adj. (Théologie) ce qui contient une allégorie. Voyez ALLEGORIE. Les Théologiens distinguent dans l'Ecriture deux sortes de sens en général, le sens littéral et le sens mystique. Voyez SENS LITTERAL et MYSTIQUE.

Ils subdivisent le sens mystique en allégorique, tropologique et anagogique.

Le sens allégorique est celui qui résulte de l'application d'une chose accomplie à la lettre, mais qui n'est pourtant que la figure d'une autre chose : ainsi le serpent d'airain élevé par Moyse dans le désert pour guérir les Israèlites de leurs plaies, représentait dans un sens allégorique Jesus-Christ élevé en croix pour la rédemption du genre humain.

Les anciens interpretes de l'Ecriture se sont fort attachés aux sens allégoriques : on peut s'en convaincre en lisant Origène, Clément d'Alexandrie, etc. mais ces allégories ne sont pas toujours des preuves concluantes, à moins qu'elles ne soient indiquées dans l'Ecriture même, ou fondées sur le concert unanime des pères.

Le sens allégorique proprement dit, est un sens mystique qui regarde l'Eglise et les matières de religion. Tel est ce point de doctrine que saint Paul explique dans son épitre aux Galates : Abraham duos filios habuit, unum de ancillâ, et unum de liberâ : sed qui de ancillâ, secundùm carnem natus est ; qui autem de liberâ, per repromissionem : quae sunt per ALLEGORIAM dicta. Voilà l'allégorie ; en voici le sens, et l'application à l'Eglise et à ses enfants : Hoec enim sunt duo testamenta ; unum quidem in monte Sina, in servitutem generants ; quae est Agar.... Illa autem quae sursum est Jerusalem libera est, quae est mater nostra.... Nos autem fratres, secundùm Isaac promissionis filii summus.... Non summus ancillae filii, sed liberae ; quâ libertate Christus nos liberavit. Galat. cap. jv. vers. 23. 24. 25. 26. 29. 31. (G)