S. m. (Histoire ecclésiastique) nom de secte, sectateur de Gilbert de la Porrée, évêque de Poitiers, qui fut condamné dans le XII. siècle, pour avoir été soupçonné d'admettre une distinction physique entre Dieu et ses attributs : ou bien comme dit Marsham, pour avoir écrit trop curieusement du mystère de la Trinité ; car on ne sait point trop bien quel était son sentiment.

Quel qu'il fût, il donna occasion aux soupçons que l'on conçut de lui, en soutenant que cette proposition, Deus est bonitas, n'était pas vraie, si on ne la réduisait à celle-ci, Deus est bonus ; et il y a des endroits de Saint Bernard qui écrit fortement contre lui, où il semble admettre une distinction réelle entre la nature de Dieu et ses attributs. Les Porretains sont opposés aux Nominaux. Voyez NOMINAUX.

On accusait encore Gilbert de la Porrée d'avoir soutenu que l'essence divine n'était point Dieu, qu'il n'y avait point de mérite que celui de Jesus-Christ, et que personne n'était véritablement baptisé, s'il n'était sauvé. Ces erreurs furent condamnées par Eugène III. dans le concile de Rheims tenu en 1147. Gilbert se soumit aux décisions du concile, et gouverna encore son église jusqu'en 1154 ; ainsi l'on ne doit point le compter au nombre des hérétiques. Ses disciples n'imitèrent pas sa soumission : c'est pourquoi nous les avons ici qualifiés de sectaires.