S. m. (Histoire moderne, Culte) c'est le nom que les sauvages de la Virginie donnent à leur principale idole ; cependant quelques-uns la désignent sous le nom d'Okos ou de Kiousa. Cette idole n'est qu'un assemblage de pièces de bois, que l'on pare les jours de fête, et que les prêtres ont soin de placer dans un lieu obscur au fond du quiocosan ou temple, où il n'est point permis au peuple de pénétrer ; là par le moyen de cordes ils impriment différents mouvements à cette statue informe, dont ils se servent pour tromper la crédulité des sauvages. Ils admettent un Dieu infiniment bon, et à qui par conséquent ils jugent qu'il est inutile de rendre de culte ; leurs hommages sont uniquement réservés à un esprit malfaisant qui réside dans l'air, dans le tonnerre et dans les tempêtes ; il s'occupe sans cesse à défaire le bien que le Dieu de la bonté leur a fait ; c'est cet esprit malin que les Virginiens adorent sous le nom de Quioco ; ils lui offrent les prémices de toutes les plantes, animaux et poissons ; on les accuse même de lui sacrifier de jeunes garçons de douze ou quinze ans, que l'on a eu soin de peindre de blanc, et que l'on assomme de coups de bâtons pour plaire à l'idole, au milieu des pleurs et des gémissements de leurs mères, qui sont présentes à ces barbares cérémonies. Les Virginiens élèvent encore des pyramides de pierres qu'ils peignent de différentes couleurs, et auxquelles ils rendent une espèce de culte, comme à des emblèmes de la durée et de l'immutabilité de la divinité.