(Histoire ecclésiastique) on croit que le Sémi-pélagianisme a tiré sa principale origine des écrits de Jean Cassien, appuyés de son autorité.

Ce fameux solitaire, après avoir demeuré longtemps en orient, et s'y être nourri de la doctrine des Grecs, vint s'établir à Marseille peu après l'an 404 ; il y fonda deux monastères, et s'y distingua par son savoir, et par sa piété. Il écrivit malheureusement dans des circonstances fâcheuses, et où les disputes sur la grâce étaient encore fort animées. En effet, les Pélagiens venaient d'être condamnés en Afrique, à Rome, et en orient ; lorsque vers l'an 426, tout au plus tard, Cassien publia sa treizième conférence, où il enseigne nettement que l'homme peut avoir de soi-même le désir de se convertir, que le bien que nous faisons ne dépend pas moins de notre libre arbitre, que de la grâce de Jesus-Christ ; que cette grâce est gratuite ; que Dieu cependant la donne, non selon sa puissance souveraine, mais selon la mesure de la foi qu'il trouve dans chacun, ou qu'il y a mise lui-même ; qu'il y a réellement dans l'homme une foi que Dieu n'y a pas mise, comme il parait, dit-il, par celle que Jesus-Christ loue dans le centenier de l'Evangile.

Cette doctrine se repandit promtement dans les Gaules, et trouva quantité de sectateurs, au nombre desquels on compta plusieurs évêques et autres illustres personnages. (D.J.)