ou SINTOISME, s. m. (Histoire moderne, Culte religieux) c'est le nom que l'on donne à la religion idolâtre la plus anciennement établie au Japon. Elle consiste dans le culte que l'on rend à des héros déifiés, que les Japonais adorent sous le nom de cami ou kami, ce qui signifie esprits immortels. On leur élève des temples dans lesquels on conserve des épées, et d'autres armes antiques dont ces héros, devenus dieux, se servaient pour exterminer les monstres et les ennemis de l'empire. Les sintoïstes ont la vénération la plus profonde pour les reliques de ces dieux, qu'ils regardent comme les génies tutélaires de la nation, ses fondateurs et ses premiers rais. L'histoire de ces dieux fait la principale partie de la théologie du sintos ; elle est remplie d'événements miraculeux, de géans vaincus, de dragons exterminés, et d'autres aventures extraordinaires, qui ressemblent beaucoup à celles qui sont contenues dans nos anciens livres de chevalerie. Le chef de la religion du sintos et le souverain pontife, se nomme mikaddo ou dairi ; il a seul le droit de placer les héros et les grands hommes de la nation au rang des dieux. On prétend qu'il descend lui-même des anciennes divinités du pays, qui se font un devoir de le visiter une fois tous les ans.

La religion du sintos n'admet point la métempsycose ; cependant ses sectateurs s'abstiennent de tuer ou de manger les animaux utiles aux hommes. Ils croient l'immortalité de l'âme, et un état futur de bonheur et de malheur. Ils sont persuadés que le diable anime le renard qu'ils appellent ma, c'est-à-dire esprit malin, parce que cet animal cause de grands dommages à leurs pays.

Les principaux chefs de la religion du sintos se réduisent à quatre chefs.

1°. Les cérémonies légales : elles consistent à ne point se souiller de sang ; à s'abstenir de manger la chair ; à ne point toucher aux corps morts ; il n'est point permis de se présenter aux temples lorsque l'on est impur ; toute effusion de sang, même la plus involontaire, est regardée comme une grande souillure, et l'on démolirait un temple si un ouvrier qui travaillerait à sa construction, venait à se blesser jusqu'à répandre du sang. La plus grande de toutes les impuretés, est celle que l'on contracte par la mort de ses parents ; la souillure augmente à proportion de la proximité du degré. Quelques casuistes ajoutent que l'on peut contracter l'impureté des autres, ce qui arrive, soit en voyant, soit en entendant, soit en disant des choses impures et malhonnêtes. Les sintoïstes les plus rigides croient encore que c'est un crime, que de se présenter aux dieux avec un esprit inquiet et chagrin ; ils disent que les prières des malheureux doivent être des objets fâcheux pour des êtres qui jouissent de la suprême félicité.

2°. La célébration des fêtes de la religion est le second objet du sintoïsme. Ces fêtes s'appellent rébi, voyez cet article. Les principales se célebrent en l'honneur de Tensio-dai-sin, qui est le plus grand des dieux du sintoïsme : les autres dieux sont Suwa, Fatzman, Morisaki, Sitios, Sitenno, Gotsutenno, Inari, Idsumo, Jebisu, Daikoku, Tossi-toku, Fottei ou Miroku.

3°. Un des principaux points de la religion du sintos consiste à faire des pélerinages fréquents dans la province d'Isjé, où sont les temples consacrés au plus grand de leurs dieux, les femmes ne s'exemptent point de ce devoir ; mais les grands s'en dispensent et font faire ce pélerinage par des substituts. Lorsque les pélerins ont visité les saints lieux d'Isjé, on leur donne une boète appelée ofavai, qu'ils ont en grande vénération. Voyez OFAVAI.

4°. La religion du sintos a des sociétés et des confréries religieuses, et ses moines. Voyez JAMMABOS.