(Théologie) en tant qu'elle est un vice opposé à la foi, est en général un défaut de foi ; en ce sens quiconque n'a pas la foi, est dans l'infidélité.

L'infidélité proprement dite est un défaut de foi dans ceux qui n'ont jamais fait profession des vérités chrétiennes.

On distingue deux sortes d'infidélité. L'une positive, l'autre négative. La première est un défaut de foi dans ceux qui ayant entendu parler de Jesus-Christ et de sa religion, ont refusé de s'y soumettre. La seconde est un défaut de foi dans ceux qui n'ont ni connu ni pu connaître Jésus-Christ et sa loi. La première est un péché très-grave. L'autre est un malheur, mais non pas un crime, parce qu'elle est fondée sur une ignorance invincible qui, selon tous les Théologiens, excuse de péché.

INFIDELITE, s. f. (Grammaire et Morale) Ce mot se prend encore pour l'infraction du serment que des époux ou des amants se sont fait, de ne pas chercher le bonheur, l'homme entre les bras d'une autre femme, la femme dans les embrassements d'un autre homme. Les lois divines et humaines blâment les époux infidèles ; mais l'inconstance de la nature, et la manière dont on se marie parmi nous, semblent un peu les excuser. Qui est-ce qui se choisit sa femme ? Qui est-ce qui se choisit son époux ? Moins il y a eu de consentement, de liberté, de choix dans un engagement, plus il est difficile d'en remplir les conditions, et moins on est coupable aux yeux de la raison d'y manquer. C'est sous ce coup d'oeil que je hais plus les amants que les époux infidèles. Et qui est-ce qui les a forcés de se prendre ? Pourquoi se sont-ils fait des serments ? La femme infidèle me parait plus coupable que l'homme infidèle. Il a fallu qu'elle foulât aux pieds tout ce qu'il y a de plus sacré pour elle dans la société : mais on dira, plus son sacrifice est grand, moins son action est libre, et je répondrai qu'il n'y a point de crime qu'on n'excusât ainsi. Quoiqu'il en sait, le commerce de deux infidèles est un tissu de mensonges, de fourberies, de parjures, de trahisons, qui me déplait : que les limites entre lesquels il resserre les caresses qu'un homme peut faire à une femme, sont bornées ! que les moments doux qu'ils ont à passer ensemble sont courts ! que leurs discours sont froids ! Ils ne s'aiment point ; ils ne se craient point ; peut-être même ils se méprisent. Dispensez les amants de la fidélité, et vous n'aurez que des libertins. Nous ne sommes plus dans l'état de nature sauvage, où toutes les femmes étaient à tous les hommes, et tous les hommes à toutes les femmes. Nos facultés se sont perfectionnées ; nous sentons avec plus de délicatesse ; nous avons des idées de justice et d'injustice plus développées ; la voix de la conscience s'est éveillée ; nous avons institué entre nous une infinité de pactes différents ; je ne sais quoi de saint et de religieux s'est mêlé à tous nos engagements ; anéantirons-nous les distinctions que les siècles ont fait naître, et ramenerons-nous l'homme à la stupidité de l'innocence première, pour l'abandonner sans remords à la variété de ses impulsions ? les hommes produisent aujourd'hui des hommes ; regretterons-nous les temps barbares où ils ne produisaient que des animaux ?