Imprimer
Catégorie parente: Science de Dieu
Catégorie : Theologie
(Théologie) Les interpretes de l'Ecriture, tant Juifs que Chrétiens, ne s'accordent pas entr'eux sur la signification de ce mot azazel, qui se trouve au chap. XVIe du Lévitique ; ce qui a fait que plusieurs ont retenu dans leurs versions de l'Ecriture le mot azazel comme un nom propre. Quelques rabbins ont cru que c'était le nom de quelque montagne où le sacrificateur envoyait le bouc dont il est parlé en ce lieu-là. Mais S. Jérome traduit le mot azazel par caper emissarius, bouc émissaire, en suivant les Septante, qui en cet endroit ont traduit dans ce même sens, comme l'expliquent Théodoret et S. Cyrille ; Aquilla et Symmaque ont aussi traduit, le bouc renvoyé, ou mis en liberté. Le Juif David de Pomis suit dans son dictionnaire cette dernière interprétation. Il remarque seulement que, selon le sentiment de quelques auteurs, azazel est le nom d'une montagne d'où l'on précipitait le bouc qui servait de victime en cette cérémonie. Grotius appuie aussi l'interprétation de la Vulgate, dans ses notes sur le chapitre XVIe du Lévitique, où il observe que ce bouc signifiait que les péchés qui avaient été expiés par la victime ne retournaient plus devant Dieu ; ce que les Juifs expliquent des péchés par lesquels on ne mérite ni la mort, ni la peine d'être retranché du peuple de Dieu. Bochart croit que le mot azazel est un mot purement Arabe, qui signifie éloignement, départ. Spencer conjecture que c'était un démon ; et quand on envoyait le bouc à azazel, cela marquait qu'on l'abandonnait au diable. Les Cabalistes, et Julien l'apostat, ont été du même sentiment que Spencer. Origène n'en parait pas éloigné. M. le Clerc croit qu'azazel signifie un précipice. Toutes ces conjectures sont assez mal établies : l'opinion la plus vraisemblable est celle qui dérive ce mot de hez, qui signifie un bouc, et d'azal, qui signifie il s'en est allé. Quand le grand prêtre entrait dans le sanctuaire, ce qui ne lui était permis qu'une fois l'an, il prenait deux boucs, qu'il présentait à l'entrée du tabernacle ; il jetait le sort pour voir lequel des deux serait immolé au Seigneur, et lequel serait mis en liberté : il mettait sa main sur la tête de ce dernier ; il confessait ses péchés et ceux du peuple, et priait Dieu de faire tomber sur cet animal la peine qu'ils avaient méritée. Un homme destiné à cela, ou un prêtre, selon quelques interpretes, conduisait le bouc dans un lieu désert et éloigné, le précipitait, et le mettait en liberté. Levit. XVIe Voyez Sam. Bochart, dans son Hieros. J. Spencer, de Legibus Hebraicis ritualibus. Dissertat. de capro emiss. D. Calmet sur le Levit. (G)
Affichages : 1719