S. m. (Théologie) celui qui s'entremet entre deux contractants, ou qui porte les paroles de l'un à l'autre pour les lui faire agréer.

Dans les alliances entre les hommes où le saint nom de Dieu intervient, Dieu est le témoin et le médiateur des promesses et des engagements réciproques que les hommes prennent ensemble.

Lorsque Dieu voulut donner sa loi aux Hébreux, et qu'il fit alliance avec eux à Sinaï, il fallut un médiateur qui portât les paroles de Dieu aux Hébreux et les réponses des Hébreux à Dieu, et ce médiateur fut Moïse.

Dans la nouvelle alliance que Dieu a voulu faire avec l'Eglise chrétienne, Jesus-Christ a été médiateur de rédemption entre Dieu et les hommes ; il a été le répondant, l'hostie, le prêtre et l'entremetteur de cette nouvelle alliance. Mediator Dei et hominum homo Christus Jesus, Tim. xj. 5. Saint Paul, dans son épitre aux Hébreux, relève admirablement cette qualité de médiateur du nouveau Testament qui a été exercée par Jesus-Christ.

Outre ce seul et unique Médiateur de rédemption, les Catholiques reconnaissent pour médiateurs d'intercession entre Dieu et les hommes les prêtres et les ministres du Seigneur, qui offrent les prières publiques et les sacrifices au nom de toute l'Eglise. Ils donnent encore le même nom aux saints personnages vivants, aux prières desquels ils se recommandent, aux anges qui portent ces prières jusqu'au trône de Dieu, aux saints qui règnent dans le ciel et qui intercedent pour les fidèles qui sont sur la terre. Et cette expression ne déroge en rien à l'unique et souveraine médiation de Jesus-Christ, ainsi que nous le reprochent les protestants, qui, comme on voit, abusent à cet égard du nom de médiateur. (G)

MEDIATEUR, s. m. (Politique) lorsque des nations se font la guerre pour soutenir leurs prétentions réciproques, on donne le nom de médiateur à un souverain ou à un état neutre, qui offre ses bons offices pour ajuster les différends des puissances belligérantes, pour régler à l'amiable leurs prétentions, et pour rapprocher les esprits des princes, que les fureurs de la guerre ont souvent trop aliénés pour écouter la raison, ou pour vouloir traiter de la paix directement les uns avec les autres. Pour cet effet, il faut que la médiation soit acceptée par toutes les parties intéressées ; il faut que le médiateur ne soit point lui-même engagé dans la guerre que l'on veut terminer ; qu'il ne favorise point une des puissances aux dépens de l'autre ; en un mot, il faut que faisant en quelque façon les fonctions d'arbitre et de conciliateur, il se montre équittable, impartial et ami de la paix. Le rôle de conciliateur est le plus beau qu'un souverain puisse jouer ; aux yeux de l'homme humain et sage, il est préférable à l'éclat odieux que donnent des victoires sanguinaires, qui sont toujours des malheurs pour ceux mêmes qui les remportent, et qui les achetent au prix du sang, des trésors et du repos de leurs sujets.

MEDIATEUR, (Histoire de Constant.) en grec . On nommait médiateur, , sous les empereurs de Constantinople, les ministres d'état, qui avaient l'administration de toutes les affaires de la cour ; leur chef ou leur président s'appelait le grand médiateur, ; et c'était un poste de grande importance. (D.J.)

MEDIATEUR, (Jeu) au jeu de ce nom, c'est un roi que demande à l'un des joueurs un autre joueur qui peut faire six levées à l'aide seule de ce roi. Il joue seul, et gagne seul alors, et donne pour le roi qu'il demande telle carte de son jeu qu'il veut à celui qui le lui remet, et une fiche ou deux, s'il joue en couleur favorite.

Ce jeu est, à proprement parler, un quadrille, où pour corriger en quelque façon, ou plutôt pour étendre à tous les joueurs, l'avantage considérable de pouvoir jouer avec leur jeu au préjudice même du premier en cartes, on a ajouté à la manière ordinaire de jouer le quadrille, celle de le jouer avec le médiateur et la couleur favorite, ce qui rend ce jeu beaucoup plus amusant : au reste, cette petite addition ne change rien à la manière ordinaire de jouer le quadrille, il y faut le même nombre de cartes, elles ont la même valeur ; et c'est la même quantité de personnes qui jouent. Celui qui demande en appelant dans la couleur favorite, a la préférence sur un autre qui aurait demandé avant lui en couleur simple. Celui qui demande avec le médiateur, a la préférence sur un autre qui demanderait simplement, en ce cas il doit faire six mains seul pour gagner. Celui qui demande avec le médiateur dans la couleur favorite, doit avoir la préférence sur un autre qui demande avec le médiateur dans une des autres couleurs. Celui qui joue sans prendre dans une autre couleur que la favorite, aura la préférence sur celui qui ne jouera que le médiateur, ou qui aurait demandé, le sans-prendre en couleur favorite a la préférence sur tous les autres jeux. Voyez SANS-PRENDRE. A l'égard de la manière de jouer le médiateur, elle est la même que celle du jeu de quadrille ordinaire, tant pour celui qui demande en appelant un roi, soit dans la couleur favorite, soit en couleur simple, que pour celui qui joue sans-prendre en couleur favorite, ou autrement. La seule différence qu'il y ait dans ces deux jeux, est lorsqu'un des joueurs demande le médiateur, alors il est obligé de jouer seul, et de faire six levées comme s'il jouait sans-prendre. Celui qui a demandé le médiateur, doit, s'il n'est pas premier, jouer de la couleur de son roi, parce qu'il est à présumer qu'il a plusieurs cartes de la couleur de ce roi qui, par ce moyen, peut être coupé. Il faut observer aussi de ne point jouer dans le roi appelé quand l'hombre est dernier en carte, ou qu'il ne peut jouer dans la couleur de son roi, parce que par-là on ferait l'avantage de son jeu : et que quand on le couperait, il pourrait ne mettre qu'une basse carte, et le garder pour quand il aurait fait tomber tous les atous. Le jeu se marque par celui qui mêle en mettant devant lui le nombre des fiches qu'on est convenu, qui est de deux ordinairement pour le jeu, et de quatre pour les matadors, que ceux qui les ont tirent entr'eux deux pour spadille, et un pour chacun des autres. Ceux qui ont gagné par demande en couleur simple, reçoivent six jetons chacun de chaque joueur, et chacun une fiche ; s'ils perdent par remise, ils perdent quatre jetons de consolation, et six si c'est par codille. Si le roi appelé fait deux mains, il ne doit point payer ni bête, ni consolation : ceux qui gagnent dans la couleur favorite par demande simple, se font payer chacun douze jetons des deux autres joueurs ; ils en donnent huit s'ils perdent par remise, et douze par codille.

Celui qui a gagné avec le médiateur, doit recevoir seize jetons de chacun ; s'il perd par remise, il en doit donner quatorze à chacun, et seize par codille. Celui qui a gagné en jouant dans la couleur favorite avec le médiateur, doit recevoir de chacun trente-deux jetons, et doit en donner vingt-huit à chaque joueur s'il perd par remise, et trente-deux par codille.

Celui qui a gagné un sans-prendre dans une autre couleur que la favorite, doit recevoir vingt-six jetons de chacun : s'il perd par codille, il payera pareil nombre à tous les joueurs, et vingt-quatre par remise.

Celui qui gagne sans-prendre dans la couleur favorite, doit recevoir cinquante-deux jetons de chacun ; il en paye pareil nombre aux joueurs s'il perd codille, et quarante-huit s'il perd par remise : pour la vole en couleur simple deux fiches, en favorite quatre ; pour la vole avec le médiateur en simple trois fiches, et six en favorite ; pour la vole et le sans-prendre ordinaire quatre fiches, en couleur favorite huit fiches. On paye deux jetons pour chaque matador, et quatre en couleur favorite. Il y a des maisons où l'on paye deux fiches pour spadille, et une pour chacun des autres matadors. Il y a même des personnes qui ne comptent point les matadors, et qui veulent que l'on donne une fiche pour tous ceux qu'on peut avoir, et deux quand on les a dans la couleur favorite. Il faut encore observer qu'on peut jouer le médiateur et annoncer la vole, et que celui qui demande le médiateur et annonce la vole, doit l'emporter sur celui qui a demandé le médiateur sans l'annoncer, parce qu'il est à présumer que celui qui annonce ainsi la vole, doit avoir dans son jeu de quoi faire neuf levées, ou tout-au-moins huit avec une dame dont il demande le roi, et parce qu'il risque de perdre la vole annoncée, si son roi est coupé, comme cela peut arriver ; de même celui qui peut entreprendre la vole avec le secours d'un médiateur, doit l'emporter sur celui qui a de quoi jouer sans prendre. Quant aux bêtes et à leurs payements, rien de plus facile à concevoir ; toute bête augmente de vingt-huit sur celle qui est déjà faite ; la première, par exemple, est vingt-huit ; la seconde, de cinquante-six ; la troisième, de quatre-vingt-quatre, et ainsi des autres. La plus haute se paye toujours la première. Ce jeu, comme on le voit, étant bien mené et bien entendu, ne peut être que fort amusant.