subs. masc. en Anatomie, nom d'une glande conglomerée, située dans le bas-ventre derrière la partie supérieure de l'estomac, depuis la rate à laquelle elle est attachée par l'épiploon jusqu'au duodenum ; elle reçoit une infinité d'artérioles de la caeliaque, et elle sépare une humeur qui se rend dans un conduit commun, lequel s'ouvre dans le duodenum. Voyez DUODENUM ; voyez aussi Planches anat.

Le pancréas a été ainsi nommé par des anciens, parce qu'il leur a paru n'être composé que de chair, . Suivant Boerhaave, le pancréas est long de près de six pouces, large de deux, et pese quatre onces ; mais toutes ces mesures varient dans différents auteurs. Heister donne au pancréas le poids de trois onces, Warthon de cinq, le D. Haller dit que ce poids peut être plus grand ; au reste tout varie tellement dans divers sujets, qu'il est absolument impossible d'assigner une mesure juste. Le pancréas est situé transversalement, et il a sa grosse extrémité placée derrière la partie supérieure de l'estomac transversalement, par rapport à la rate à laquelle l'épiploon lie ce corps glanduleux ; de sorte que sa partie moyenne est très-antérieure, et descend de l'estomac jusqu'au duodenum, où il se prolonge un peu devant cet intestin, jusques-là d'autant plus épais qu'il tient plus la droite. Mais de l'endroit où cette grosse extrémité s'attache à la courbure du duodenum, elle se dilate quelquefois de quelques pouces pour former le petit pancréas de M. Winslow, qu'Eustache et bien d'autres ont Ve et représenté non-seulement dans l'homme, mais dans le chien et dans le castor, etc. En général cette glande, la plus considérable du bas-ventre et de tout le corps, est couverte par l'estomac et par la substance cellulaire du mesocolon qui recouvre en même temps le duodenum ; de sorte qu'engagé dans sa duplicature, il a le mesocolon et dessous et dessus lui : cette structure s'observe très-bien dans l'homme où le pancréas est d'une grosseur médiocre ; car il est si considérable et d'une étendue si énorme dans les poissons et autres petits animaux, qu'il occupe presque toute la capacité de l'abdomen. Le pancréas d'Asellius n'est point celui-ci ; il a été découvert par Wirsung, et mérite seul le nom de pancréas ; l'autre n'est qu'un amas des glandes conglobées mésentériques.

Le pancréas a plusieurs artères dont le nombre varie, mais qui viennent toutes de l'artère splénique, continuant leur chemin sous le pancréas vers la rate : il en a encore d'autres où il est voisin du duodenum, de la duodenale, de la gastroépiploïque et de la mésentérique supérieure. Les veines ont une semblable origine ; elles partent de la veine splénique ; de plus il en vient de la duodenale, de la pylorique et de la gastroépiploïque droite.

Les nerfs viennent du plexus sémilunaire du bas-ventre, du plexus mésentérique, des nerfs hépatiques, des spléniques ; ils rampent avec les vaisseaux dans la membrane cellulaire par la propre substance du pancréas, dont chaque grain a son petit faisceau. Les vaisseaux lymphatiques n'y sont pas rares. Ils ont été vus par Marchettis et par Pecquet. Il ne faut pas les confondre avec les vaisseaux lactés, semés dans le centre du mésentère, comme ont fait Asellius et Veslingius, depuis les anciens qui donnent tous ces vaisseaux lactés au pancréas. Voyez LACTE.

Le pancréas a un conduit formé par tous les rameaux qui partent de tous les petits grains qui le composent ; situé dans la partie moyenne, il en suit presque la direction ; il reçoit un autre rameau de la partie du pancréas, qui descend le long du duodenum, et s'ouvre avec lui dans le canal cholédoque, après avoir traversé toutes les membranes de l'intestin duodenum : ce conduit est quelquefois double ; Hérophile et Eudeme le connaissaient : Maurice Hoffman le fit voir double à Wirsung, dans le poulet-d'inde en 1641 ; et Wirsung l'ayant démontré le premier publiquement, son nom est resté à ce conduit. Voyez WIRSUNG.

C'est par ce conduit que le suc pancréatique est porté dans le duodenum. Voyez PANCREATIQUE et DUODENUM.

Les auteurs praticiens font mention d'abscès au pancréas, mais on ne les a jamais découverts qu'après la mort des malades, et l'on s'en est douté fortement par quelques symptômes du mal, et le pus rendu par les selles. Les tumeurs de cette glande ne peuvent guère s'apercevoir au toucher, à cause de la position de l'estomac qui couvre le pancréas ; cependant on soupçonne l'existence du mal par la difficulté de respirer, par des vomissements, et par une diarrhée bilieuse, accompagnée de douleurs à la région lombaire.

Au reste, l'Anatomie comparée fournit aux curieux une grande variété sur la forme, la structure, la grosseur, et l'insertion du pancréas dans les divers animaux. Il est d'une étendue si énorme dans quelques poissons, qu'il occupe presque toute la capacité de l'abdomen. Le poisson que M. Perrault appelle lieu, a 440 pancréas, et cinq ouvertures dans l'intestin qui répondent à cinq branches, dont il y en a trois qui ont chacune 80 pancréas, et deux qui en ont chacune 100. (D.J.)