S. m. en Astronomie, est une constellation de l'hémisphère septentrional, composée, selon Ptolomée, de 31 étoiles ; de 32, selon Tycho ; de 33, selon Bayer ; et de 49, selon Flamsteed. (O)

DRAGON, terme d'Astronomie. La tête et la queue du dragon, caput et cauda draconis, sont les nœuds ou les deux points d'intersection de l'écliptique et de l'orbite de la Lune, qui fait avec l'écliptique un angle d'environ cinq degrés. Voyez ORBITE et NOEUD.

Il faut remarquer que ces points ne sont pas toujours au même endroit ; qu'ils ont un mouvement propre dans le Zodiaque, par lequel ils retrogradent très-sensiblement, parcourant le cercle entier dans l'espace d'environ dix-neuf ans.

C'est dans ces points d'intersection, ou proche de ces points, que se font toutes les éclipses. Voyez ÉCLIPSE.

On les marque ordinairement par ces caractères, , tête du dragon, et , queue du dragon.

L'un de ces points, appelé tête du dragon, est celui par lequel la Lune passe pour entrer dans la partie septentrionale de son orbite ; l'autre appelé queue du dragon, est celui par lequel la Lune passe pour entrer dans la partie méridionale de son orbite. On ne voit pas de trop bonnes raisons de cette dénomination ; aussi les astronomes modernes l'ont abandonné, ils ne se servent plus que des mots de nœud ascendant et descendant. Voyez ces mots. (O)

DRAGON, draco, (Histoire natur. Zoolog.) animal fabuleux que l'on s'est représenté sous la forme d'un serpent avec des ailes et des pieds. Les descriptions que les anciens en ont faites, varient pour la grandeur, la couleur et la figure de ce prétendu animal : il n'y a pas moins de contradictions par rapport aux mauvaises qualités qu'on lui a attribuées. On a distingué de grands et de petits dragons ; la longueur des derniers était de cinq coudées, et celle des autres allait jusqu'à trente, 40 ou 50 : on a même cru qu'il s'en trouvait de 100 coudées et plus. On a dit que les grands dragons avalaient des cerfs et d'autres bêtes. Ce fait, tout étonnant qu'il est, a été rapporté et confirmé par différents auteurs, au sujet des grands serpens des Indes, voyez SERPENT. L'origine que l'on a attribuée à certains dragons, en disant qu'ils étaient produits par l'accouplement d'un aigle avec une louve, est aussi fausse que merveilleuse. On a distingué les dragons mâles et les femelles, dracones et draconae, en ce que les mâles étaient plus grands, plus forts et plus courageux que les femelles ; qu'ils avaient une crête, et qu'ils habitaient sur les plus hautes montagnes, d'où ils ne descendaient dans les plaines que pour chercher leur proie : les femelles au contraire restaient dans les lieux marécageux ; elles étaient lentes, et n'avaient point de crêtes. On a cru qu'il y avait des dragons cendrés, de couleur dorée, de noirs, à l'exception du ventre qui était verdâtre. Je ne finirais pas si j'entreprenais de rapporter ce que l'on a dit de leur venin, de leur façon de vivre, de leur accouplement, etc. et de décrire les différentes figures sous lesquelles on a représenté les dragons, et celles que l'on fait de petites raies desséchées, et que l'on garde dans les cabinets d'histoire naturelle, sous les noms de dragons, de basilics, etc. Voyez Ald. de serpentibus et draconibus.

Il n'y a déjà dans les livres que trop de ces histoires fabuleuses de dragons : j'avoue qu'il y en a quelques-unes qui sont fondées sur de grandes autorités, et je ne suis pas éloigné de les croire vraies pour le fond, en mettant quelques modifications dans la forme. Je pense qu'on a donné indistinctement le nom de dragon aux animaux monstrueux du genre des serpens, des lésards, des crocodiles, etc. que l'on a trouvés en différents temps, et qui ont paru extraordinaires par leur grandeur ou par leur figure. On ne sait pas à quel degré d'accroissement un reptile peut parvenir ; s'il reste ignoré dans sa caverne pendant un très-long temps, sa figure doit changer avec l'âge, et dans la suite des générations il se trouve assez de difformités et de monstruosités pour faire un dragon d'un animal appartenant à une espèce ordinaire : par conséquent les dragons sont fabuleux, si on les donne comme une espèce d'animaux constante dans la nature ; mais on peut croire qu'il a existé des dragons, si on les regarde comme des monstres, ou comme des animaux parvenus à une grandeur extrême. (I)

DRAGON DE MER. Voyez VIVE.

* DRAGON, (Histoire moderne) ce fut un enseigne militaire des Perses, des Daces, des Parthes, et même des Romains ; et ce fut de-là qu'on appela Draconains ceux qui la portaient.

* DRAGON, (Mythologie) Le dragon qui mord sa queue fut, dans la Mythologie, le symbole de Janus. Elle avait attelé des dragons au char de Cerès. Il fut aussi le symbole de Bacchus Bassarus. Elle employa un dragon à garder les pommes du jardin des Hespérides.

DRAGON RENVERSE, (Histoire moderne) ordre de chevalerie, institué par l'empereur Sigismond vers l'an 1418, après la célébration du concile de Constance, en mémoire de la condamnation des erreurs de Jean Hus et de Jérôme de Prague, à laquelle ce prince contribua beaucoup par ses soins, son autorité, et son zèle. Cet ordre qui ne subsiste plus, a fleuri en Allemagne et en Italie. Les chevaliers portaient ordinairement une croix fleurdelisée de verd. Aux jours solennels ils revêtaient le manteau d'écarlate ; et sur un mantelet de soie verte, ils avaient une double chaîne d'or, de laquelle pendait un dragon renversé, aux ailes abattues, émaillées de diverses couleurs. Favin, théâtre d'honn. et de chev. Chambers. (G)

DRAGONS, (Histoire moderne et Art militaire) il se dit d'une sorte de cavaliers qui marchent à cheval et qui combattent à pied, mais aussi quelquefois à cheval.

Menage dérive le mot dragon, du mot latin draconarius, dont Végece se sert pour désigner un soldat ; mais il y a plus d'apparence qu'il vient de l'allemand tragen ou draghen qui signifie porter, comme étant une infanterie portée à cheval.

Les dragons sont ordinairement postés à la tête du camp, et vont les premiers à la charge, comme une espèce d'enfants perdus. Ils sont réputés ordinairement du corps de l'infanterie, et en cette qualité ils ont des colonels et des sergens ; mais ils ont des cornettes comme la cavalerie. Dans les armées Françaises on dit que ce sont des cavaliers sans botte.

Les armes des dragons sont l'épée, le fusil, et la bayonnette. Dans le service de France, quand les dragons marchent à pied, leurs officiers portent la pique, et les sergens la halebarde ; dans le service Anglais on ne se sert de l'un ni de l'autre. Chambers.

L'origine des dragons en France est assez ancienne, mais les anciens corps de ces troupes n'y ont pas été entretenus. Ceux d'aujourd'hui ont été créés par Louis XIV, qui leur avait d'abord donné rang d'infanterie, avec laquelle ils servaient et avaient le commandement à grade égal suivant l'ancienneté de leurs régiments ; c'est-à-dire que lorsqu'un régiment de dragons était plus ancien qu'un régiment d'infanterie, les capitaines du régiment de dragons commandaient à ceux du régiment d'infanterie moins ancien, et ainsi des autres officiers. Le roi donna ensuite rang aux dragons avec la cavalerie, et ils commandent les officiers de ce corps ou ils en sont commandés à grade égal, suivant l'ancienneté de leurs brevets. Si les brevets se trouvent du même jour, l'officier de cavalerie commande par préférence sur celui de dragons.

A l'armée les dragons sont quelquefois mêlés avec la cavalerie, et ils obéissent au commandement de la cavalerie. Ils font aussi quelquefois corps entr'eux, et alors ils ont un commandant particulier.

Les dragons ont deux principaux officiers, qui sont le colonel général, et le mestre de camp général.

Quand les armées s'assemblent, il y a un major général pour les dragons, comme dans l'infanterie, au-dessus des majors des régiments, qui doivent prendre les ordres de lui. Cet officier reçoit l'ordre du maréchal général des logis de la cavalerie. (Q)

DRAGON et DRAGON VOLANT, (Art militaire, Artillerie.) ce sont des noms qu'on donnait autrefois à des pièces de canon de 40 livres de balle, et de 32 : ces noms ni ces pièces ne sont plus en usage depuis long temps. (Q)

DRAGON, (Maréchalerie) les Maréchaux appellent ainsi une maladie qui vient aux yeux des chevaux, et qui consiste en une tache blanche au fond de la prunelle : elle n'est pas au commencement plus grosse que la tête d'une épingle ; mais elle croit peu-à-peu au point de couvrir toute la prunelle. Le dragon vient d'obstruction et de l'engorgement d'une lymphe trop épaissie. Ce mal est incurable.