L'artère cubitale jette plusieurs rameaux le long des parties latérales des doigts, et principalement des quatre derniers. L'artère radiale fournit des rameaux au pouce ; et se continuant derrière les tendons fléchisseurs des doigts, vient s'anastomoser avec un rameau de la cubitale. La veine céphalique forme des aréoles qui vont au pouce, aux muscles latéraux et interosseux des doigts, et communique avec un petit rejeton de la veine basilique, laquelle à l'égard des doigts suit à peu-près la route de l'artère de ce nom. Le nerf cubital, le nerf radial, et le nerf médian, donnent des rameaux à tous les doigts de la main. Mais quels sont les usages des doigts ? ils sont infinis.

Outre l'utilité perpétuelle que nous en retirons dans presque toutes les choses de la vie, outre leur secours essentiel pour faire l'appréhension, ils sont le principal organe du toucher, non pas uniquement parce qu'ils ont à leur extrémité une plus grande quantité de houpes nerveuses, mais encore parce que ce sont des parties toutes mobiles, toutes flexibles, toutes agissantes en même temps, et obéissantes à la volonté, suivant la remarque de l'auteur de l'histoire naturelle de l'homme. Comme le toucher n'est, dit-il, qu'un contact de superficie des corps, les doigts ont l'avantage d'embrasser à la fois avec un sentiment exquis une plus grande partie de la superficie des corps, et de les toucher par tous leurs points. Ils peuvent d'ailleurs s'étendre, se raccourcir, se plier, se séparer, se joindre, et s'ajuster à toutes sortes de surfaces, autre avantage pour rendre cette partie l'organe de ce sentiment exact et précis, qui est nécessaire pour nous donner l'idée de la forme des corps.

Si les mains des hommes avaient un plus grand nombre de doigts, ajoute le même auteur ; si ces doigts avaient un plus grand nombre d'articulations et de mouvements, il n'est pas douteux que le sentiment du toucher ne fût plus parfait, parce que la main pourrait alors s'appliquer plus immédiatement sur les différentes surfaces des corps ; il n'est pas douteux aussi que le sentiment du toucher ne fût infiniment plus délicat par la plus grande quantité de houpes nerveuses, qui seraient affectées en même temps.

Supposons au contraire la main sans doigts, le sentiment du toucher serait beaucoup plus grossier, et nous n'aurions que des notions très-imparfaites de la forme des corps les plus palpables ; il nous faudrait beaucoup plus d'expériences et de temps pour acquérir ces notions. Reconnaissons donc la bonté et la sagesse de la Providence dans ce qu'elle donne et dans ce qu'elle refuse. Quel serait l'usage d'un toucher plus délicat que le nôtre, si rendus extrêmement sensibles au moyen d'une telle organisation, les douleurs et les agonies s'introduisaient par chaque doigt. Combien détesterions-nous un présent si funeste !

On n'ignore guère que la nature exerce ici ses jeux. Il n'est pas rare de voir venir des enfants au monde avec plus de cinq doigts, soit aux mains, soit aux pieds. J'en tire le premier exemple de l'Ecriture-sainte. Voici le passage même : " Dans la quatrième bataille qui se donna en Geph, il s'y trouva un homme fort grand qui avait six doigts à chaque main et à chaque pied, c'est-à-dire vingt-quatre en tout : il était de la lignée d'Etrapha, blasphéma Israèl, et fut tué par Jonathas fils de Samaa frère de David ". II. liv. des rais, ch. xxj. vers. 20 et 21.

Pline le naturaliste parle d'une famille où étaient deux sœurs qui avaient six doigts aux mains, et qui pour cette raison furent appelées sexdigites, liv. XIe chap. 43.

Anne de Boulen si fameuse dans l'histoire d'Henri VIII. si séduisante par ses manières, si pleine de charmes, qu'il semblait que tous les agréments du monde se fussent réunis en sa personne, avait six doigts à la main droite, une dent mal rangée à la mâchoire supérieure, et sur l'os de la gorge une petite élévation qu'elle cachait avec beaucoup d'art. Larrey. hist. d'Angl.

En 1687, M. Saviard a Ve à l'Hôtel-Dieu un enfant nouveau-né qui avait dix doigts à chaque main, et autant aux pieds, dont les phalanges paraissaient toutes rompues et blessées. Saviard, observ. chirurg.

Voici un cas plus étrange encore. Ruysch, dans le catalogue des choses rares, à la fin de son traité intitulé, observationes anatomicae et chirurgicae, a donné la description d'un squelete qui avait un grand nombre de doigts surnuméraires, et qu'il appelle pour cela sceleton polydactilon ; la main droite avait sept doigts, la main gauche six ; et outre cela le pouce était double ; le pied droit avait huit doigts, le pied gauche neuf ; le métatarse droit six os, et le métatarse gauche sept. La figure et la description du même squelete se trouvent dans le traité de Kerkringius intitulé, spicilegium anatomicum ; et M. Ruysch en parle encore dans ses derniers ouvrages intitulés aversaria, decad. 1. n. 8.

Mais je ne dois pas taire qu'en parcourant les fastes anatomiques, j'ai trouvé deux exemples de doigts surnuméraires sans difformité ni incommodité. Ces deux exemples curieux termineront mon article.

En 1743, MM. de l'académie des Sciences virent dans une de leurs assemblées un petit garçon âgé de seize mois, qui avait six doigts à chaque main et à chaque pied ; le sixième doigt de la main droite était à côté du petit doigt, et articulé avec le même os du métacarpe, qui vers son extrémité était plus large qu'à l'ordinaire, et s'y terminait par deux petites éminences, dont l'une soutenait le petit doigt ordinaire, et l'autre le doigt surnuméraire. A la main gauche le doigt surnuméraire était aussi à côté du petit doigt ordinaire, mais articulé sur un os particulier ou surnuméraire du métacarpe ; le sixième doigt de chaque pied était comme aux mains à côté du petit doigt, et ils avaient chacun leur os propre de métatarse ; de sorte qu'au lieu de cinq os à l'ordinaire, chaque métatarse en avait six. Cette augmentation de doigts faisait seulement paraitre un peu plus de largeur aux mains et aux pieds de l'enfant, mais sans difformité, et même il remuait tous les doigts surnuméraires avec la même facilité que les autres. Histoire de l'acad. année 1743.

Thomas Bartholin dans les actes de Copenhague, rapporte un exemple tout semblable à celui-ci, d'un negre qui n'était point incommodé de cette multiplication de doigts, et qui paraissait au contraire, dit Bartholin, l'avoir reçu de la nature pour un plus grand avantage. Acta Hafniensia, vol. II. n. 32.

Cependant il ne faut pas abuser des deux cas singuliers que nous venons de citer, pour laisser les doigts surnuméraires aux enfants qui viennent au monde, car il est certain qu'ils causent presque toujours une difformité et une incommodité qui demande leur extirpation ; l'Anatomie souffre cette extirpation, et la Chirurgie l'exécute avec succès. Voyez l'article suiv. Article de M. le Chev(D.J.)

DOIGT. (Chirurgie) Les doigts sont sujets à quelques difformités de naissance, et pendant le cours de la vie à mille fâcheux accidents.

Les deux principaux défauts de conformation des doigts sont d'être doubles ou unis ensemble.

Les doigts surnuméraires ne sont presque jamais aussi-bien formés que les autres. Ils sont presque toujours inutiles ou incommodes ; ils sont communément placés en-dehors de la main ou du pied, proche le petit doigt ; ils n'ont pour l'ordinaire point d'os, et quelquefois point d'ongles. Enfin ils sont comme des appendices charnues qui pendent à la main, et qui par conséquent demandent d'être extirpées ; comme l'opération s'en fait avec succès, tout concourt à la mettre en pratique. Alors, s'il se trouve quelque phalange osseuse ou cartilagineuse qui attache ces sortes de doigts fortement, on peut se servir d'une petite tenaille incisive pour couper le tout à la fais. Le pansement étant le même que celui des plaies simples, il est inutile de nous y arrêter. Passons à l'union des doigts contre nature.

Personne n'ignore qu'il arrive quelquefois que les orteils et les doigts des enfants nouveau-nés, ne sont point séparés, mais tiennent ensemble : ce qui se fait en deux manières, ou par union, ou par agglutination. On appelle union, quand l'enfant venant au monde, a les doigts adhérents et comme collés les uns avec les autres, ou attachés ensemble par une membrane intermédiate en forme de patte d'oie. On appelle agglutination, lorsqu'après des ulcères ou quelque grande brulure qui a dépouillé la main de sa peau, on laisse par négligence les doigts se coller et se joindre.

Comme une pareille cohésion défigure la main et cause plusieurs autres inconvéniens, le chirurgien doit la séparer avec le plus de dextérité qu'il lui est possible : il a deux moyens d'y réussir ; ou en coupant la tunique intermédiate, soit avec des ciseaux ; soit avec le scalpel ; ou si les doigts tiennent ensemble, sans qu'il y ait de membrane, en les séparant les uns des autres avec un petit bistouri. Pour empêcher qu'ils ne se recollent durant la cure, il faut les envelopper séparément d'un doigtier, ou d'une petite bande de linge d'environ un travers de doigt de large, après l'avoir empregnée d'eau de chaux, d'esprit-de-vin, ou de quelque eau vulnéraire, jusqu'à ce que le malade soit parfaitement guéri.

Mais les vices de conformation sont peu de chose, si on les compare à la multitude des maux auxquels nos doigts sont exposés depuis la naissance. En effet ils peuvent être déjetés, luxés, courbés, coupés, fracturés, écrasés, gangrenés, gelés, cancérés, etc. Disons un mot de chacun de ces cas.

Le déjettement des doigts n'est pas communément dangereux ; les enfants se les défigurent ainsi assez souvent, en se les tiraillant pour les faire claquer. Cet amusement disloque les doigts, et les fait déjeter tantôt à droite, tantôt à gauche. Pour y remédier, il faut leur appliquer des lames de fer blanc enveloppées d'un linge, et les fixer par un bandage qui les tienne assujettis pendant quelque temps dans leur état naturel.

Les doigts de la main peuvent se luxer à chaque phalange, et en tout sens ; cependant cette luxation est aussi facile à découvrir qu'à réduire ; car comme les ligaments sont faibles, la graisse et les muscles peu épais, et les cavités des articulations superficielles, tout l'office du chirurgien se réduit à faire l'extension d'une main, et la réduction de l'autre, en y employant les bandages convenables.

Une main est très-défigurée par des doigts courbes et crochus ; outre que cela est fort incommode pour celui qui les porte, parce que ne pouvant pas les étendre, ni trop bien les employer, il se trouve dans l'impuissance de s'en servir dans beaucoup d'occasions : et là où il le peut, c'est toujours de mauvaise grâce. Cette difformité est presque ordinairement sans remède. On tâchera cependant, quand elle procéde d'une anchilose dans les jointures, de l'amollir et de la traiter suivant les règles de l'art. Si la difformité vient d'une cicatrice mal faite qui empêche le doigt de se redresser, il faut le débrider, mettre ensuite deux petites éclisses droites, l'une dessus, l'autre dessous le doigt, qu'on maintiendra par un bandage, et qu'on serrera tous les jours un peu plus, jusqu'à ce que le doigt ait repris sa figure naturelle.

Si on s'était coupé un doigt avec un instrument tranchant, sans qu'il fût entièrement séparé de la main, il faut, quelque considérable que soit la plaie, remettre le doigt dans son premier état, le panser, et le maintenir ; et quand même la partie serait presque séparée de la main, ne tenant plus qu'à un filet, pourvu que la plaie soit oblique et récente, les habiles chirurgiens conseillent toujours de remettre le doigt dans sa situation naturelle, de l'y retenir avec un emplâtre, et d'essayer de le réunir peu-à-peu ; car il vaut encore mieux tenter la réunion des parties par ce moyen, quoiqu'elle réussisse peu souvent, que de couper par impatience le doigt qu'on eut pu sauver.

Lorsque les tendons extenseurs des doigts ont été coupés transversalement, les doigts perdent leur action, et le blessé ne peut les étendre. En ce cas quelques chirurgiens proposent de réunir les tendons divisés, au moyen de la suture enchevillée ; mais cette espèce de suture abandonnée par nos ancêtres, et renouvellée par feu M. Bienaise, est aujourd'hui pratiquée très-rarement. Presque tous les modernes la regardent comme dangereuse et inutile. En effet la section en partie du tendon est suivie d'ordinaire d'accidents très-funestes, et qu'on ne fait cesser qu'en divisant totalement le tendon. Outre cela, les tendons servent à tirer une partie mobile qu'on peut mettre et maintenir dans une extension qui rapproche les parties divisées, et en procure la réunion. Pour faciliter le succès de cette pratique, à l'égard des extenseurs des doigts des mains, on se sert d'une machine de fer blanc composée d'une espèce de gouttière dans laquelle on pose l'avant-bras, et d'une plaque qu'on ajuste à la gouttière par le moyen d'une charnière et d'une goupille. Cette dernière pièce, qui est mobile, peut former avec la gouttière un angle plus ou moins mousse, selon qu'il est nécessaire pour mettre la main, dont on applique le plat sur elle en une extension plus ou moins grande. On soutient cette pièce par deux crochets qui y sont attachés, et deux cremailleres soudées à la gouttière. M. Petit a inventé cette machine, et en a donné la figure.

Le but principal que doit avoir le chirurgien, quand il y a un ou plusieurs doigts de fracturés, est de rétablir dans leur situation les parties qui sont déplacées, et d'y faire ensuite un bandage, suivant les règles de l'art, avec un ruban étroit ; mais quand par malheur la collision des doigts jointe au sphacele, est si considérable, qu'ils ne tiennent plus à la main, il faut les séparer tout à fait avec le bistouri ou avec les ciseaux ; car il vaut mieux prendre alors tout d'un coup le parti de l'amputation, que de fatiguer le malade par une cure pénible, qui n'aura point de succès : d'ailleurs la gangrene ne permet pas de différer l'opération.

Il est bien rare qu'il y ait à un des doigts une plaie d'armes-à-feu, sans que ce doigt soit emporté en partie ; il faut cependant tâcher de le conserver encore à cause de la nécessité dont il est à l'homme ; et comme de telles blessures sont souvent accompagnées d'inflammation et d'abcès, qui s'étendent jusques dans la main, et même dans l'avant-bras, on préviendra ces accidents, autant qu'il est possible, par des incisions, par des contre-ouvertures, par le régime, par les saignées, et par les topiques d'usage. A l'égard des plaies qui peuvent être faites à la première phalange du pouce, comme elles diffèrent de celles des autres doigts, à cause des gros muscles qui recouvrent cette première phalange, je remarque en passant qu'elles sont de la nature de toutes les plaies faites dans les parties où les os sont recouverts de beaucoup de muscles, et qu'elles demandent les mêmes secours de la part du chirurgien.

Dans l'écrasement des doigts, la première attention sera de conserver et la main et les doigts, et de ne les couper qu'à la dernière extrémité ; car s'il reste encore quelque artère pour y porter la vie, et quelque veine pour entretenir la circulation du sang, il faut en différer l'extirpation. On tâchera de les garantir de la gangrene, ou du moins d'en empêcher le progrès par des fomentations de quelque liqueur spiritueuse et résolutive ; d'heureux succès les plus inespérés ont confirmé cette méthode. Mais supposé qu'on ne voie plus d'espérance de rétablir dans leur premier état les doigts qui ont été écrasés ; supposé qu'ils soient entièrement mortifiés, leur amputation devient nécessaire.

Enfin elle l'est malheureusement, 1° quand l'un des doigts est cancéré ; 2° quand la carie s'y porte, parce que son sentiment a été perdu par une forte gelée qui a étouffé la chaleur naturelle, et qu'on a tenté vainement de la rappeler ; 3° quand ce sentiment est encore éteint par un sphacele confirmé. Dans ces cas désespérés, l'extirpation n'est plus douteuse ; elle se fait de trois manières, 1° avec des ciseaux pour des enfants, 2° avec le ciseau et le maillet, 3° avec le bistouri, en laissant assez de peau pour recouvrir l'os. Après l'amputation, on applique sur la plaie de la charpie et des compresses, et l'on assure le tout avec une bande roulée.

Pour ce qui concerne l'abcès qui vient à l'extrémité des doigts, et que les médecins nomment panaris (voyez PANARIS), c'est un mal très-commun, très-douloureux, fort compliqué, dont conséquemment il importe beaucoup d'indiquer les différentes espèces, et leurs remèdes. Article de M(D.J.)

DOIGT, en Astronomie, est la douzième partie du diamètre apparent du Soleil ou de la Lune. Chaque doigt se divise en soixante minutes. On dit dans les éclipses de Lune ou de Soleil, qu'il y a tant de doigts d'éclipsés, et ces doigts éclipsés s'appellent doigts écliptiques, digiti ecliptici. Voyez ECLIPSE. (O)

DOIGT, (Histoire ancienne) pris comme mesure parmi les Hébreux, qui l'appelaient esbah, contenait un 67/89 de pouce. Il y avait quatre doigts dans le palme, et six palmes dans la coudée. Voyez COUDEE. (G)

DOIGT, (Commerce) se prend pour une des mesures des longueurs : c'est la plus petite après la ligne ; elle contient quatre lignes, ce qui fait le tiers du pouce du roi. Voyez POUCE. Dict. du Comm. (G)

DOIGT (travers de), est une mesure qui a la longueur de deux grains d'orge mis l'un au bout de l'autre, ou de quatre posés en travers. Voyez MESURE.

DOIGT, (Horlogerie) pièce de la quadrature d'une montre ou d'une pendule à répétition : elle entre à carré sur l'arbre de la grande roue de sonnerie, et sert à faire sonner les quarts, en ramenant la pièce des quarts dans son repos. Voyez d, fig. 57. Pl. II. de l'Horlogerie. (T)