(Critique sacrée) mot venu de la Perse, dont les provinces étaient gouvernées par des commandants qui portaient le nom de satrapes. Ptolémée, en parlant des régions de l'Europe, les nomme provinces ou satrapies. Pline se sert aussi du même mot, en parlant des Indes ; et ce mot qui ne signifie autre chose, qu'un pays gouverné par un seul officier, a quelque rapport à ce que nous appelons en France gouvernements, et à ce que les Italiens nomment prefettura.

Le mot satrape signifie proprement un général d'une armée navale ; mais depuis il fut donné aux gouverneurs des provinces, et aux principaux ministres des rois de Perse. Nous les trouvons même dans les satrapies des Philistins, qui subsistaient dès le temps des juges. Il est vrai que les satrapes des Philistins sont appelés dans l'hébreu seranim, d'où vient le nom de surenes, qui était aussi un nom de dignité chez les Perses. Le général de l'armée des Parthes, qui tua Crassus, avait la dignité de surena, et nos Historiens en ont fait un nom propre.

Ce terme satrape, selon son étymologie, signifie un grand qui voit la face du roi. On trouve dans Jérémie, c. lj. v. 27. et dans Nahum, le nom de Tapsar, que les interprêtes traduisent par satrapes.

Les satrapes des Philistins, étaient comme des rais, qui gouvernaient avec un pouvoir absolu les cinq Satrapies, c'est-à-dire les cinq villes principales des Philistins. Les satrapes des Perses étaient des gouverneurs de provinces, envoyés de la part du roi ; saint Jérôme traduit quelquefois par satrapae, l'hébreu pachat, qui signifie un chef de troupes, un gouverneur de province, d'où vient le mot bacha ou pacha, qui est encore en usage chez les Turcs. Mais le nom de satrape est caché sous le terme achasdrapne, qu'on lit dans Daniel, dans Esdras et dans Esther, qui sont des livres écrits depuis la captivité. (D.J.)