S. f. en Astronomie, se dit des diverses apparences de la lune, de vénus, de mercure et des autres planètes, ou des différentes manières dont elles paraissent éclairées par le soleil. Voyez PLANETE.

Ce mot est formé du grec , je parais, je brille.

La variété des phases de la lune est fort remarquable, quelquefois elle croit, quelquefois elle décrait, quelquefois elle est courbée en forme de corne, puis parait comme un demi-cercle, ensuite elle parait bossue, et reprend enfin une face circulaire pleine. Voyez CROISSANT, BOSSU, DICHOTOMIE, FAUX, etc. Quant à la théorie des phases de la lune. Voyez LUNE.

Pour celles de vénus, on n'y découvre aucune diversité à la vue simple, mais on y en remarque avec le télescope : Copernic prédit que les siècles à venir découvriraient que vénus éprouverait les mêmes changements que la lune : Galilée fut le premier qui accomplit cette prédiction, en dirigeant son télescope sur vénus, il observa que les phases de cette planète étaient semblables à celles de la lune, que tantôt elle était pleine, tantôt en croissant. Voyez VENUS.

Mercure fait voir les mêmes apparences, toute la différence entre celles-ci et celles de la lune, est que quand ces planètes sont pleines, le soleil est entre elle et nous, au lieu que quand la lune est pleine, nous sommes entr'elle et le soleil. Voyez MERCURE.

Saturne a embarrassé longtemps les Astronomes par son étrange diversité de phases : Hevelius et d'autres la trouvent 1°, monosphérique, 2°, trisphérique, 3°, sphérico-ansé, 4°, elliptico-ansé, 5°, pointu-sphérie. Huyghens crut d'abord que ces phases prétendues ne venaient pour la plupart que de l'imperfection des télescopes de ces observateurs, cependant il a remarqué lui-même des variétés réelles dans la figure de cette planète, et les a expliquées. Ce grand homme avec le secours des meilleurs télescopes y remarqua trois phases principales : savoir, le 16 Janvier 1656, cette planète lui parut ronde ; le 13 Octobre il la vit comme si elle avait des bras ; et le 17 de Décembre 1657, comme si elle avait des anses.

Il expliqua ces différentes irrégularités par la supposition d'un anneau lumineux dont saturne est entouré, et publia sa découverte dans son système de saturne, imprimé parmi ses autres ouvrages dans les recueils qu'on en a faits ; les différentes positions de cet anneau par rapport à notre oeil, occasionnent ces irrégularités apparentes. Voyez SATURNE et ANNEAU.

On observe aussi beaucoup de changements sur le disque de jupiter. Voyez JUPITER et BANDES. Chambers. (O)

Les phases de la lune prouvent que la surface de cette planète est sensiblement sphérique, car en la supposant sphérique, on trouve que la plus grande largeur de la phase doit être à-peu-près comme le sinus verse de l'élongation au soleil ; or, suivant les observations d'Hevelius, les largeurs des phases suivent à-peu-près ce rapport. Voyez mes Recherches sur le système du monde, II e partie, pag. 263 et 264.

PHASE, (Géographie ancienne) 1°, Phasis, grand et célèbre fleuve de l'Asie qui traverse la Colchide, aujourd'hui la Mingrelie, et se rend dans la mer Noire. Hérodote le donne pour la borne entre l'Asie et l'Europe. M. Delisle s'est trompé en soutenant que le Phase était le même que l'Araxe. Les Turcs l'appellent Frachs, et les gens du pays le nomment Rione.

On l'appelait anciennement Areturus, et il ne prit le nom de Phasis, que depuis qu'un jeune homme s'y fut précipité ; ce jeune homme était fils d'Apollon et d'Ocyroè, fille de l'Océan. Après avoir tué sa mère qu'il avait surprise entre les bras d'un amant, les furies le tourmentèrent à un tel point qu'il se jeta dans l'Areturus.

Mais il n'y a rien qui ait fait autant parler du Phasis que l'expédition des Argonautes, puisque tous les Poètes qui ont chanté cette expédition, ont été obligés de se souvenir du grand fleuve qu'il fallut que les Argonautes remontassent pour se rendre maîtres de la taison d'or.

Cette rivière était encore célèbre, parce qu'on trouvait sur ses bords la plante nommée leucophyllus, qui étant cueillie avec quelques précautions, avait la vertu d'empêcher les femmes de tomber dans l'adultère. Voyez LEUCOPHYLLUS.

Pour revenir à la topographie du Phase, le P. Archange Lamberti, relat. de la Mingrelie, et Chardin, qui tous deux ont parcouru les bords de ce fleuve, depuis son embouchure jusqu'à sa source, disent qu'il court d'abord rapidement dans un lieu étroit, mais que dans la plaine, son cours qui est d'orient en occident, devient très-imperceptible. Il se décharge dans la mer par deux embouchures qui sont éloignées de sa source d'environ 90 milles, et qui sont séparées par une île que forme cette rivière.

On ne trouve aujourd'hui dans cette île du Phase, aucun vestige du temple de Rhea, qu'Arrien dit qu'on y voyait de son temps. On cherche avec aussi peu de succès les ruines de l'ancienne Sébaste, qu'on dit avoir été bâtie à l'embouchure du Phase. Tout ce qu'on y remarque de conforme à ce que les anciens ont écrit de cet endroit de la mer Noire, c'est qu'il y a beaucoup de faisans, et qu'ils sont plus gros et plus beaux qu'en aucun autre endroit. Martial prétend que les Argonautes apportèrent de ces oiseaux en Grèce où on n'en avait jamais vu auparavant, et qu'on les appela , en latin phasiani, parce qu'on les avait pris sur le bord du Phase.

Les anciens disent qu'on avait été obligé de jeter dessus cette rivière jusqu'à six-vingt ponts à cause de ses fréquentes courbures. Strabon raconte que la plupart de ces ponts étaient aux environs d'une forteresse de la Colchide, nommée Sarapanes, et qui était le premier des quatre passages par où l'on entrait dans l'Ibérie. Ces ponts, ajoute-t-il, sont nécessaires, parce que la rivière coule rapidement dans ces lieux remplis de rochers, et tout creusés par les torrents qui se précipitent des montagnes voisines. Une pareille description montre qu'on avait une assez exacte connaissance de la contrée dont on parlait : et il fallait bien qu'on l'eut, puisqu'on y avait cherché un passage dans un pays dont toutes les entrées étaient extrêmement difficiles et qu'on l'y avait trouvé.

Le Phase sépare aujourd'hui la Mingrélie de la principauté de Guriel, et du petit royaume d'Imirette. La côte est par-tout un terrain bas, sablonneux, chargé de bois et de petites îles habitées çà et là. Il reçoit dans son cours trois rivières assez considérables, savoir l'Hippus des anciens, appelé par les gens du pays Scheni-Schari ; le Glaucus, appelé Abassia ; et le Sicamen, qu'on nomme aujourd'hui Tachur.

2°. Phasis est encore le nom d'un fleuve de l île de Taprobane. Ptolomée en parle, liv. VII. ch. iv. (D.J.)

PHASE, (Critique sacrée) terme hébreu, qui répond au mot français passage. Vous mangerez l'agneau paschal promptement, car c'est le phase, c'est-à-dire le passage du Seigneur, Exod. 12. 11. La raison de cet ordre, c'est que l'agneau pascal fut immolé à l'occasion de l'ange qui passa les maisons marquées du sang de cet agneau, et entra dans celles des Egyptiens, pour y tuer les premiers nés. De-là vient que phase désigne aussi l'agneau pascal qu'on immolait en mémoire de ce passage de l'ange. Immolez le phase, Exod. 12. 21. c'est-à-dire l'agneau pascal ; de plus, ce mot se prend pour le jour qu'on immolait cet agneau, savoir le quatorzième de la lune ; et finalement pour toutes les victimes qui étaient immolées pendant la semaine de Pâques. Vous immolerez au Seigneur le phase de vos bœufs et de vos brebis. Deuteronome xvj. 2.