(PROPHETIE DE) Théolog. livre canonique de l'ancien Testament, ainsi appelé de Jérémie son auteur, l'un des quatre grands prophetes, et fils d'Helcias, du bourg d'Anatoth, dans la tribu de Benjamin, proche de Jérusalem.

Jérémie était de la race sacerdotale. Il commença fort jeune à prophétiser, sur la fin du règne de Josias, et continua ses prophéties jusqu'à la captivité des Juifs en Babylone. La prophétie de Jérémie est terminée à la fin du chapitre 51 par ces mots : huc usque verba Jeremiae, . 64. Le 52 est de Baruch ou d'Esdras.

Outre la prophétie de Jérémie, nous avons encore ses lamentations, où il dépeint et déplore d'une manière pathétique la désolation et la ruine de Jérusalem par les Chaldéens. Cet ouvrage est écrit en vers, dont les premières lettres sont disposées suivant l'ordre de l'alphabet. Il y a une préface dans le grec et dans la vulgate, qui ne se rencontre ni dans l'hébreu, ni dans la paraphrase chaldaïque, ni dans le syrique, et qui parait avoir été ajoutée pour servir d'argument à ce livre.

Le style de Jérémie est moins sublime et moins véhément que celui d'Isaïe ; mais il est plus tendre et plus affectueux. Il y avait anciennement une autre prophétie de Jérémie, dont parle Origène, où l'on trouvait ces paroles citées dans l'Evangile ; appenderunt mercedem meam triginta argenteos, etc. Mais il y a apparence que c'était un ouvrage apocryphe dont se servaient les Nazaréens, comme l'a remarqué S. Jérome dans son commentaire sur S. Matthieu, chap. XXVII. Dupin, dissert. prelim. sur la bib. chap. IIIe liv. I. §. XVIIIe pag. 358. et suiv. (G)