S. f. (Critique hébraïque) terme hébreu, qui signifie tradition ; la masore est un travail fait sur la Bible par quelques savants juifs, pour en empêcher l'altération, et pour servir de haie à la loi, comme ils disent, pour la défendre de tous les changements qui pourraient y arriver : ce travail consiste à avoir compté avec une exactitude minutieuse les versets, les mots et les lettres du texte, en avoir marqué toutes les diversités pour en fixer la lecture, afin qu'il ne s'altérât plus. Ils ont nommé ce travail masore ou tradition, comme si ce n'était autre chose qu'une tradition qu'ils eussent reçue de leurs pères. Voyez MASORETHES.

On varie sur l'origine de la masore : quelques-uns la rapportent à Esdras et aux membres de la grande Synagogue qui vivaient de son temps : d'autres prétendent qu'elle est l'ouvrage des rabbins qui enseignaient dans la fameuse école de Tibériade au cinquième siècle ; enfin le sentiment le plus général est que la masore n'est l'ouvrage ni d'un docteur, ni d'un siècle. Les rabbins de Tibériade y ont travaillé les premiers, et d'autres rabbins après eux à diverses reprises jusqu'aux xj. et xij. siècles, où l'on y mit la dernière main. (D.J.)