ou EZRA, (Théologie) nom de deux livres canoniques de l'ancien Testament, dont le premier est connu sous le nom d'Esdras, et le second sous celui de Nehemias.

Ils sont ainsi appelés du nom de leurs auteurs. Esdras à qui l'on attribue le premier, fut grand prêtre des Juifs pendant la captivité, et particulièrement vers le temps où ils retournèrent en Palestine sous le règne d'Artaxerxe Longuemain. Il est appelé dans l'écriture scriba velox in lege Moysi, c'est-à-dire un docteur habile dans la loi de Moyse ; car le mot sopher, que la vulgate rend par scriba, ne signifie pas un écrivain, mais un docteur de la loi. Ce fut lui qui, selon les conjectures communes, recueillit tous les livres canoniques, les purgea des corruptions qui s'y étaient glissées, et les distingua en 22 livres, selon le nombre des lettres de l'alphabet hébreu. Ce qui a donné lieu à l'erreur de ceux qui ont pensé que les livres de l'ancien Testament étant perdus, il les avait dictés de mémoire. On croit aussi que dans cette révision il changea quelques noms des lieux, et mit ceux qui étaient en usage à la place des anciens ; observation qui sert de réponse à plusieurs objections de Spinosa. On conjecture encore que par l'inspiration du S. Esprit, il ajouta certaines choses arrivées après la mort des auteurs de ces livres.

Les deux livres d'Esdras sont canoniques et reconnus pour tels par la synagogue et par l'Eglise. Le troisième et le quatrième, qui se trouvent en latin dans les bibles ordinaires après l'oraison de Manassès, quoique reconnus pour canoniques en plusieurs pays, et particulièrement chez les Grecs, sont regardés comme apocryphes par les Latins et même par les Anglicans. Le troisième dont on a le texte grec, est une répétition de ce qui est contenu dans les deux premiers. Il est cité par S. Athanase, S. Augustin, S. Ambraise : S. Cyprien même semble l'avoir connu. Le quatrième qu'on n'a qu'en latin, est plein de visions, de songes, et de quelques erreurs. Il est d'un autre auteur que le troisième, et probablement de quelque juif converti.

Le canon d'Esdras est la collection des livres de l'Ecriture faite par ce pontife, qui selon Genebrard, de concert avec la grande synagogue, les distingua par livres, et ceux-ci par versets. S. Jérome dit qu'il les copia en caractères chaldéens qui sont les carrés, et laissa les anciens aux Samaritains. Il parait que la synagogue ne s'en est pas tenue au canon d'Esdras, et qu'elle y a ajouté d'autres livres ; témoin le livre d'Esdras lui-même, et celui de Nehemias. Voyez CANON. (G)