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Catégorie parente: Science de Dieu
Catégorie : Theologie
S. f. (Théologie) terme par lequel les Luthériens expriment leur croyance sur la présence réelle de Jesus-Christ dans l'eucharistie. Ils prétendent qu'après la consécration le corps et le sang de N. S. Jesus-Christ sont réellement présents avec la substance du pain, et sans que celle-ci soit détruite. C'est ce qu'ils appellent consubstantiation ou impanation. Voyez IMPANATION (Luthéranisme)

Je crois, disait Luther (de captiv. Babyl. tom. II.), je crois, avec Wiclef, que le pain demeure ; et je crois, avec les Sophistes (c'est ainsi qu'il nommait les Théologiens catholiques), que le corps de Jesus-Christ y est. Il expliquait, dit M. Bossuet, sa doctrine en plusieurs façons, et la plupart fort grossières. Tantôt il disait que le corps est avec le pain, comme le feu est avec le fer brulant : quelquefois il ajoutait à ces expressions, que le corps était dans le pain, sous le pain, comme le vin est dans et sous le tonneau.

De-là ces propositions si usitées parmi les Luthériens, in, sub, cum, qui veulent dire que le corps de Jésus-Christ est dans le pain, sous le pain, et avec le pain. Mais comme Luther sentit que ces paroles, ceci est mon corps, signifiait quelque chose de plus, il les expliqua ainsi, ce pain est mon corps substantiellement : explication inouie et plus absurde que la première. Histoire des variat. tom. I. l. II. n. 2.

Pour expliquer sa première comparaison, il disait que le vrai corps et le vrai sang de Jesus-Christ sont dans le pain et dans le vin, comme le feu se mêle dans un fer chaud avec le métal ; en sorte que comme chaque partie de fer rouge est fer et feu, de même chaque parcelle du pain et du vin est tout ensemble pain et vin, et le corps et le sang de Jesus-Christ. Il ne laisse pas de dire, qu'il permet l'une et l'autre opinion de la transubstantiation et de la consubstantiation, et qu'il lève seulement le scrupule de ceux qui ne voudraient pas admettre la première ; et dans un autre ouvrage, comme on lui reprochait qu'il faisait demeurer le pain dans l'eucharistie, il l'avoue : " mais je ne condamne pas, dit-il, l'autre opinion ; je dis seulement que ce n'est pas un article de foi ". Respons. ad articul. extract. de captiv. Babylon. tom. II. fol. 172. Mais bientôt il en vint jusqu'à nier ouvertement la transubstantiation. Voyez TRANSUBSTANTIATION.

Luther dans ses propres principes se trompait en admettant la consubstantiation. C'est ce que Zuingle et tous les défenseurs du sens figuré lui démontraient clairement. Ils remarquaient que J. C. n'a pas dit, mon corps est ici, ou mon corps est sous ceci, et avec ceci, ou ceci contient mon corps ; mais simplement ceci est mon corps. Ainsi ce qu'il veut donner aux fidèles n'est pas une substance qui contienne son corps, ou qui l'accompagne, mais son corps sans aucune autre substance étrangère. Il n'a pas dit non plus, ce pain est mon corps, qui est l'autre explication de Luther ; mais il a dit ceci est mon corps par un terme indéfini, pour montrer que la substance qu'il donne n'est plus du pain, mais son corps : et quand Luther expliquait, ceci est mon corps, ce pain est mon corps réellement et sans figure, il détruisait sans y penser sa propre doctrine. Car on peut bien dire avec l'Eglise Catholique, que le pain devient le corps au même sens que S. Jean a dit que l'eau fut faite vin aux noces de Cana en Galilée, c'est-à-dire par changement de l'un en l'autre. On peut dire pareillement que ce qui est pain en apparence, est en effet le corps de notre Seigneur ; mais que du vrai pain en demeurant tel, fût en même temps le vrai corps de notre Seigneur, comme Luther le prétendait, les défenseurs du sens figuré lui soutenaient, aussi-bien que les Catholiques, que c'est un discours qui n'a point de sens, et concluaient qu'il fallait admettre avec eux un simple changement moral, ou le changement de substance avec ceux que Luther appelait Papistes. Contin. de Fleury, ad an. 1526. (G)



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