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Catégorie parente: Physique particulière
Catégorie : Jardinage
v. act. (Jardinage) c'est planter à la ligne. Voyez ALIGNER.

AFFILER, (terme de Tireurs-d'or.) c'est disposer l'extrémité d'un fil d'or à passer dans une filière plus menue. Voyez TIREUR-D'OR.

AFFILER, (terme commun à presque tous les Arts où l'on use d'outils tranchans, et à presque tous les ouvriers qui les font.) Ainsi les Graveurs affilent leurs burins ; les Couteliers affilent leurs rasoirs, leurs couteaux, ciseaux et lancettes.

Ce terme se prend en deux sens fort différents : 1°. affiler, c'est donner à un instrument tranchant, tel qu'un couteau, une lancette, etc. la dernière façon, en enlevant après qu'il est poli, cette barbe menue et très-coupante qui le borde d'un bout à l'autre, que les ouvriers appellent morfil : 2°. affiler, c'est passer sur la pierre à affiler un instrument dont le tranchant veut être réparé, soit qu'il y ait breche, soit qu'à force de travailler il soit émoussé, en un mot un tranchant qui ne coupe plus assez facilement. Il y a généralement trois sortes de pierres à affiler : une grosse pierre bleue, couleur d'ardoise, et qui n'en est qu'un morceau, sur laquelle on ôte le morfil aux couteaux quand ils sont neufs, et sur laquelle on répare leurs tranchants quand ils ne coupent plus. Cette pierre ne sert guère qu'à affiler les instruments dont il n'est pas nécessaire que le tranchant soit extrêmement fin. Pour les instruments dont le tranchant ne peut être trop fin, comme les rasoirs, on a une autre pierre blanchâtre plus tendre et d'un grain plus fin que la première, qui se trouve en Lorraine : celle-ci sert à deux usages. Le premier, c'est d'enlever le morfil : le second, c'est en usant peu-à-peu les grains de l'acier, à rendre le tranchant plus fin qu'il n'a pu l'être au sortir de dessus la polissoire ; aussi la pierre d'ardoise n'a-t-elle pas plutôt enlevé le morfil des couteaux et des autres instruments auxquels elle sert, que ces instruments sont affilés. Il n'en est pas de même du rasoir, ni des autres outils qui veulent être passés sur la seconde pierre blanche, qu'on appelle pierre à rasoir. L'ouvrier fait encore aller et venir doucement son rasoir sur cette pierre longtemps après que le morfil est emporté. Il y a une troisième pierre qu'on appelle pierre du Levant, dont la couleur est ordinairement d'un verd très-obscur, très-sale, et tirant par endroits sur le blanchâtre ; son grain est fin, et elle est ordinairement très-dure : mais pour qu'elle soit bonne, on veut qu'elle soit tendre. C'est une trouvaille pour un ouvrier, qu'une pierre du Levant d'une bonne qualité. Cette pierre est à l'usage des Graveurs ; ils affilent sur elle leurs burins : elle sert aux Couteliers qui affilent sur elle les lancettes : en général elle parait par la finesse du grain, propre pour les petits outils et autres dont le tranchant doit être fort vif, et à qui on peut et on doit donner cette finesse de tranchant ; parce qu'ils ont été faits d'un acier fort fin et à grain très-petit, et qu'ils sont destinés à couper promptement et nettement. Il y a une quatrième pierre du Levant d'un tout à fait beau verd, sur laquelle on repasse aussi les petits outils, tels que les lancettes, et dont les ouvriers font grand cas quand elle est bonne.

Pour repasser un couteau, on tient la pierre de la main gauche, et l'on appuie dessus la lame du couteau qui fait avec la pierre un angle assez considérable : de cette manière la lame prend sur la pierre et perd son morfil. On fait aller et venir quatre à cinq fois le tranchant sur la pierre, depuis le talon jusqu'à la pointe, sur un des plats en allant, et sur l'autre plat en revenant ; la pierre est à sec. Le rasoir s'affîle entièrement à plat ; et la pierre à rasoir est arrosée d'huile. Mais comme le morfil du rasoir est fin, que le grain de la pierre est fin, et que la lame du rasoir Ve et vient à plat sur la pierre, il pourrait arriver que le morfil serait longtemps à se détacher. Pour prévenir cet inconvénient, l'ouvrier passe légèrement le tranchant du rasoir perpendiculairement sur l'ongle du pouce : de cette manière le morfil est renversé d'un ou d'autre côté, et la pierre l'enlève plus facilement. La lancette ne s'affîle pas tout à fait tant à plat que le rasoir ; la pierre du Levant est aussi arrosée d'huîle d'olive, et la lancette n'est censée bien affilée par l'ouvrier, que quand elle entre par son propre poids et celui de sa chasse, et sans faire le moindre bruit, sur un morceau de canepin fort fin que l'ouvrier tient tendu entre les doigts de la main gauche. Il y a des instruments qu'on ne passe point sur la pierre à affiler, mais sur lesquels au contraire on appuie la pierre. C'est la longueur de l'instrument, et la forme qu'on veut donner au tranchant, qui déterminent cette manière d'affiler.



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