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Catégorie parente: Science de Dieu
Catégorie : Théologie & histoire ecclésiastique
S. m. (Théologie et Histoire ecclésiastique) on appelle ainsi en général toute formule de foi qu'on propose pour être reçue ou signée ; mais on donne aujourd'hui ce nom (comme par excellence) au fameux formulaire dont le clergé de France a ordonné la signature en 1662, et par lequel l'on condamne les cinq propositions dites de Jansénius.

Ce formulaire, auquel un petit nombre d'ecclésiastiques refuse encore d'adhérer, est une des principales causes des troubles dont l'église de France est affligée depuis cent ans. La postérité aura-t-elle pour les auteurs de ces troubles de la pitié ou de l'indignation, quand elle saura qu'une dissension si acharnée se réduit à savoir, si les cinq propositions expriment ou non la doctrine de l'évêque d'Ypres ? car tous s'accordent à condamner ces propositions en elles-mêmes. On appelle (très-improprement) Jansénistes, ceux qui refusent de signer que Jansénius ait enseigné ces propositions. Ceux-ci de leur côté qualifient (non moins ridiculement) leurs adversaires de Molinistes, quoique le Molinisme n'ait rien de commun avec le formulaire ; et ils appellent athées les hommes sages qui rient de ces vaines contestations. Que les opinions de Luther et de Calvin aient agité et divisé l'Europe, cela est triste sans-doute ; mais du-moins ces opinions erronées roulaient sur des objets réels et importants à la religion. Mais que l'Eglise et l'Etat aient été bouleversés pour savoir si cinq propositions inintelligibles sont dans un livre que personne ne lit ; que des hommes, tels qu'Arnauld, qui auraient pu éclairer le genre humain par leurs écrits, aient consacré leur vie et sacrifié leur repos à ces querelles frivoles ; que l'on ait porté la démence jusqu'à s'imaginer que l'être suprême ait décidé par des miracles une controverse si digne des temps barbares : c'est, il faut l'avouer, le comble de l'humiliation pour notre siècle. Le seul bien que ces disputes aient produit, c'est d'avoir été l'occasion des Provinciales ; modèle de bonne plaisanterie dans une matière qui en paraissait bien peu susceptible. Il ne manquerait rien à cet immortel ouvrage, si les fanatiques * des deux partis y étaient également tournés en ridicule : mais Pascal n'a lancé ses traits que sur l'un des deux, sur celui qui avait le plus de pouvoir, et qu'il croyait mériter seul d'être immolé à la risée publique. M. de Voltaire dans son chapitre du Jansénisme, qui fait partie du siècle de Louis XIV. a su faire de la plaisanterie un usage plus impartial et plus utîle ; elle est distribuée à droite et à gauche, avec une finesse et une legereté qui doit couvrir tous ces hommes de parti d'un mépris ineffaçable. Peut-être aucun ouvrage n'est-il plus propre à faire sentir combien le gouvernement a montré de lumières et de sagesse en ordonnant enfin le silence sur ces matières, et combien il eut été à désirer qu'une guerre aussi insensée eut été étouffée dès sa naissance. Mais le cardinal Mazarin qui gouvernait alors, pouvait-il prévoir que des hommes raisonnables s'acharneraient pendant plus de cent ans les uns contre les autres pour un pareil objet ? La faute que ce grand ministre fit en cette occasion, apprend à ceux qui ont l'autorité en main, que les querelles de religion, même les plus futiles, ne sont jamais à mépriser ; qu'il faut bien se garder de les aigrir par la persécution ; que le ridicule dont on peut les couvrir dès leur origine, est le moyen le plus sur de les anéantir de bonne-heure ; qu'on ne saurait surtout trop favoriser les progrès de l'esprit philosophique, qui en inspirant aux hommes l'indifférence pour ces frivoles disputes, est le plus ferme appui de la paix dans la religion et dans l'état, et le fondement le plus sur du bonheur des hommes. (O)




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