S. m. pl. (Histoire ecclésiastique) branche des anciens Manichéens, ainsi appelés du nom d'un certain Paul, qui s'en fit chef en Arménie dans le VIIe siècle. On les trouve aussi nommés par corruption dans quelques auteurs, Publicani, Populicani et Poblicani. Ces hérétiques, par leur nombre, et par la protection de l'empereur Nicephore, devinrent formidables à l'empire d'Orient. Outre l'erreur des deux principes co-éternels et indépendants l'un de l'autre, qui est la base du Manichéisme, ils avaient la croix en exécration, et l'Eucharistie en horreur ; ils condamnaient le culte des martyrs, et ne rendaient de respect au livre des Evangiles que lorsqu'il ne portait pas empreinte l'image de la croix.

L'impératrice Théodora, tutrice de Michel III. ordonna en 845, qu'on travaillât efficacement à convertir ces hérétiques, ou qu'on les chassât de l'empire, s'ils résistaient avec opiniâtreté. Plus de cent mille d'entr'eux périrent par les supplices, le reste alla se rendre aux Sarasins. Mais un siècle après ils firent la guerre à l'empereur Basile le Macédonien : ils envoyèrent même en Bulgarie des missionnaires qui y semèrent l'erreur manichéenne, qui de-là se répandit peu après dans le reste de l'Europe. Voyez BULGARES et MANICHEENS, Bossuet, Histoire des Variat. tom. II. liv. XIe pag. 229.