ou ÉTAMINE, (Jardinage) voyez ÉTAMINE.

PAILLETTE D'OR, s. f. (Minéralogie) petit grain d'or, qu'on trouve dans le sable des rivières. Toutes les paillettes d'or ont des formes assez irrégulières ; elles ont pourtant cela de constant, qu'elles sont de petites lames ; je veux dire, qu'on ne doit pas se les représenter faites comme des grains de sable ; elles ont moins en épaisseur que dans les autres sens. Selon les observations qu'on en a faites, il semble qu'elles sont arrangées par couches, par feuilles dans la mine ; quelquefois elles paraissent feuilletées à la loupe. On ne doit pas non plus les imaginer plus minces que les feuilles des Batteurs d'or ; elles ont une épaisseur qui se laisse apercevoir, et qui est capable de leur donner de la solidité. Leurs figures, malgré leurs irrégularités, tiennent toujours de la ronde ; leurs bords sont aussi arrondis ; ce sont des espèces de petits gâteaux ; les frottements ont abattu leurs angles ; pendant que l'eau les entraine, elles rencontrent un sable qui les use.

Parmi les paillettes des rivières de Ceze et du Gardon, on en rencontre quelquefois qui ont une ligne et demie de diamètre ; mais il y en a davantage qui n'ont qu'une ligne, et même qu'une demi-ligne. Nous en avons de l'Ariège, qui ont deux lignes dans le sens où elles sont les plus grandes ; les paillettes du Rhin sont beaucoup plus petites, et celles du Rhône plus petites encore ; mais on trouve aux plus petites une figure approchante des plus grosses.

On assure pourtant qu'on a quelquefois ramassé dans le Rhône des paillettes grosses comme des grains de millet. Les Allemands en citent tirées de leurs rivières grosses comme des fèves ; mais ce ne sont, pour ainsi dire, que des miettes, si on les compare avec ces gros morceaux d'or trouvés dans le Pérou et le Méxique, et grossis peut-être encore par le récit des voyageurs. Cependant le père Feuillée, à qui on peut se fier, assure avoir Ve une pépite, c'est le nom qu'on donne à ces morceaux, d'une grosseur extraordinaire, du poids de soixante-six marcs et quelques onces, dans le cabinet d'Antonio Porto-Carrero : on en fit voir une en 1716 à l'académie, qui pesait, dit-on, cinquante-six marcs. Sa figure approchait de celle d'un cœur ; elle appartenait à dom Juan de Mur, qui avait été corrégidor d'Arica. M. Frézier a fait mention de cette pépite dans son voyage. Il en cite aussi une autre de soixante-quatre marcs, qui fut achetée par le comte de la Moncloa, viceroi du Pérou, pour en faire présent au roi d'Espagne. Mais ces pépites paraissent extraordinaires aux habitants des Indes, comme à nous. Ce sont des morceaux de mine entiers, qui sont détachés ou découverts par des torrents rapides ; et nous ne savons pas quelle est la grosseur des morceaux d'or qui fournissent depuis si longtemps nos rivières de paillettes. Nous verrions peut-être des pépites chez nous, si un coup brusque, un torrent extraordinaire, détachait à-la-fais ce qui n'est enlevé que par parcelles en plusieurs années. La nature travaille dans de grands laboratoires ; mais peut-être aussi que son laboratoire dans nos montagnes n'est pas en or ; elle en a de toutes matières. Mém. de l'académie des Sciences, 1718. (D.J.)

PAILLETTE, (Broderie) ce mot se dit des petits grains d'or ou d'argent ronds, aplatis et percés au milieu, dont on parseme quelquefois les broderies, les ornements d'église, et les habits de théâtre. On fait aussi des paillettes d'acier qu'on mêle dans les jais blancs et noirs pour des broderies du petit deuil des femmes.

PAILLETTES COMPTEES, en terme de Brodeur au métier ; ce sont des paillettes arrangées l'une sur l'autre comme de l'argent monnoyé. Pour les arrêter ainsi, on fait un point au bord de la première en-dehors, un autre dans le trou de cette première au bord de la seconde en-dehors, un autre dans le trou de cette seconde en-dedans ; ainsi des autres, en les approchant à l'aiguille l'une sur l'autre.

PAILLETTES COURONNEES, sont en terme de Brodeur au métier, celles qui sont environnées tout-autour d'ornements ou de points de bouillon. Voyez BOUILLON.