S. f. (Grammaire et Théologie) qualité d'un père ou sa relation à l'égard de son fils. Voyez PERE et FILS.

Dans le mystère de la sainte Trinité il y a une relation immédiate entre la paternité du père et la filiation du fils. Voyez TRINITE.

Les Théologiens ont disputé longtemps sur la question, si la paternité a un caractère réel et spécifique qui distingue absolument le père d'avec le fils, ou si c'est une pure relation d'économie et de subordination. D'un côté, si l'on suppose que la paternité ne puisse pas être communiquée au fils, et qu'elle continue une distinction réelle et positive, il semble qu'on tombe dans le trithéisme. Voyez TRITHEISME.

Si, d'un autre côté, on ne considère la paternité que comme un mode ou un terme d'ordre et d'économie, il n'y a point de différence essentielle et intrinseque entre le père et le fils, et l'on confond les personnes. C'est donner dans le sabellianisme. Voyez SABELLIANISME.

Pour éviter ces écueils et les erreurs, il suffit de reconnaitre, avec les Théologiens catholiques, que la paternité est une perfection relative à la personne du père, et non à la nature divine ; qu'elle est réelle, tant à raison de son sujet, qui est le père, qu'à raison de son terme, qui est le fils ; et que, quoiqu'elle soit incommunicable au fils, elle ne fait pas de Dieu le père, un Dieu différent de Dieu le fils, parce que elle ne tombe pas sur l'essence ou sur la nature divine, dès-lors plus de trithéisme. Du même principe il s'ensuit que la paternité n'étant pas un mode de simple subordination ; mais une relation réelle qui a un terme à quo, et un terme ad quem, on ne saurait confondre ces deux termes ; et par conséquent point de sabellianisme, puisque le père en tant que personne, est réellement distingué par sa paternité du fils, en tant que celui-ci est aussi personne divine.