(Anatomie) en latin venter, en grec . Le ventre chez les anatomistes modernes, veut dire dans sa signification la plus étendue, une cavité remarquable où sont contenus quelques-uns des principaux viscères. A prendre ce mot dans ce sens, tout le corps est divisé en trois ventres, dont l'inférieur s'appelle communément l'abdomen ; celui du milieu thorax, et le supérieur la cavité de la tête.

Hippocrate appelle le thorax le ventre supérieur, , et nomme l'abdomen le ventre inférieur, . Mais d'autre fois lorsqu'il parle de la laxité ou de la constriction du bas-ventre, il nomme , les affections des gros boyaux ; et dans un endroit du quatrième épidem. le mot , est employé pour signifier les excréments des intestins.

VENTRE du cheval, (Maréchalerie) ses mauvaises qualités sont de descendre trop bas, ce qu'on appelle ventre de vache ou ventre avalé.

VENTRE, (Critique sacrée) ce mot se prend pour le fond de quelque chose, Jon. ij. 3. et au figuré pour le cœur, l'âme. Vous connoitrez la beauté de la sagesse, lorsque vous la garderez au fond de votre cœur, in ventre tuo, xxij. 18. Les fruits du ventre, fructus ventris, ce sont les enfants : vous aurez pour héritier de votre trône, unum de fructu ventris, un de vos fils, Ps. cxxxj. 11. (D.J.)

VENTRE, terme d'artillerie, qui se dit d'un canon lorsqu'il est couché à terre sans affut. Ainsi un canon est sur le ventre lorsqu'il n'a point d'affut.

VENTRE, c'est dans le mortier la partie proche de sa culasse, qui s'appuie sur le coussinet de l'affut. Voyez MORTIER. (Q)

VENTRE DE CHEVAL, (Chimie) les Chymistes n'entendent autre chose par ce mot que le fumier récent. On trouve aussi quelquefois dans leurs livres à la place de cette expression, celle de bain de fumier. Ils se servent de la chaleur qui s'excite naturellement dans le fumier, pour exécuter quelques opérations, et principalement des digestions. Voyez DIGESTION, (Chimie)

Ce sont principalement les Alchymistes qui exécutent leurs longues digestions à la chaleur du ventre de cheval.

Il est assez connu que les fours à faire éclore des poulets, proposés par M. de Réaumur, s'échauffent par la chaleur du fumier ou du ventre de cheval. On entend encore par ventre de cheval, un appareil plus compliqué, dans lequel le vaisseau qui contient le fumier est adapté à un bain-marie, ou à un bain de vapeurs. Celui-là sert aux mêmes usages, savoir aux digestions faites principalement dans des vues alchymiques. (b)

VENTRE, (Jurisprudence) ce terme en droit, a différentes significations.

Quelquefois par là l'on entend la mère d'un enfant, comme quand on dit que le ventre affranchit, et que la verge annoblit, partus sequitur ventrem.

Quelquefois par le terme de ventre on entend l'état d'une femme ou fille enceinte. On ordonne l'inspection du ventre par des matrones, pour vérifier si une femme ou fille est enceinte.

Quelquefois enfin ce terme ventre se prend pour l'enfant dont une femme ou fille est enceinte. On donne un curateur au ventre lorsqu'il s'agit des intérêts de l'enfant conçu et non encore né, ou pour veiller sur la mère et sur l'enfant, soit de crainte qu'il n'y ait supposition de part, ou pour empêcher que la mère ne fasse périr son fruit, ou qu'elle ne dérobe la connaissance de son accouchement, et ne détourne son enfant. Voyez au digeste le tit. de inspiciendo ventre, et ci-devant les mots CURATEUR AU VENTRE, INSPECTION, MATRONE. (A)

VENTRE, s. m. (Architecture) bombement d'un mur trop vieux, faible ou chargé, qui boucle et qui est hors de son à-plomb. Ainsi quand un mur est en cet état, on dit qu'il fait ventre, et qu'il menace ruine. (D.J.)

VENTRE, ou gorge, (Hydraulique) on appelle ainsi une fondrière entre deux montagnes, qui se rencontre dans la conduite des eaux, et qu'on est obligé de traverser pour raccorder les différents niveaux des montagnes, et donner à l'eau un écoulement naturel. (K)

VENTRE, terme de Potier d'étain, c'est la partie du milieu d'un vase, comme d'une pinte, qui est un peu plus grosse, plus large et plus élevée que les autres parties. (D.J.)

VENTRE, terme de Tourneur, sorte de planchette de bois, que le tourneur met devant son estomac lorsqu'il veut planer ou percer du bois ; on le nomme aussi poitrail. (D.J.)