S. m. pl. (Théologie) hérétiques anciens de la secte des Gnostiques et appelés ainsi de leur chef Héracléon. Voyez GNOSTIQUE.

S. Epiphane, haeres. 36. s'étend beaucoup sur cet article. Il représente Héracléon comme un homme qui avait réformé la théologie des Gnostiques en plusieurs articles, mais qui dans le fond en avait conservé les principaux. Il raffinait sur les interprétations superflues des textes de l'Ecriture, et même il altérait les paroles de quelques-uns pour les concilier avec ses notions particulières. Il soutenait, par exemple, que par ces paroles de S. Jean, toutes choses furent faites par lui, on ne devait point entendre l'univers et tout ce qu'il contient : il prétendait que l'univers qu'il appelait Aeon, n'avait point été fait par le Verbe ; mais qu'il avait été fait avant le Verbe. Et pour appuyer cette construction, il ajoutait à ces paroles de S. Jean, sans lui rien ne fut fait, ces autres paroles, des choses qui sont dans le monde.

Il distinguait deux sortes de mondes, l'un divin et l'autre corruptible ; et il restraignait le mot panta, toutes choses, au dernier monde. Il soutenait aussi que le Verbe n'avait pas créé le monde immédiatement et par lui-même, mais qu'il avait été seulement cause que le Demiurge l'avait formé.

Les Héracléonites, à l'exemple de leur maître, détruisaient toute l'ancienne prophétie, et disaient que S. Jean était véritablement la voix qui avait annoncé le Sauveur ; mais que les prophéties n'étaient que des sons en l'air qui ne signifiaient rien. Ils se croyaient supérieurs aux apôtres dans la connaissance de la religion ; et sur ce fondement, ils avançaient d'étranges paradoxes, sous prétexte d'expliquer l'Ecriture d'une manière sublime et relevée. Ils aimaient les interprétations mystiques, au point qu'Origène, qui était lui-même un grand mystique, fut obligé de reprocher à Héracleon qu'il abusait de ces sortes d'explications. Voyez PROPHETIE, ALLEGORIE, etc. Voyez le Dictionn. de Trév. (G)