adject. en Anatomie, se dit des parties voisines de la peau. Artères cutanées, veines cutanées, muscles cutanés, nerfs cutanés.

Le nerf cutané interne est le plus petit des nerfs brachiaux ; il nait de l'union de la septième paire cervicale avec la première dorsale ; il descend le long de la partie interne du bras, entre la peau et les muscles, jusque vers le condyle interne de l'humerus, en accompagnant la veine basilique ; et après avoir jeté plusieurs rameaux, il Ve se terminer dans la peau que couvre le poignet en fournissant des rameaux jusqu'au petit doigt.

Le nerf cutané externe. Voyez MUSCULO-CUTANE. (L)

CUTANEE, (glande) Anatomie, nom qu'on donne à plusieurs petits grains, dont la surface interne de la peau est toute parsemée, et dont les conduits excréteurs percent tantôt à côté des mamelons, tantôt dans les mamelons même, suivant les observations de M. Winslow.

Les Anatomistes distinguent ordinairement ces glandes en deux classes ; Stenon et Malpighi ont appelé les unes miliaires, Morgagni et Valsalva ont nommé les autres sébacées. Voyez SEBACEE, MILIAIRE. Ruysch n'adopte point ces glandes ; Boerhaave au contraire admet en outre un troisième genre de glandes cutanées, qui sont simples, n'ont qu'un follicule, dans lequel les artères s'ouvrent de toutes parts ; et leurs sucs plus tenus enduisent les poils, les cheveux, et empêchent leur desséchement. Ce sont-là les cryptes de Boerhaave qui en a fait la découverte.

Il y a peut-être encore d'autres sortes de glandes cutanées, qui forment ce mucus qu'on aperçoit dans tous les endroits où l'épiderme se détache ; on trouve par-tout la nécessité d'enduire la peau ; et l'analogie des poissons donne lieu de présumer que dans l'homme les parties externes de la peau, comme les parties internes du corps, sont tapissées de follicules muqueux. On ne peut s'empêcher d'accorder à Ruysch, que tous les tubercules cutanés ne sont pas des glandes ; mais on peut encore moins se dispenser de croire avec Stenon, Malpighi, Littre, Duverney, Van-Horn, Cowper, Morgagni, Boerhaave, Winslow, etc. que parmi ces tubercules cutanés, il y en a un très-grand nombre qui sont de vraies glandes. Article de M(D.J.)

CUTANEE, (maladie) en Médecine, terme générique qui désigne toute maladie de la peau.

Lorsqu'on connait l'oeconomie animale, on n'est pas surpris que la peau, cette espèce de membrane qui recouvre toutes les parties du corps, soit exposée à un grand nombre de maux. Elle est faite d'un tissu merveilleux de fibres tendineuses et nerveuses, parsemée d'un nombre prodigieux de vaisseaux, dont la plupart sont lymphatiques. Elle est percée dans toute son étendue d'une infinité de très-petits trous que l'on nomme pores, lesquels donnent passage à la matière de la transpiration insensible. En un mot elle est l'émonctoire général du corps, et par conséquent sujette à diverses maladies qui peuvent résulter de l'altération des solides et des fluides.

Comme ces maladies sont nombreuses, on leur a donné des noms particuliers, selon leur caractère, leur nature, et leur degré : ainsi on les appelle dartre, feu volage, érésipele, gratelle, gale, lepre, teigne, herpe miliaire, rongeante, maligne, etc. Voyez-en les articles. Quelques-unes de ces maladies sont contagieuses, et se communiquent ; mais le siège de toutes est dans le tissu tubuleux de la peau.

Elles sont ordinairement accompagnées de chaleur, de rougeur, d'inflammation, de demangeaison, assez souvent d'élevures, de boutons, de pustules, de taches, de douleur, de petites croutes farineuses, seches, humides, quelquefois de plaques, d'exulcérations, et d'autres accidents provenant d'une sérosité acre, qui séjourne entre les vaisseaux excrétoires de la peau et les petites fibres nerveuses qu'elle ronge.

Quant aux causes médiates et éloignées de la formation de cette sérosité acre, qui produit généralement les maladies cutanées, nous les trouverons dans une altération et une diminution de la force des solides, qui entraine celle de la vitesse du sang et de la secrétion et excrétion des humeurs superflues : d'où il arrive que les parties fluides n'étant pas suffisamment atténuées, dégénèrent de leur état salutaire.

Les indications curatives doivent donc tendre à diminuer, à chasser du corps la masse d'humeurs acres et corrompues, à la corriger, et à rétablir les solides. Les remèdes qui y conviennent, se réduisent à la saignée, aux purgatifs, aux diaphorétiques, aux médicaments, et au régime opposé à l'acreté prédominante, aux aliments d'un suc louable, enfin aux topiques qui, appliqués extérieurement, détergent, consolident, dessechent, et sont propres à apaiser les demangeaisons, à guérir les tumeurs, à fermer les ulcères, et à calmer les douleurs.

Les anciens étaient fort versés dans l'art de traiter les affections cutanées. Deux causes principales, comme le remarque Hoffman, y contribuaient ; la fréquence de ces maladies dans le pays qu'ils habitaient, et la violence de ces mêmes maladies : c'est donc sur leur méthode que nous devons établir la nôtre, en restraignant l'usage de leurs remèdes dans de certaines bornes, et en ne les employant qu'avec les précautions que notre climat différent du leur exige que nous prenions.

La saignée convient à ce genre de maladie dans la pléthore et la surabondance du sang. On y peut suppléer par des scarifications, ou par l'application des sangsues, quand le mal est causé par la suppression des excrétions ordinaires du sang dans l'un et dans l'autre sexe.

Entre les purgatifs on doit nommer à juste titre les infusions de manne, de rhubarbe, la crême de tartre, la casse, les tamarins, les sels, les eaux minérales : mais si ces purgatifs doux sont sans effet, il faut recourir à des secours plus puissants tirés de la classe des cathartiques, et de celle des diaphorétiques, la résine de jalap, l'éthyops minéral, le mercure doux, les décoctions de gayac, les antimoniaux : de tels remèdes pris en doses convenables avec des décoctions altérantes ou diaphorétiques, tendent tous à mouvoir la lymphe, à lever les obstructions des canaux glandulaires, et conséquemment à dépurer efficacement le sang et les humeurs ; enfin quand les maladies cutanées se trouvent jointes à quelque virus vénérien, il faut pour les subjuguer recourir au mercure et à ses préparations d'après les règles de l'art.

On ne peut trop louer les poudres diaphorétiques préparées d'antimoine diaphorétique, le soufre doré, le régule médicinal d'antimoine, et généralement toutes ces sortes de préparations antimoniales. On y joindra le nitre, les émulsions convenables, les infusions, et les décoctions des plantes propres à dépurer le sang ; telles que sont la fumeterre, la scabieuse, le scordium, la scolopendre, le cresson aquatique, la bourache, l'endive, la chicorée, les fleurs de sureau, les racines de pimprenelle, et autres qui sont pourvues en partie d'un sel volatil et pénétrant, et en partie d'un principe amer et balsamique : de plus, les décoctions abondantes faites avec les ingrédiens capables de dessécher l'humidité superflue, et de fortifier en même temps les parties solides, sont souvent très-nécessaires dans les affections cutanées. Les plus usités d'entre ces ingrédiens sont les racines d'esquine, la salsepareille, les écorces de sassafras, de cascarille, les santaux, et autres de la même nature.

Je ne sai s'il faut compter entre les remèdes importants, les viperes, dont l'usage est si fort vanté dans plusieurs livres ; il est du moins certain que quantité d'expériences confirmées par des raisons satisfaisantes, ont déjà convaincu de grands praticiens de l'insuffisance de ces sortes de remèdes. Quoiqu'il en sait, si les viperes produisent ici quelque effet salutaire, on en peut attendre autant de toutes les parties desséchées d'animaux, qui contiennent un suc gélatineux, volatil, et modérément sulphureux.

Parmi les diététiques, tout le monde s'accorde à recommander le lait seul, ou coupé avec de l'eau, de même que le petit-lait de vache et de chèvre pris en quantité, et l'on comprend sans peine l'excellence de ce régime.

Les topiques sont de très-bons moyens pour diminuer la douleur, la rougeur, la chaleur, la demangeaison, les déformations, et les exulcérations de la peau. On les emploiera suivant qu'il s'agira de dessécher, de resserrer, de déterger, de consolider : mais personne n'ignore que leur emploi demande une extrême circonspection. Ils doivent toujours être appliqués les derniers, et toujours conjointement avec les remèdes internes ; l'expérience a mille fois appris, que leur usage inconsidéré était suivi des symptômes les plus fâcheux, qui mettent la vie du malade en danger, et même quelquefois la détruisent. Les bains tant naturels qu'artificiels entrent dans la classe des remèdes extérieurs ; ils sont surtout salutaires dans les affections cutanées qui naissent d'humeurs séreuses et lymphatiques, vitiées par leur acreté ou leur épaississement ; telles que la gale seche, les dartres, les herbes, et surtout dans les demangeaisons incommodes qui surviennent aux vieillards.

Mais comme les causes de la maladie de la peau varient extrêmement, il est évident que la cure doit varier de même, tant pour les remèdes externes, que pour les remèdes internes. En effet ces maladies pouvant provenir d'une vie sédentaire, d'intempérance, d'humeurs surabondantes, acides, alkalines, salées, bilieuses, de la suppression de quelque évacuation critique du sang, de celle de l'insensible transpiration, de l'obstruction des conduits de la peau, de son tissu particulier, de l'âge, de virus scorbutique ou vénérien, etc. il en résulte une grande diversité dans la méthode curative, qu'il faut mettre en usage suivant les causes du mal ; et c'est d'après des principes d'une savante théorie qui pourrait nous conduire dans cette application, que l'on désire encore en Médecine un bon ouvrage sur cette matière. Article de M. le Chevalier DE JAUCOURT.